Hamrouche

MOULOUD HAMROUCHE ROMPT LE SILENCE : «Notre pays a besoin, plus que jamais de discernement»

C’est sa deuxième sortie en date depuis la veille de l’élection présidentielle de 2014 dans lesquelles il a sévèrement critiqué le pouvoir et « son éloignement de la démocratie », selon les propos qu’il a utilisés. Dans une tribune publiée hier sur le quotidien El Watan, l’ancien chef du gouvernement Mouloud Hamrouche, réputé pour être le «réformateur» est sorti de son silence pour parler « des fragilités de gouvernance », de « l’État », de la « la société » et du « rôle de l’Armée ». Dans un contexte que d’aucuns qualifient d’ «opaque» à l’approche d’une phase très décisive pour le pays, la Présidentielle attendue avril prochain notamment, l’ex-candidat à la Présidentielle de 1999 a lancé des avertissements et a invité à « apprendre des erreurs du passé ». Il écrit, « que nos failles, nos erreurs, douleurs et malheurs d’hier, que nos errances post-libération et que nos violences et crises du pouvoir nous aident à tirer le maximum d’enseignements pour le parachèvement de la mise en place de l’État national» lit-on sur une longue contribution publiée par ce quotidien national. Hamrouche a insisté sur « l’instauration d’une gouvernance fondée sur un exercice institutionnalisé des pouvoirs séparés, la garantie de l’existence des contre-pouvoirs, des contrôles et des voies de recours ».
Dans cette tribune, Hamrouche a rappelé que le choix fait durant la Révolution algérienne, des fondateurs de l’Organisation Spéciale (OS) et du FLN/ALN, est basé sur la notion de l’État moderne, se basant sur « l’organisation des pouvoirs constitutionnels séparés et par de subtiles articulations des champs et des compétences qu’exerce un Exécutif limité par une durée et un mandat libéré par des électeurs ». Mais « cette profondeur historique revendiquée » par la Révolution algérienne, estime Hamrouche, fait gravement défaut aujourd’hui. « Ces legs et ces fragilités de la gouvernance ont visiblement échappé ou étaient négligés par des gouvernants post-libération nationale», analyse Hamrouche.
« Des expériences plus immédiates d’un demi-siècle dans notre voisinage, pays arabes et autres pays du Sud, ont démontré que tout régime qui ne s’accommode pas d’un ordre national institutionnel, de contre-pouvoirs et surtout de contrôles ne peut pas résister aux conjonctures et aux tempêtes », ni lui, ni son armée, ni son peuple, a-t-il souligné, « faute de volonté souveraine exercée en interne et incarnée par l’État national et une gouvernance comptable», poursuit Hamrouche.
Ce qui le pousse à avancer que « ce sont toutes ces raisons qui font que l’État et la gouvernance nationale sont deux notions et deux problématiques distinctes. » Aujourd’hui, poursuit Hmarouche, « face à ce qui s’apparente à des débuts d’échec dans l’édification de l’État et dans la mise en place des conditions de l’exercice de la gouvernance, le déficit en élites politiques et en de vraies forces d’adhésion, notre pays a besoin plus que jamais de discernement pour faire face aux diverses menaces, peurs, désespoirs et résignations », prévient et suggère au même temps Hamrouche.
Hamid Mecheri