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Mohamed Fadene, sur les résultats définitifs du scrutin : « Le Conseil constitutionnel se prononce aujourd’hui »

D’après le constitutionaliste Mohamed Fadene, les résultats définitifs du scrutin législatif du 4 mai seront communiqués, aujourd’hui, par le Conseil constitutionnel que préside l’ex-ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci. Cette annonce sera suivie, quinze jours après, par la tenue de la première réunion de la nouvelle Assemblée populaire nationale (APN), soit le 22 mai prochain, selon la législation en vigueur.

Affirmant que l’ex-parti unique que dirige Djamel Ould-Abbès étant «le grand perdant des législatives» du 4 mai dernier, car n’ayant plus la majorité absolue dans la future Assemblée populaire nationale (APN) outre d’avoir perdu un nombre important de sièges, contrairement, indiquera Fadene, au parti d’Ahmed Ouyahia, qui a réussi à doubler le nombre de sièges qu’occuperont ses parlementaires, pour les cinq années à venir. Selon sa lecture des résultats du scrutin législatif, après avoir mis en avant le nombre de bulletins nuls, qui a atteint la barre de deux millions, l’expert en Droit constitutionnel affirme qu’aucun des deux partis, le FLN comme le RND, «n’atteindra la barre de deux millions de voix des électeurs» en plus de la participation à ces législatives de l’ensemble de la classe politique. S’appuyant sur les chiffres du ministère de l’Intérieur, lesquels indiquent plus de 23 millions d’inscrits, sur les 8 624 199 millions qui ont voté, pour élire les membres de la future APN, il y a eu 2 109 917 de bulletins annulés, «un chiffre important», a-t-il fait remarquer. Avec les résultats obtenus au terme du scrutin législatif, la composante de la nouvelle Assemblée des députés s’est élargie considérablement à d’autres formations politiques, notamment les nouveaux partis et les indépendants, une mosaïque qui rendra le travail du futur Parlement «très rude», à divers niveaux, notamment dans la composition des commissions, outre celle des groupes parlementaires, dont ceux représentants l’opposition, à qui la nouvelle Constitution confère de nouveaux droits, au sein du Parlement. S’étonnant des déclarations de la patronne du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, sur la perte de six sièges, après avoir occupé 17 dans l’ancienne Assemblée, le constitutionaliste dira tout court que «si, dans le précédent Parlement, elle ne pouvait constituer un groupe parlementaires avec ses 17 députés», avec les 11 sièges obtenus pour les législatives du 4 mai, le PT, dans le cadre de la nouvelle Loi fondamentale, «peut constituer son groupe parlementaire» avec tout ce que cela suppose, en matière de proposition de nouvelles lois, notamment à l’Exécutif. Allant jusqu’à dire que le PT certes a perdu, «en matière des finances», avec le recul du nombre des parlementaires de cette formation politique. Selon l’invité du Forum d’El-Moudjahid, la nouvelle Assemblée parlementaire devra se pencher, en premier lieu, sur son «règlement intérieur», lequel, a-t-il averti, est une «bombe à retardement», héritée de l’ex-Assemblée, qui ne l’a pas abordé avant que son mandat n’expire. Et comme la nouvelle composition de l’Assemblée a vu de nombreux nouveaux partis franchir le seuil de l’Hémicycle «Zighoud-Youcef», également de nombreux indépendants, pour le conférencier, le recul en nombre de sièges de la majorité parlementaire FLN-RND de 30, passant de 291 à 261 sièges, ainsi que les 38 obtenus par l’Alliance du parti de Makri et Menasra, toutes ces donnes posent, selon le conférencier, deux grandes questions, à savoir, poursuit-il, comment le FLN et le RND vont procéder dans leurs discutions pour composer la nouvelle majorité avec d’autres partis, pour former un Gouvernement élargi, et qui, parmi les acteurs de l’opposition parlementaire, sera appelé à la conduire, pour les cinq prochaines années ? Si, pour la première interrogation, il sera question sans difficulté de constituer une majorité composée du FLN, du RND, du parti de Ghoul (TAJ), de Belkacem Sahli (ANR) et d’Amara Benyounès (MPA), en plus des 33 sièges obtenus par l’Alliance Mokri-Menassra, si l’on se réfère au pôle que dirige Mokri n’excluant pas de rentrer dans un Gouvernement élargi. Si cela sera le cas, la constitution d’une opposition parlementaire s’annonce, d’ores et déjà, difficile, sur fond des rivalités, anciennes-nouvelles, existantes entre les partis, outre des divergences politiques entre le FFS, RCD, PT et le FJD. Pour le conférencier, qui s’est étonné de voir le patron du FLN inviter ceux qui veulent s’allier à lui, alors qu’il est plus question qu’il aille vers les partis pour dégager la majorité, car avec les 164 sièges obtenus par le FLN, celui-ci ne peut «faire grand chose» au Parlement, sans l’appui du RND.
Karima Bennour