Messahel

Messahel à partir de la Libye : «Alger salue toute démarche en faveur du dialogue inter-libyen»

Faisant suite à sa tournée, du 19 au 21 avril derniers, qui l’a conduit à El-Beida, Benghazi, Zentan, Misrata et à la capitale Libyenne, Tripoli, le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel, s’est rendu, pour la seconde fois, chez notre voisin de l’est, samedi dernier, précisément, au sud de la Libye. Ce second déplacement, en Libye, du ministre Messahel intervient, quelques jours, après la rencontre entre Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar, 2 mai dernier, à Abu Dabi et la veille de la tenue, aujourd’hui à Alger, de la 11e Réunion des pays voisins de la Libye. Il faut espérer de voir les différents acteurs libyens entamer, leur dialogue politique, dans les plus brefs délais, en cette conjoncture encourageante suite aux nouvelles donnes survenues sur la scène libyenne, fruit des efforts consentis, à ce jour, par certains acteurs, notamment Alger, visant à aider les Libyens à dépasser leurs divergences, seule voie à même de prémunir le pays du pire scénario qui le guette, sur fond de la situation chaotique qui perdure depuis six ans. Lors d’une rencontre samedi avec des responsables locaux de la ville de Ghat et des représentants des notables de la région de Fezzan, au sud libyen, Messahel a réaffirmé que l’Algérie demeure convaincue que la «Libye est capable de surmonter sa crise grâce à ses cadres, ses ressources humaines et ses potentialités» à condition, a-t-il soutenu, «que les parties étrangères n’interfèrent pas dans les affaires internes de la Libye». Alger qui n’a cessé de prôner la solution politique à la crise libyenne, à travers ses nombreuses rencontres avec les différents responsables libyens, les personnalités politiques et les acteurs de la société civile de Libye, en vue de sortir de la spirale des violences outre de la situation d’instabilité institutionnelle et sécuritaire dans le pays, porteurs de risques majeurs pour le pays et le peuple libyen et l’ensemble de la région. Alger, qui à partir de la Libye, a salué toute démarche en soutien du dialogue et de la réconciliation entre les frères libyens a souligné, à travers son ministre Messahel sur «la nécessité d’édifier des institutions libyennes fortes» à travers, a-til indiqué, «le dialogue inclusif et la réconciliation nationale globale», a déclaré Messahel. Avec la signature par le chef du GNA, Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar, commandant en chef de l’armée libyenne, début mai, d’un accord qui trace les grandes lignes visant à faire réconcilier les Libyens, il faut croire qu’un pas a été franchi par la Libye et les libyens vers la paix, lequel devra être consolidé par le lancement dans les plus brefs délais du dialogue inter-libyen outre par le maintien de sa cadence et la teneur de ses discussions, en vue de faire éloigner le spectre du pire scénario porté par le chaos qui règne en Libye. Le lendemain de la rencontre précitée entre Haftar et Serraj à Abu Dhabi, le porte-parole du ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif, avait indiqué, à ce propos qu’Alger l’avait «suivie avec attention et intérêt» ainsi que celle qui avait réuni le 22 avril dernier, à Rome (Italie), Aguila Salah, président de la Chambre des représentants et Abderrahmane Sweihli et de rappeler dans ses déclarations que l’Algérie «a toujours encouragé ces rencontres» sur lesquelles elle «a particulièrement insisté» lors de la première tournée de Messahel en Libye, au cours de laquelle ses entretiens ont été «fructueux et constructifs avec les principaux acteurs influents libyens», avait déclaré Benali. Et à partir de la Libye, Messahel a souligné, samedi, la nécessité «d’impliquer toutes les forces actives en Libye dans tout accord politique à l’effet de sa concrétisation effective sur le terrain», en vue, a-t-il indiqué, «d’édifier des institutions libyennes fortes à commencer par l’armée». La situation chaotique, en l’absence d’institutions politico-sécuritaires libyennes fortes, durant six ans, faut-il le rappeler, a ouvert la voie à l’émergence et propagation de l’activité terroriste avec ses réseaux de ramification de trafic d’armes et de drogue, plongeant le peuple libyen dans une situation des plus intenables. Et c’est là que les acteurs influents en Libye sont appelés, aujourd’hui plus qu’avant, à faire preuve de responsabilité historique, en inscrivant en priorité l’intérêt de la Libye et du peuple libyen, dans le sillage de leur dialogue national, pour réussir à dépasser les facteurs de discorde et de divergences qui risquent de nourrir ceux qui ont intérêt dans tout blocage de la relance du processus politique pour que le pourrissement de la situation atteigne un point de non-retour. La mission des responsables libyens sera certes très difficile outre que compliquée, mais pas impossible quand les Libyens renouent dans la durée avec le dialogue politique, pour façonner, en préservant l’intégrité de la Libye et l’unité de son peuple, leur destin commun. Dans ses efforts pour rapprocher les points de vue entre les Libyens pour une solution politique, à travers notamment le dialogue et la réconciliation nationale, le ministre Messahel accompagné d’une importante délégation s’est rendu, lors de ses deux déplacements en Libye, dans différentes régions du pays et a rencontré de nombreux acteurs et personnalités libyennes, dont Fayez El Serraj et le maréchal Haftar, qui bien auparavant se sont rendus, pour rappel, à Alger. Sur un autre niveau et en lien dans ses efforts visant à aider la Libye à renouer avec la vie politico-institutionnelle, Alger abrite, demain, la 11e réunion des pays voisins à la Libye, en vue de consolider l’approche commune de ces pays dans leur soutien aux Libyens. Il est à noter que le chef de l’exécutif libyen Fayez Serraj est attendu, demain à Alger, pour une visite de travail dans le cadre de la concertation entre l’Algérie et la Libye en vue de parvenir à une solution politique durable à la crise qui secoue ce pays depuis 2011, a indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères (MAE). Fayez Al- Sarraj, précise la même source, s’entretiendra à cette occasion avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, «de l’évolution de la situation en Libye et des derniers développements intervenus sur ce dossier», conclut le ministère.

Karima Bennour