Menasra

Menasra pas entièrement convaincu du boycott de Mokri : «Je préfère la réconciliation mais je souscrits aux choix du MSP !»

Voilà ce que l’on peut appeler «dire la chose sans en avoir l’air!». Hier, lors de la session extraordinaire du majliss echouri (Conseil consultatif) de son parti, le Front pour le Changement, Abdelmadjid Menasra, devançant la décision du MSP, a fait l’éloge de la réconciliation politique et des «opportunités qui s’offrent». Il ne faut pas être devin pour capter au vol son intention de revenir au gouvernement, où il a déjà siégé en tant que ministre MSP par le passé. Il donne pleins pouvoirs à son Conseil consultatif d’entériner ou non la décision du MSP pour intégrer un gouvernement d’union nationale. Menasra vante les bienfaits de la réconciliation nationale et de l’union, mais dit être partie prenante d’une alliance avec le MSP, et qu’il y souscrira jusqu’à la fin, quel que soit la décision prise par son propre Conseil consultatif concernant l’intégration dans le gouvernement d’union ou non.
Menasra s’avance sur la pointe des pieds. Il sait qu’il avance en terrain miné, entre l’appel des sirènes du pouvoir et la rigidité de ses alliés au MSP. Lui, il a été déjà ministre, et souhaite, de toute évidence, avoir une place dans un gouvernement d’union pour donner plus de consistance et de visibilité à son parti que de rester éloigné des centres de décision. Dilemme cornélien pour un homme qui n’a envie de perdre sur les deux tableaux, car le risque est de perdre autant la face vis-à-vis des autres chefs islamistes, s’il consent à intégrer en solo le gouvernement, et de sortir bredouille si le gouvernement, après la méprise MSP, se tourne vers d’autres partenaires politiques comme Taj, de Amar Ghoul, qui pourrait bien remplacer Mokri et le MSP le cas échéant.
F. O.