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Marché monétaire parallèle : L’État «ignore» la masse en circulation

Comment amortir l’impact inflationniste induit par l’augmentation des prix des carburants en 2018 ? C’est à ce casse-tête que le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, hôte hier, de l’émission l’Invité de la Rédaction de la chaîne 3, a tenté de trouver réponse.
D’emblée, l’argentier du pays estime le taux d’inflation pour l’année 2018, tel que donné par les prévisions du gouvernement, a été fixé à 5,5% alors que le niveau de la croissance économique devrait se situer à 4%. «La nouvelle Loi de finances a inclus une augmentation assez forte du budget d’équipement par rapport à celui du fonctionnement, qui est en légère baisse», a-t-il rappelé, affirmant que l’État continuera dans la politique de rationalisation des dépenses qui devrait permettre d’augmenter les investissements dans les infrastructures de base. Par rapport au ralentissement de la croissance économique, malgré les multiples dispositifs incitatifs à l’investissement, Raouya explique ce constat par la récession pétrolière née à l’été 2014. En conséquence, l’«État s’est retrouvé dans une situation de gène financière qui ne permettait pas de continuer dans la politique d’investissement».
D’ailleurs, «il y a eu gel de l’ensemble des budgets d’équipement. Mais, après l’amendement de la loi sur la monnaie et le crédit, il a été décidé de faire assurer le financement du budget d’équipement par la Banque d’Algérie à travers le Trésor afin de permettre à l’économie nationale de s’en sortir de cette situation critique», a-t-il livré son analyse. En outre, le ministre a fait savoir que les réformes structurelles, à court et moyen termes, sont «appelées à être progressivement mises en œuvre tout au long des années s’étalant de 2018 à 2020». Ainsi, «la politique de rigueur permettrait d’avoir un taux de croissance encore plus élevé et un déficit moindre. Abordant la question du marché monétaire parallèle, le ministre a révélé que l’État «ignore la masse monétaire de l’informel». Néanmoins, «on va y aller tout doucement par des politiques (souples, ndlr), dont un ensemble de dispositifs sera émis d’ores et déjà en œuvre pour y remédier. Mais le principale mesure qu’il faut retenir, dans les jours qui viennent, c’est la mise en place des systèmes de formation, ainsi que la modernisation des structures, que ce soit bancaires, financières ou autres,» «La mise en place de la digitalisation de l’économie numérique va énormément amoindrir le phénomène de l’économie informelle», annonce le ministre. En effet, la question épineuse de la bancarisation de l’argent informel a été lancée depuis le gouvernement Sellal. Cette opération qui consiste à absorber la masse monétaire du marché parallèle et la récupérer dans les banques s’est soldée par un échec. Ceci, en dépit des facilités financières et fiscales accordées. D’ailleurs, c’est ce qui a poussé en partie le gouvernement actuel dirigée par Ahmed Ouyahia, de se tourner vers le financement non conventionnel, pour renflouer les caisses du Trésor via la Banque d’Algérie.
Mohamed Wali