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MANIFESTATIONS DU 11 DÉCEMBRE 1960/MOUVEMENT POPULAIRE 2019 : 59 ans après, la soif de l’Indépendance est toujours vive

11 décembre 1960 : des milliers d’Algériens déferlaient dans les quartiers populaires de la Capitale et d’autres grandes villes du pays en faveur de l’Indépendance et pour dénoncer la politique de répression coloniale contre les militants du FLN.

Après 59 ans, les Algériens espèrent toujours à l’indépendance en redescendant dans les rues pour clamer haut et fort à en finir avec un régime politique gangrené par la corruption et le clientélisme jusqu’à en marginaliser toute compétence ou effort de développer le pays. Depuis presque 10 mois du début d’une mobilisation populaire pour le changement (le 22 février dernier), la revendication est toujours vive : « Istiqlal ! » (Indépendance !) Des centaines de milliers d’Algériens du Mouvement populaire dans la rue chaque mardi et vendredi pour appeler au départ de la 3issaba (la bande). C’est-à-dire le départ des responsables qui ont incarné pendant plusieurs décennies le système politique, dont les 20 ans de règne du président déchu Abdelaziz Bouteflika. Cela a été marqué comme les plus grandes manifestations pacifiques dans l’histoire, sans être émaillé par des incidents de violence. Les manifestants puisent leurs slogans et courage de la Guerre de libération comme en témoignent les portraits des héros et martyrs de libération brandis à chacune des marches. Un véritable réservoir pour maintenir la flamme de la révolution intacte. Suite aux évènements de la « Bataille d’Alger » et la chasse de plomb qui s’est abattue sur la population et les militants du Mouvement nationaliste – le Front de libération nationale -, mais surtout après la visite du président français de l’époque, De Gaulle, en Algérie précédée de manifestations des colons revendiquant « une Algérie Française », des Algériens ; femmes, enfants et vieux sont sortis dans les quartiers populaires, en décembre 1960, en signe de soutien au FLN et au GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne) pour l’Indépendance de l’Algérie.
Hissant vers le ciel le drapeau algérien, ils criaient : « Tahya El Djazaïr ! » et « Algérie algérienne», aux sons des youyous fusant de toutes parts. Les manifestations s’étendirent à tous les quartiers populaires : Belcourt, le quartier de Diar el Mahçoul à Salembier (Madania actuellement), El Harrach, Kouba, Birkhadem, Diar Essaâda, la Casbah et Climat de France (Oued Koriche). Avant de se générer, pendant plus d’une semaine, dans tout le territoire national. Ces manifestations avaient été durement réprimées par les forces coloniales, alors que l’ONU venait juste d’approuver une nouvelle fois l’autodétermination pour le peuple algérien. Cette réaction de la France coloniale est venue ainssi mettre à nu son déni du droit international et ses velléités impérialistes, survenant durant la Journée internationale des droits de l’homme (10 décembre), dont le monde célébrera aujourd’hui son 71ème anniversaire.
Célébré chaque année le 10 décembre, jour anniversaire de l’adoption en 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies de la déclaration universelle des droits de l’Homme, cette journée est une reconnaissance de la communauté internationale des droits inaliénables des peuples à accéder à la liberté et à l’indépendance. Pour cette année, cette journée est célébrée sous la thématique de la jeunesse et mettra l’accent sur les capacités des jeunes en matière de défense des droits de l’Homme. L’objectif est de célébrer le potentiel des jeunes et leurs capacités à être des acteurs et des actrices de changements constructifs.
Il s’agit aussi de mettre la lumière sur les jeunes qui – comme pendant la Guerre de libération nationale – sont toujours à l’avant-garde des transformations politiques, économiques et sociales. Ils sont aussi en première ligne lors des mobilisations populaires qui réclament des changements positifs comme dans le cas du Mouvement populaire pacifique actuellement.
Hamid Mecheri