Gaid Salah

Malgré les périls sécuritaires multiformes, la récession économique a dicté ses règles : Baisse des dépenses militaires de l’Algérie en 2017

Crise économique oblige, les dépenses militaires de l’Algérie ont connu une baisse sensible en 2017. Selon les données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) publiées hier, les dépenses militaires de l’Algérie se sont établies à 10,07 milliards de dollars en 2017, en baisse de 5,2% par rapport à l’année 2016 (10,2 milliards). Depuis près de trois années consécutives, l’Algérie subit les contrecoups de la chute du baril sur les marchés pétroliers ; de ce fait, le tarissement des sources de financement a poussé l’État a faire des coupes dans les budgets de fonctionnement de plusieurs secteurs les plus « budgétivores », dont celui de la Défense nationale, confronté depuis les débuts du Printemps arabe à des périls multiformes et aux tentatives répétées des groupes armés de faire des incursions à l’intérieur des terres algériennes, depuis l’échec de l’attentat de Tiguentourine. La part des dépenses militaires en comparaison avec le Produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 5,7% en 2017, contre 6,4 durant l’exercice précédent. Il s’agit, là aussi, de la première fois depuis 2010 que le pourcentage des dépenses militaires par rapport au PIB rencontre une baisse. Estimées actuellement à 13 milliards de dollars, les dépenses de l’Armée algérienne atteindront 16 milliards de dollars à l’horizon 2020, selon les prévisions annoncées par «The Algerian Defense Industry – Market Attractiveness and Emerging Opportunities to 2020 » du cabinet américain de recherche Market Research. Selon ce rapport, la hausse de la menace terroriste aux frontières tunisiennes, libyennes et maliennes oblige l’Algérie à accroître ses dépenses militaires. Market Research révèle que l’Algérie cherche aussi à renforcer et moderniser ses capacités, en se dotant de véhicules blindés, d’avions, de sous-marins, d’hélicoptères et d’équipements de surveillance entre autres, rapporte la même source. Cependant, les dépenses militaires de l’Algérie demeurent les plus élevées du continent africain en 2017, devant le Maroc (3,46 milliards de dollars), la Tunisie (835 millions de dollars), l’Égypte (2,77 milliards) ou encore le Soudan (4,38 milliards). Les dépenses militaires algériennes restent toutefois inférieures à celles de l’Iran (14,5 milliards de dollars), Israël (16,4 milliards), l’Arabie saoudite (69 milliards) ou encore la Turquie (18 milliards). En Occident, les dépenses militaires de la France en 2017 se sont élevées à 57,7 milliards de dollars, tandis que celles de l’Allemagne à 44,3 milliards, le RoyaumeUni à 47,1 milliards, l’Espagne à 16,2 milliards, l’Italie à 29,2 milliards, tandis que celui des États-Unis s’est élevé à 610 milliards de dollars. Les dépenses militaires de la Russie et de la Chine se sont quant à elles respectivement établies à 66 milliards et 228 milliards de dollars. Au total, les dépenses militaires dans le monde ont atteint 1739 milliards de dollars en 2017, en augmentation marginale de 1,1% par rapport à 2016.

F. O.