Makri Soltani

Makri et Soltani sur le ring : L’offre du gouvernement divise le MSP

La question de l’intégration du nouveau gouvernement divise les cadres du Mouvement de la société pour la paix, alimente la polémique et réveille les vieilles querelles intestines entre Makri et Soltani. Le leader du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Makri, a indiqué, hier, avoir reçu officiellement la proposition du Premier ministre Abdelmalek Sellal de rallier le prochain gouvernement. «J’ai rencontré, le Premier ministre et il nous a proposé d’intégrer le nouveau gouvernement », a-t-il révélé, avant d’ajouter que la question sera débattue lors de la réunion du conseil consultatif «avant de répondre à cette offre», a-t-il précisé. En effet, à peine quelques jours après les élections législatives, l’ex-président du Mouvement de la société pour la paix, Aboujerra Soltani brise le silence et tente de peser sur la décision du Conseil consultatif (Madjliss El choura). Il lance le débat sur la nécessité d’une participation à la reconfiguration de la nouvelle carte politique nationale qui se dessine et suggère l’intégration du prochain staff gouvernemental. Une démarche qui lui a attiré les foudres de l’actuelle direction dirigeante, à sa tête Aberrezak Makri. Pour l’ex-président du parti islamiste, sa requête est motivée par la nécessité de la préservation de l’intérêt suprême du pays et de faire face, à une crise sans issue qui menace son avenir. « C’est pour la préservation de la stabilité du pays que nous tous devrons agir ensemble et se concerter pour sauver le pays qui s’enfonce dans une crise aiguë », a-t-il recommandé. Soltani, qui s’est dit toujours fidèle aux principes et à la doctrine du parti, n’a jamais refusé la concertation avec le pouvoir, en suivant la ligne politique du fondateur du parti, le défunt Mahfoud Nahnah, contrairement aux propositions de l’actuelle direction, sous la houlette de Makri qui incarne, peu ou prou, la rupture et la confrontation directe avec le pouvoir. L’ex-leader de la défunte Alliance présidentielle FLN-RNDMSP ne voit aucun inconvénient à intégrer le nouveau gouvernement sous prétexte d’aider le pays à sortir du gouffre. Une position qui n’a pas été partagée par Abderrezak Makri, pour qui, l’ère des alliances avec les partis au pouvoir est, bel et bien révolue, et que le parti est mûr pour défendre ses intérêts sans prendre comme référence ou dépendre de la tutelle du pouvoir. Selon ce dernier, le MSP a sa place sur l’échiquier politique et continuera de l’occuper dans l’avenir en se positionnant dans le camp de l’opposition. Il a réitéré et affirme dans ce sens qu’il «a toujours opté pour la non-intégration du prochain gouvernement, mais la décision finale sera prise par le Conseil consultatif du parti lors de sa prochaine réunion.» Et ce, pour dire que ni Soltani ni son aile de soutien ne peuvent imposer au parti la participation à l’Exécutif. Le président du MSP estime qu’il n’est pas «question de participer au gouvernement », pour appliquer le programme d’un autre parti, et que cette participation qualifiée de «façade» n’est pas au menu du MSP qui «dispose de son propre programme». Certes, l’ex-président du MSP n’a aucune influence sur les décisions du Conseil consultatif, mais le contexte semble un peu différent qu’il l’était il y a quelques mois. L’un des principaux alliés du MSP, Abdelmadjid Menasra, président du Front de changement (FC), a adopté la même démarche que celle de Soltani. Une situation qui pourrait pencher la balance de son coté et du coup jouer un mauvais tour à Makri. En tout cas, il semblerait que l’offre proposée par le premier ministre au parti a nourri les divergences qui existent déjà entre Abderrazak Makri et son rival Aboujerra Soltani. Le point de désaccord entre les deux parties protagonistes, réside dans l’attitude à adopter à l’égard du gouvernement: le premier a choisi de garder ses distances, l’autre a opté pour l’alignement tout court. Il faut donc attendre les prochains jours pour mieux comprendre l’évolution de la situation au sein de ce parti. Tout repose en effet sur la décision et le verdict final du Conseil consultatif du MSP.

Abdellah Bourim