Maintenant, oublions tout et faisons la fête !

I l est médicalement connu que soigner un malade et rester à son chevet jusqu’au rétablissement total de sa santé, morale et physique, est une obligation de service à laquelle doit s’astreindre tout le personnel de l’hôpital. Chez nous, les devoirs envers les malades, tels que assermentés par Hippocrate, font exception à cette règle. Sinon, comment expliquer le fait de récompenser un médecin, un infirmier et un responsable du secteur, pour avoir, on ne sait sur quel mérite, exercé sa mission médicale ? C’est ce que venait de faire, en tout cas, le wali par intérim de Blida, qui a organisé une cérémonie festive en l’honneur de l’équipe médicale de l’hôpital de Boufarik pour, apparemment, fêter la victoire contre le choléra ! Dans le fond, l’initiative est bonne dans le sens où elle encouragerait le staff médical à fournir davantage d’efforts et maintenir la garde pour venir à bout de cette épidémie. Quant à la forme, au lieu de remettre des diplômes d’honneur et des cadeaux au personnel médical, on aurait mieux fait de s’enquérir de l’état de santé des victimes de cette maladie infectieuse, pour ne pas s’exposer à davantage de risque de contagion.
F. G.