BOUMERDES FOIRE DE L'OLIVE

L’olive et son huile, un marché mondial encore ouvert : L’Algérie tentée par un marché de 4 691 milliards US

L’Algérie est un pays où l’olive fait florès. Un bienfait de la nature encore mal exploité. Si, jusqu’à une date récente, l’Algérie se suffisait d’être un pays cultivateur, producteur et consommateur de son olive et de son huile, aujourd’hui, à l’ombre pleine de doutes de la récession pétrolière et des aléas du marché, il y a lieu de songer à l’international. Déjà le ton est donné : l’olive de table de Sig s’est confortablement installée en France, ou, grâce à une forte implantation de la communauté nationale, elle est de plus en plus demandée. Mais l’Algérie doit être plus rigoureuse encore pour espé- rer se faire une place dans le gotha des grands de l’olive et de son huile, c’est-à-dire l’Espagne, la Tunisie et l’Italie, qui sont au coude-à-coude pour le leadership en la matière. La production algérienne reste insignifiante, en termes de chiffres, et ne pèse pas lourd face à une production mondiale, estimée autour des 3 millions de tonnes et dominée par l’Espagne, l’Italie et la Grèce. Pour l’Algérie, ce marché est d’autant plus alléchant que l’huile d’olive a vu son prix augmenter de 20% l’an dernier. Si l’Espagne a été dominante sur le marché jusque-là, la Tunisie est en train de prendre la tête du gotha. La France, pourtant «pôle nord» de l’huile d’olive, reste un petit producteur UNE

PLUVIOMÉTRIE PARCIMONIEUSE FAIT FLAMBER LES PRIX

Les aléas climatiques et la présence en Italie d’une bacté- rie tueuse d’oliviers ont provoqué en 2015 une hausse de près de 20% du prix de l’huile d’olive en Europe, un phénomène appelé à durer grâce aux nouveaux marchés comme la Chine. Cette hausse suscite l’intérêt d’investisseurs parfois éloignés de la filière. D’après une étude réalisée dans sept pays européens par le cabinet britannique IRI (Institut international républicain), l’augmentation du prix de l’huile d’olive a coûté 231 millions d’euros aux consommateurs l’an dernier. Les hausses ont été les plus fortes dans les pays où l’huile d’olive est un élément de cuisine essentiel, notamment en Espagne (+27,2%), en Italie (+21%) et en Grèce (+17,2%). L’étude, publiée en février dernier, estime que cette hausse est imputable à une maladie bactérienne en Italie conjuguée à une mauvaise récolte en Espagne, pays qui fournit 45% de la production mondiale d’huile d’olive. « L’huile d’olive a toujours été très dépendante des conditions météorologiques, mais les bactéries qui touchent l’Italie pourraient changer la donne pendant un certain temps, en particulier dans les pays où les olives sont un produit de base », dit la directrice marketing Europe d’IRI, Anne Lefranc.

CHIFFRES DU MARCHÉ MONDIAL DES HUILES D’OLIVE

Il se récolte près de 104 kilos d’olives dans le monde chaque seconde, soit 3 269 249 tonnes d’olives récoltées chaque année, dont 750 000 tonnes comme olives « de table » à manger, et le reste pour faire de l’huile d’olive. Il y aurait plus d’un milliard d’oliviers dans le monde. Bien sûr, on retrouve la plus grosse concentration autour de bassin méditerranéen, avec des pays producteurs, l’Espagne, la Tunisie et l’Italie, qui dominent le marché mondial. Cela dit, on trouve maintenant des oliveraies au Proche-Orient, aux USA et en Amérique latine. L’oléiculture arrive donc à laisser son terroir originel, mais ces nouveaux pays producteurs peuvent-ils concurrencer les deux grands dominants du secteur ? F. O.