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Libye-Troïka Onu/UA/LA : Après la Ligue arabe, un sommet africain sur la crise libyenne

Le représentant spécial du secrétaire général de la Ligue arabe (LA), pour la Libye, le diplomate tunisien Salah Eddine Al-Jemali, a assuré qu’il «pourrait effectuer une visite en Libye, la semaine prochaine incluant Tripoli et Benghazi».

C’est à l’occasion de la réunion consultative sur la Libye du Conseil de la Ligue arabe, tenue mardi au Caire (Egypte), et présidée par l’ambassadeur délégué tunisien Najib Mnyef, en présence du secrétaire général de la Ligue, Ahmed Aboul Gheit et les chefs de délégations des pays membres de la Ligue arabe, que Salah Eddine a fait cette annonce. Ceci, après avoir présenté un exposé sur les efforts pour la réussite du processus politique et proposé un plan de travail pour la prochaine étape. À cette réunion consultative de la Ligue arabe, sur la Libye, les responsables africains s’apprêtent à se réunir, sur la crise libyenne, d’ici pas moins de quinze jours. Un Sommet des chefs d’État des pays membres de l’Union africaine (UA) est prévu, en effet, le 25 janvier prochain, dans la Capitale de la République du Congo, comme annoncé, samedi dernier, par le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosoo, lors de sa visite officielle à Alger. Pour sa part, le dernier ministre des Affaires étrangères égyptien, du temps de l’ex-président Hosni Moubarek, depuis mars dernier, secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit a salué, lors de son allocution, la médiation africaine et le rôle joué par l’UA, dans son traitement de la crise libyenne, a présenté l’initiative de son organisation sur la crise libyenne, dont les points contenus dans le plan de travail précité qu’a présenté, Salah Eddine Al-Jemali, mardi dernier, lors de la réunion consultative du Conseil de la Ligue arabe sur la Libye. Salah Eddine Al-Jemali a dans son plan de travail proposé «la création d’un fonds arabe pour fournir une aide humanitaire et de soutien pour le peuple libyen», indiquant que ce fonds arabe sera créé et travaillera sous la tutelle de la Ligue arabe et des pays arabes et sera financé par des hommes d’affaires arabes» a fait savoir ce responsable.

Une troïka pour le soutien du processus politique
Le représentant spécial du secrétaire général de la Ligue arabe (LA) pour la Libye a déclaré, par ailleurs, que «les envoyés de l’ONU et de l’Union africaine (UA) sont très intéressés par la coopération avec la Ligue arabe (..) dans le cadre de la Troïka» en vue, a-t-il poursuivi, « de travailler ensemble pour surmonter les difficultés rencontrées par une solution négociée en Libye», a-t-il précisé. En octobre dernier, l’ONU, l’’UA et la Ligue arabe ont convenu au Caire, de la mise en place d’une troïka pour renforcer la coopération et la coordination entre les trois organisations afin d’encourager la réconciliation nationale en Libye et le dialogue politique inter-libyen. Quant au SG de la Ligue arabe, après avoir salué le rôle de l’UA, il a souligné par ailleurs, que le rôle Arabo-africain « devrait être complémentaire» en rappelant la tenue, prochainement du sommet de l’UA sur la Libye, en République du Congo, le pays qui assure, pour rappel, la présidence du Comité de haut niveau de l’UA, sur la Libye. Le sommet se penchera, a fait savoir, samedi dernier, à Alger, le ministre Gakosoo, sur l’examen des « solutions qui permettront la résolution», de la crise dans laquelle est plongé le pays et les Libyens, depuis 2011. Soulignant que la crise libyenne concerne un pays, situé sur le continent africain, et donc un problème et un conflit « africain», le chef de la diplomatie de la République du Congo, a plaidé pour un rôle plus visible et pertinent de l’UA, déclarant, qu’« on ne doit pas laisser aux autres l’occasion de venir nous dicter leurs solutions» avant d’ajouter «c’est à nous de faire preuve d’imagination pour la sortie de la Libye de cette crise qui ne peut plus continuer» a-t-il insisté. Appelant les pays africains à «prendre leurs responsabilités » vis-à-vis du dossier Libyen.
L’accompagnement des libyens à mener leur dialogue inter-libyen, loin des interférences étrangères, notamment celles d’acteurs occidentaux, qui après l’intervention militaire de l’Otan en Libye, dès l’avènement de la crise dans ce pays, en 2011, n’ont cessé d’être des acteurs sur la scène libyenne, alimentant souvent même les rivalités entre libyens. Compliquant davantage la situation chaotique dans laquelle le pays a été plongé, plus de six ans, rivalités porteuses, faut-il le souligner, d’importants risques sur l’avenir de la Libye et des Libyens, dont celui de la partition du pays. Pour des observateurs avertis de la scène libyenne et des jeux des grandes puissances, depuis notamment, ces cinq dernières années, la répartition de la Libye revient à l’ordre du jour, car, notent-ils, ce qui était impossible de réaliser d’un cran par le fracas des armes et les rivalités entre libyens, espèrent le voire aboutir, par les conséquences de ce fracas sur les Libyens, et «l’argumentaire de l’impossibilité» avertissent des observateurs , de voire les Libyens s’inscrire dans une dynamique politique d’ensemble pour mettre sur pied les Institutions dans leur pays , militaires et politiques, lesquelles assureront l’unité du peuple et du territoire de la Libye. Pays demeurant au centre des convoitises, des puissances, membres de l’Otan, dans leur course, du contrôle des voies d’approvisionnement en énergies et les sources d’énergies, la Libye offre outre une position géographique stratégique, le pays possède quasiment 40 % du pétrole africain, précieux pour sa haute qualité et son faible coût d’extraction, et de grosses réserves de gaz naturel, dont l’exploitation, selon des études, peut rapporter aujourd’hui aux multinationales états-uniennes et européennes des profits bien plus élevés que ceux qu’elles obtenaient avant que le pays soit secoué, par la crise en 2011.
Karima Bennour