Libye

Libye : Le difficile déploiement de la solution politique

À moins d’une semaine de l’annonce du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, à propos d’une visite prochaine à Alger, de délégations représentants les différentes parties libyennes, le chef de la diplomatie nationale s’est entretenu, par téléphone, avec son homologue du gouvernement d’entente nationale libyen, Mohamed Tahar Siala. Au courant de cet entretien, le responsable libyen a fait part à Messahel «des récents développements» survenus en Libye, outre «les étapes à venir pour accélérer la dynamique de règlement de la crise libyenne», apprend-t-on d’un communiqué du MAE national.

Sur la scène libyenne, le cours des évènements s’accélère, notamment ses dernières semaines, qui a vu l’annonce de la libération de l’Est libyen, Benghazi, des groupes terroristes, par les éléments de l’armée national libyenne, dirigée par Khalifa Hafta. La visite, jeudi dernier, de Marco Minniti ministre italien de l’intérieur, à Tripoli, outre l’annonce par le chef de l’exécutif d’entente, dimanche, d’une feuille de route politique pour sortir le pays de la crise qui le secoue, depuis plus de six. À ces sorties politico-diplomatiques et militaires, dont une rencontre, selon des sources militaires de l’Est libyen, ont rapporté des médias étrangers, entre le maréchal Khalifa Haftar et le Chef du commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom), la Libye et son peuple semblent s’acheminer vers une nouvelle étape, aux contours demeurant encore non clairs. Alger, qui ne cesse de réaffirmé que la solution politique à la crise libyenne est la seule voie à même de voir les frères libyens dépasser leus divergences et sortir ainsi le pays du chaos qui ravage la Libye et son peuple, depuis plus de six ans, a réitéré, cette approche, notamment lors de la visite qu’a effectué, Messahel, à Rôme, lundi et mardi dernier. Avant son départ vers la capitale italienne, Messahel a affirmé que l’Algérie «poursuit ses efforts pour un règlement pacifique de la crise libyenne et la consécration du dialogue inter-libyens», en annonçant la visite prochainement, en Algérie, de délégations représentants les différentes parties libyennes, exception faite des groupes classés «organisations terroristes» par les Nations Unies. À cette occasion, le chef de la diplomatie algérienne avait, également annoncé, la visite prochaine du nouveau représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU pour la Libye et Chef de la mission d’appui des Nations Unies en Libye (Manul), Ghassan Salamé, successeur de l’allemand Martin Kobler. En visite à Tripoli, jeudi denier, le ministre italien de l’intérieur Marco Minniti, outre qu’il a proposé, un accord au gouvernement de Fayez Serraj, pour lutter contre les trafiquants d’êtres humains au cours de cette visite, lors de laquelle il a rencontré les maires des villes concernées par ce fléau dans le Sud du pays. Le responsable italien avait déclaré «nous ferons un pacte pour libérer nos terres des trafiquants», a-t-il lancé aux maires du Sud libyen, ont rapporté des médias locaux. Expliquant son approche, il a indiqué, à près des treize maires des régions du Sud libyen que, la lutte contre les trafiquants doit se faire en deux temps: citant «la sécurité pour endiguer les trafics et le développement socio-économique et la création d’emploi». Concernant autre donne, qui n’est pas sans impact sur le cours des évènements en Libye, l’annonce du maréchal Haftar de la libération de Benghazi des groupes terroristes et sa visite à Dubai, aux Émirats Arabes unis, pays qui a acceuilli, mai dernier, la première rencontre entre les deux principaux rivaux en Libye, Le chef du gouvernement d’union nationale, Fayez Serraj et le chef de l’armée nationale libyenne, Khalifa Haftar. La rencontre de ce dernier, avec les responsables d’Africom, comme indiqué, ci-dessus, renseigne amplement sur le rôle ininterrompu des États-Unis dans sa gestion de la crise et du chaos libyens, lequel rôle a connu une éclipse médiatique, faut-il le souligner. Avec les visites prochaines d’acteurs de la scène libyenne, à Alger, ainsi que celle qu’effectuera le nouveau responsable onusien du dossier libyen Ghassen Sallamé, et l’annonce, samedi, par Fayez Serraj de la feuille de route de sortie de la crise ainsi que la visite de Haftar aux Émirats Arabes Unis, les libyens espèrent voir enfin le dialogue inter-libyen être lancé d’une manière effective, en vue de dépasser les divergences au profit du retour de la vie politico-institutionnelle en Libye. Rappelons que les deux principaux rivaux en Libye, Serraj et Hafatr, se sont mis d’accord, à Duabi, mai dernier, sur les points essentiels pour dépasser la crise, notamment sur la dissolution des formations armées non officielles et des milices, la lutte contre le terrorisme, le respect des décisions des tribunaux libyens. La Libye, plongé dans une situation chaotique depuis la crise politique qui l’a secoué en 2011 et qui s’est vite transformée en conflit armé, précipitant ainsi l’intervention militaire de l’Otan dans ce pays, cette situation a engendré des conséquences gravissimes sur le destin futur de la Libye et de son peuple, lequel chaos a profité aux trafiquants de tout genre et aux groupes terroristes, lesquelles conséquences n’ont pas été sans impacts graves sur les pays voisins de la Libye et l’ensemble de la région.
Karima Bennour