Daech-

L’expert en sécurité, Mohamed Khalfaoui, à porpos du retour des « daeshiens » : «L’Algérie prête pour faire face au retour des ’’Syro-Irakiens’’ de l’EI !»

C’est en expert qui sait de quoi il parle et qui maitrise son sujet que Mohamed Khalfaoui a livré un entretien intéressant à Sputnik, il y a deux jours, et dans lequel il revient sur le risque du retour des terroristes algériens dans les rangs de l’État Islamique «Daesh».

On sait ce que veut dire la défaite de Daesh en Irak et en Syrie : c’est un reflux massif vers le Maghreb, via la Libye. Or même en Libye, et grâce à l’appui militaire que trouve l’armée du maréchal Khalifa Haftar, les troupes daeshiennes ont été défaites, là aussi, aussi bien à Benghazi qu’à Syrte ; d’où la nécessité pour ces troupes de s’orienter soit vers le Fezzan, près des frontières algériennes du Sud-Est, soit vers le Nord-Mali, où elles peuvent respirer et trouver du répit et de l’appui auprès, non pas d’Aqmi, leur ennemie, mais auprès du Mujao, qui a fait, souvenez-vous-en, allégeance à Al Baghdadi.
Donc, les risques pour l’Algérie sont réels ; d’où l’intérêt d’avoir un éclairage sérieux sur la question. Pour Khalfaoui, il faut connaitre le profil du terroriste, ses revendications, ses modus operandi et ses objectifs ; sinon nous aurons à faire à des malades mentaux et à des dégénérés. Autre point d’importance soulevé par Khalfaoui, c’est la sous-visibilité des troupes militaires occidentales en Libye. Pour lui, ces troupes ne sont pas exclusivement militaires, et ne font que la guerre, mais elles sont, en grande partie, constituées d’agents du renseignement, et sont donc intéressées par des stratégies bien définies.
Au final, les États Unis, la Grande-Bretagne et la France auront beau jeu en Libye, et ce sont eux qui vont être les premiers informés, donc les premiers négociateurs avec les Libyens, ou disons-le, les véritables négociateurs en Libye, et les autres pays voisins ne feront que suivre la solution voulue et exigée par ces puissances occidentales. Ces stratégies de sous-sol, selon Khalfaoui, faussent le jeu et rendent toute coopération entre l’Algérie, la Tunisie et la Libye d’une inanité certaine. Il n’est que voir les rapports de force en Libye pour s’en convaincre : d’un côté, nous avons le gouvernement As Sarraj, reconnu politiquement par la communauté internationale, nous avons aussi le maréchal Khalifa Haftar, reconnu et aidé militairement par la communauté internationale, et puis nous avons enfin, les groupes armés, qui dictent leur loi sur le terrain des opérations, notamment au centre et à l’ouest de la Libye. Daesh, dit-il, a constitué un moyen de pression pour les capitales occidentales, et depuis au moins 2014, les donnes ont changé concernant ce groupe. Dans son domaine, l’Algérie, qui a multiplié les manœuvres militaires près de ses frontières ces dernières années, parfois même avec des munitions réelles, se tient prête à toute éventualité, et son expérience lui permet d’appréhender les périls avec la sérénité et la rigueur d’un pays puissant et en position de gérer la situation.
O.F.