Les trains SNTF des banlieues algéroises font le buzz : Retards, pagaille et dysfonctionnements

Journées noires pour les usagers du rail : dysfonctionnements et multiplication des incidents sur les trains SNTF des banlieues algéroises, des retards énormes et engorgement de certaines gares centrales. Cette pagaille dans les trains est devenue un quotidien presque habituel pour les milliers de voyageurs qui prennent leur train pour aller au travail ou partir en vacances en cette période de grandes chaleurs et coïncidant avec le début de saison estivale.

Selon même l’aveu de la Société nationale de transport ferroviaire (SNTF) ce sont les trains de la banlieue algéroise – la banlieue Est plus gravement – qui ont concentré les plus grandes difficultés et problèmes. Hier, plusieurs centaines d’usagers de la ligne Thénia-Alger (banlieue Est) n’ont pas pu prendre leur train à cause des retards qui ont dépassé parfois une heure.
Pourtant munis de leurs billets, ces malheureux usagers n’ont pas été informé sur les causes, ni prévenus à l’avance qu’il y aurait des retards afin qu’ils prennent des précautions. Ces retards dans l’arrivée des trains ont rendu les quais inaccessibles pour certains voyageurs, car les trains sont vite complets – ils arrivent déjà complets comme à la gare de Réghaïa – en raison de l’affluence et concentration des passagers. Du coup, incidents et bousculades se sont multipliés et des voyageurs n’ont pas pu monter à bord. « On dirait qu’on est en Inde. C’est fou ce monde aujourd’hui dans la gare de Réghaïa. Je n’arrive pas à croire que j’ai pu monter à bord ! », proteste une dame parmi les usagers hier matin. Avant d’ajouter : « On a déjà plus d’une heure de retard. On attendait, pas de train, pas d’excuse, pas d’explication. Mais un minimum de considération quand-même ! ». À la gare où cette dame était montée, beaucoup en fait n’ont pas eu cette possibilité d’accès au train, qui, bondé, a mis également beaucoup de temps pour fermer ses portes et quitter les quais. La situation à l’intérieur de train n’était pas meilleure : les images de la pagaille étaient aussi indescriptibles. Le mécontentement et la colère des usagers se conjuguent à quelques mentalités désolantes d’incivisme. Des handicapés souffrants ont été contraints à rester debout, car d’autres, jeunes et en santé, n’ont pas voulu «céder» leurs places. Des personnes âgées et des femmes enceintes ont été obligées de supporter la même situation. Mais, heureusement que ce n’est pas le cas pour tous, le bon sens arrive toujours à prévaloir en fin de compte. Certains voyageurs de la SNTF en ont rejeté la faute sur la compagnie ferroviaire. Celle-ci a fini en fin de semaine par présenter des excuses et donner des explications. « La SNTF informe son aimable clientèle, notamment celle de la banlieue Est algéroise, que les perturbations enregistrées dans la circulation des trains sont dues aux travaux de renouvellement de la voie ferrée de la ligne Aïn-Naâdja – Boufarik – Cheffa », a-t-elle écrit sur son site électronique officiel. « Grâce à ces travaux de renouvellement sur cet axe ferroviaire, la qualité de service offerte aux usagers sera améliorée, notamment en matière de confort, de sécurité, de rapidité et de prestations commerciales», a-t-elle rassuré. Une pluie de messages de mécontentements s’est abattue sur les réseaux sociaux, dénonçant des travaux qui perdurent, rendant leur quotidien insupportable. « Vous parlez toujours de travaux ! Ce n’est pas sérieux. Malheureusement, ces travaux devraient être déjà finis parce que c’est déjà une année de retards, de grèves et de perturbations, sans parler de sécurité », a écrit un internaute, tout en ajoutant : «c’est devenu insupportable ! Je vous prie d’accélérer les travaux ! ». Ces explications (de la SNTF) auraient « été utiles si vous aviez mentionné un délai, au lieu de se contenter d’excuses ! Sinon, on connaît tous cela ! », a pesté un autre. « Pourquoi ces travaux n’ont pas été octroyés à une société puissante ou étrangère, plus apte et travaillant à un régime plus soutenu ? s’interroge un internaute usager des trains de la banlieue Est, j’ai vu comment les travailleurs sur Aïn – Naâdja sont dépourvus de moyens. Quand à nous, ceux qui desservent la gare d’EL-Affroune, les responsables de SNTF nous traitent comme si on est des citoyens de basse classe. Ils jouent de nous comme ils veulent ; ils nous font descendre de train à Cheffa sous prétexte que c’est le terminus malgré qu’il soit indiqué que sa direction est El Affroune. Et pour rajouter, ils te mentent encore en t’annonçant que le train suivant arrivera dans 5 minutes. Pour que tu te retrouve en fin de compte en attente pour plus de 45 minutes ! ». D’autres internautes mettent en cause le manque de ponctualité par la société ferroviaire. « La moindre des choses serait de respecter les horaires indiquées par la SNTF. Chose que la société ne contrôle pas dans les cas ordinaires. Alors comment en cas de travaux ou incidents », ridiculise un autre internaute. La SNTF a fait objet de plusieurs polémiques sur des dysfonctionnements, en particulier le problème de ponctualité. Intervenant la semaine dernière sur les ondes de la radio chaine 3, Bendjaballah Yacine, PDG de la SNTF a qualifié ce problème de complexe. « Parce qu’il y a d’autres phénomènes liés à l’environnement qui entrent en jeu. Il y a l’état de la voie en premier lieu, la présence des passages à niveau, l’incivisme des gens, donc, il y a plusieurs facteurs qui font que le train n’est pas régulier », a-t-il expliqué.
Hamid Mecheri