Les syndicats n’auront que quelques jours pour se conformer à la loi : L’ultimatum aux «clandos» !

Jusque-là tolérées à l’exercice syndical sous couvert de la grâce constitutionnelle, les organisations non agréées auront jusqu’au 31 mars prochain pour demander un agrément. Passé ce délai, le gouvernement se donnerait le droit de constater l’illégalité de tout geste et mouvement de leur part. Voire même sévir contre les chapelles non autorisées d’activité.

C’est l’ultime mise en garde, faite hier, par le ministre du Travail, Mourad Zemali, qui viendrait comme rappel à l’ordre des organisations illégales qu’il invite à déposer les dossiers de demande d’agrément avant l’échéance arrêtée. En effet, aux premiers jours de la montée au front de plusieurs syndicats issus des secteurs de l’Éducation, la Santé et l’Enseignement supérieur, où l’on a vu des cycles interminables de grèves plonger l’activité publique dans la paralysie, jusqu’alors la question de la légitimité des organisations sociales a été quelque peu négligée de part et d’autre. Dans un premier temps, ce sont les tutelles respectives qui ont été chargées par le gouvernement de gérer la situation au moment où la Justice, à chaque fois qu’elle est saisie, déclare l’action des syndicalistes d’illégale. Cela n’a pas découragé pour autant les enseignants du CNAPESTE et les médecins résidents du CAMRA à renoncer à leurs actions. La situation a même failli déborder dans le secteur de la Santé alors que l’élan pris par le mouvement des grévistes de l’Éducation a frôlé le spectre de l’année blanche.

Dans le feu de l’action, plusieurs autres tutelles ont tenté d’intercéder entre les deux belligérants sans vraiment arriver à apaiser les tensions. Pour le cas du ministère du Travail, ce n’est pas la première fois que Zemali se livre à un tel exercice de pédagogie envers les syndicalistes. Après avoir échoué de rapprocher les représentants du CNAPESTE et ceux de la tutelle de l’Éducation, le ministre adopte une posture plus offensive. Au début du mois de mars, en effet, il a rendu public une liste comprenant 66 organisations syndicales agréées par les services de son ministère. Une manière de mettre à nu les autres syndicats qui exercent dans l’illégalité. D’ailleurs, à la même occasion, il dénie à certaines organisations le droit de parler au nom des travailleurs, dès lors qu’elles ne disposaient pas d’autorisation d’activer. Hier encore, le ministre rappelle les syndicats «hors-la-loi» de l’impérative obligation de se conformer à la législation, comme condition sine qua non à l’accession de leurs droits qu’il qualifie du reste de légitime. «La grève est un droit absolu des travailleurs, qui sont protégés par la loi 70-71 et par la Constitution. Mais, il faut que la grève soit dans un cadre légitime. Si les grévistes respectent la loi, c’est leur droit de rentrer en grève et s’ils ne respectent pas la loi, leur grève ne sera pas prise en considération.», s’est livré le ministre à ce qui semble être un exercice de pédagogie de travail.

Farid Guellil