Alliance MSP-FC

Les salafistes couritsés par les partis d’obedience, « ikhwane » lancés dans les législatives : Quelle en sera la contre-partie ?

Une des caractéristiques de la législative de 2017 est que pratiquement tous les partis se rattachant à la mouvance islamiste lancés dans la course à l’hémicycle de Zighout Youcef sont tous, sans exception, d’obédience «ikhwane».
Les salafistes, notamment ceux se rattachant au Fis, parti dissous depuis le 5 mars 1992, sont « libres de suite », sans partis, et de ce fait aptes à « s’engager », pour peu que les conditions s’y prêtent. Les partis « ikwane » menés par Mokri, Djaballah, Menasra, Douibi, Benabdeslam, ou encore Ghoul (un ancien du MSP, ne l’oublions pas), ont besoin du fonds électorale salafiste, très incrusté dans les quartiers populaires de la capitale et les agglomérations urbaines. En matière de poids, celui des salafistes est infiniment plus important que celui des « ikhwane » ; la preuve a été donnée par les dernières élections législatives, où, privés de l’appui des salafistes, les partis « ikhwane » ont sombré corps et biens. Le flop intégral est encore trop présent à l’esprit pour être oublié de sitôt, d’où la volonté, pour les partis islamistes, de faire mieux que la dernière législative, car cette fois-ci, l’avenir risque de les éjecter définitivement, s’ils ne réalisent pas un bon score, de l’échiquier politique national. De toute évidence, les rapprochement ont été opérés de longues dates entre les responsables des partis islamistes lancés dans la course des législatives et les cadres salafistes mis hors jeu par les dispositions de la Charte de la paix et la réconciliation nationale, qui interdit à tous ceux qui ont trempé, de quelque sorte que ce fut, dans la tragédie nationale, de se porter candidat ou de se projeter dans une action politique. Evidemment, les réponses données aux partis islamistes ont été claires : il n’y aura pas d’appui de la base salafiste sans contrepartie. Courtisée par au moins sept formations politiques, la base islamiste joue les « difficiles ». Salafistes convaincus dans une très large mesure, ils voient d’un œil hautain les appels du pied des chefs de la mouvance « ikhwane », et ces derniers peuvent encore disserter longuement que cela ne les fera pas bouger, tant qu’ils restent convaincus que ces appels du pied incessants ne sont que «pour la réussite de partis qui ne les intéressent pas ». Hachemi Sahnouni, une des figures de l’islamisme politique issu de l’ex-FIS, nous confirmait récemment que pour le moment «rien n’est encore dit», précisant que «tant qu’aucun parti n’a fait un effort pour nous aider, on ne peut les appuyer lors des législatives». Il reconnaît avoir eu des contacts informels avec les partis islamistes en activité, mais affirme que « ces contacts sont restés à l’état embryonnaire, c’est-à-dire à l’état de contacts, et aucun geste fort, aucun effort d’alliance n’a été esquissé». Les « ikwan », qui détiennent les clés de l’activité politique restent tributaires d’une représentativité constante au sein de la société, chose que les salafistes détiennent. D’où cet interminable jeu de chat et de la souris qu’on observe chez les deux tendances de l’islamisme politique en Algérie.
Fayçal Oukaci