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Les parturientes diabétiques et les risques encourus : L’impératif d’un contrôle strict de la glycémie

Le 14 novembre de chaque année coïncide avec la Journée mondiale du diabète, où plusieurs manifestations et campagnes de sensibilisation s’invitent à l’occasion. En effet, les médecins sont unanimes à constater une évolution croissante et inquiétante du diabète en Algérie. Cette situation semble empirer dans les régions les plus reculées du pays où la carence en terme de prise en charge des malades est criarde. Pour mieux se protéger contre cette maladie complexe, les Docteurs Nadir Djamila et Habitouche Abdelhafid ont animé, hier, au forum d’El Moudjahid, une conférence de presse, afin de lancer une campagne d’information et de sensibilisation sur le diabète et ses complications. Le débat a tourné autour d’une thématique bien précise ; «femme et diabète», sachant que les femmes enceintes qui ont un diabète sont plus exposées au risque d’une fausse-couche ou d’avoir un bébé avec des malformations congénitales. Ces médecins affirment que le risque augmente considérablement si le contrôle de la glycémie n’est pas optimal, surtout au moment de la conception et durant les 3 premiers mois de la grossesse…
Pour mieux préparer une grossesse, aider à réduire les risques de complications et à conserver une bonne santé pendant cette période. Ainsi, Dr Nadir Djamila préconise «un contrôle glycémique strict depuis les premières semaines de la grossesse jusqu’à l’accouchement et un suivi rigoureux par une équipe multidisciplinaire dans un centre spécialisé permettant de diminuer grandement la plupart des risques. » Elle a même évoqué le cas d’une femme qui a fait cinq fausses couches, à cause de certaines complications. « Une glycémie mal contrôlée et élevée a présenté de nombreux risques pour la mère et le bébé, mais une fois que nous avons bien pris en charge cette femme, elle a pu avoir une vie normale… » « La cause du diabète gestationnel, résulte d’une résistance des cellules à l’action de l’insuline, causée naturellement durant la grossesse par les hormones du placenta. Chez certaines femmes, le pancréas ne parvient pas à sécréter assez d’insuline pour contrebalancer l’effet de ces hormones, entraînant une hyperglycémie, puis un diabète», a-t-elle expliqué. Entre autres, Professeur Nadir a indiqué qu’au cours de l’année prochaine, un nouveau guide sera élaboré pour les femmes et le diabète, en soulignant : «pour ce qui est du guide, ce dernier, a été fait par des experts nationaux. Toutes les spécialités de la médecine ont été impliquées pour son élaboration», tout en précisant que : «ce guide a été élaboré en référence à des recommandations OMS et internationales. En général, ce guide existe depuis 2005 et il a été renouvelé en 2014. Alors que c’est la première fois qu’il y aura un guide qui est en cours d’élaboration et qui sera disponible durant le premier trimestre de 2018. La spécificité de ce manuel est spécialement pour les femmes et le diabète. C’est un guide d’accompagnement pour la prose en charge de ces femmes en structure de proximité et même au niveau des structures hospitalières. L’objectif c’est d’avoir l’équité justement dans la prise en charge, tant qu’il existe aussi une standardisation dans la prise en charge, et en même temps d’avoir des compétences supplémentaires dans le secteur de la santé », a-t-elle dit. Avant d’ajouter : « Nous devons organiser une réunion de consensus national pour avoir tous les praticiens qui prennent en charge les femmes enceintes et qui puisse, sur les recommandations qui sont au sein de ce guide là, c’est d’avoir cette adhésion de tout le personnel de santé qui sera à Alger ou à Tamanrasset afin de pouvoir approcher de la femme enceinte de la même façon y compris cette équité et ce droit à la santé recommandé par l’OMS.»
Mohamed Wali

OUHADDA FAYÇAL, PRESIDENT DE L’ADA :
«Agir sur l’Éducation pour lutter contre le diabète»
Interrogé par le Courrier d’Algérie, en marge du débat tenu au forum d’El Moudjahid, sur la meilleure manière d’agir face au diabète, Ouhadda Fayçal, président de l’Association de diabétiques de la wilaya d’Alger (ADA), explique la démarche. «Dans la réalité, c’est beaucoup plus complexe et l’environnement socioéconomique est déterminé par de nombreux facteurs interdépendants. Mais, s’il faut en choisir un, alors le niveau d’éducation reste un bon marqueur. Or, un milieu socio-économique défavorisé est associé à une moins bonne alimentation», a répondu Ouhadda. Abordant justement l’importation d’un régime alimentaire sain pour prévenir et lutter contre le diabète, le même responsable regrette une certaine négligence de part et d’autre de la qualité des produits alimentaires mis à disposition du consommateur algérien. Ceci «malgré l’existence de décrets sur la régularisation du commerce et des commissions d’enquêtes instituées, la production alimentaire n’est pas conforme à la santé des citoyens», déplore-t-il à ce titre. Pour mieux étayer ses propos, il illustre cette donne. Il en veut pour exemple le constat selon lequel «plus de 20% des composants du café commercialisé est fabriqué à base de sucre». D’ailleurs, Ouhadda appelle à une prise de conscience des intervenants dans le domaine. «Il faut que les producteurs alimentaires prennent conscience», a-t-il plaidé, même si la problématique en appelle aussi à l’intervention des pouvoirs publics et la responsabilité des consommateurs eux-mêmes. D’ailleurs, à propos du partage de la responsabilité dans la lutte contre cette pathologie, Ouhadda a estime que tous les secteurs sont concernés. Interrogé sur les actions qu’il conviendrait à mener sur le terrain, le président de l’ADA soutient, qu’en plus des campagnes de sensibilisation sur cette maladie, le citoyen doit s’«auto-prévenir, se conscientiser et être davantage responsable».
Propos recueillis par Mohamed Amrouni