Attentat de Tiaret

Les leçons de l’attentat de Tiaret : Opposer vigilance aux partisans de la terreur

L’attentat terroriste ayant ciblé mercredi le siège de la Sûreté de wilaya de Tiaret et qui a causé la mort de deux policiers n’altérera en rien la détermination des forces de sécurité à lutter contre le fléau terroriste.

C’est ce qui ressort des réactions du ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Nourredine Bedoui, qui appelle, néanmoins les citoyens, à faire preuve de plus vigilance. Cette réaction à travers laquelle le gouvernement veut, de prime abord, rassurer l’opinion nationale quant à la maîtrise de la situation sur le plan sécuritaire, a également pour objectif de dire aux Algériens que la lutte contre le terrorisme n’est pas finie. Ainsi, dans une déclaration à la presse, jeudi, tenue à l’hôpital «Mustapha Damerdji» où il s’est enquis de l’état de santé d’un autre policier blessé dans l’attentat, le ministre a indiqué que «la préservation de la sécurité du pays est la priorité des priorités». Appelant les différents membres de la société à se regrouper autour de cet objectif primordial, le ministre a exhorté à œuvrer à la promotion du civisme et du sens politique et à faire de la sécurité et de la stabilité l’impératif unique en tant que condition essentielle du développement du pays. Au passage, il a exprimé sa gratitude et sa reconnaissance aux services de sécurité (Armée nationale populaire et Sûreté et Gendarmerie nationales) pour les efforts déployés en matière de préservation de la sécurité et de la stabilité du pays. Sur place, Bedoui a reçu des explications sur les circonstances de l’attentat et le geste héroïque du policier qui s’est interposé pour empêcher le terroriste d’accéder à l’intérieur de l’enceinte de la Police et qui a perdu la vie suite à la détonation de la ceinture explosive portée par l’auteur, déjouant ainsi un attentant qui aurait couté la vie à plusieurs personnes.

La vie doit poursuivre son cours normal
D’autre part, Bedoui a profité de sa visite au foyer pour orphelins de Mohamadia, pour célébrer l’Aid El Adha où il a abordé la question de la lutte antiterroriste.
Au cours de cette seconde sortie médiatique, en moins de 24 heures, le ministre a appelé l’ensemble des algériens à « faire preuve d’une grande vigilance » et à « assister les différents corps de sécurité» dans leurs missions en vue de préserver la sécurité et la stabilité de l’Algérie. À cet effet, le ministre a reconnu «nous passons par une conjoncture particulière marquée par de grands enjeux sécuritaires». «J’appelle les citoyens à faire preuve d’une grande vigilance et d’assister les services de sécurité dans leurs missions et efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité du pays», a déclaré Bedoui dans ce sillage. Le ministre de l’Intérieur a saisi cette occasion pour saluer les efforts consentis par les différents corps de sécurité, notamment les éléments de l’Armée nationale populaire (ANP) déployés aux frontières pour préserver la sécurité de l’Algérie. Notons que cet attentat a été revendiqué par le groupe terroriste de l’État islamique Daech. Pour rappel, un attentat similaire s’est produit en février dernier contre un commissariat de police à Constantine. Un policier qui était devant le siège du commissariat, situé au-dessous d’un bâtiment abritant une dizaine de familles, a riposté après plusieurs sommations, ciblant avec précision la ceinture explosive portée par un terroriste. Le groupe État islamique (EI) avait revendiqué également cette attaque. Ces attentats démontrent que Daech cible l’Algérie, et ce, depuis que l’organisation s’est implantée dans le «chaos» Libyen. .
Lamia Boufassa

Stratégie de la menace permanente
L’attentat-kamikaze de Tiaret, signé et revendiqué par l’État islamique « Daesh », dans sa branche algérienne, revient aujourd’hui, après deux tentatives avortées de s’implanter en Algérie. Le bilan de l’attentat kamikaze qui a eu lieu contre le siège de la Sûreté de la wilaya de Tiaret, a été revu à la hausse, après qu’un deuxième policier est décédé des suites de ses blessures lors de l’attaque kamikaze qui a visé le siège de la Sûreté de la wilaya de Tiaret, portant ainsi le bilan de cette attaque terroriste à trois morts, deux policiers et l’assaillant. Le terroriste, auteur de l’attaque, a été identifié, il s’agirait, selon des sources sécuritaires, du dénommé Benaissa Boucetta, plus connu sous le nom de guerre d’«Abou-Djihad». Daesh Algérie essaye de se poser dans le marché encombrant des groupes terroristes par des attentats qui frappent les esprits, comme celui qu’il vient de perpétrer à Tiaret. En fait, cet attentat redonne vie à un groupe défait déjà par deux fois. La première fois, c’était après l’épisode du touriste Yves Gourdel et la première apparition de Daesh Algérie, revendiquant, la tête coupée du Français dans les mains, leur création et leur présence dans la Kabylie. Quelques jours plus tard, l’émir de l’organisation, Abdelmalek Gouri, est abattu à l’Est de Boumerdès après une souricière tendue par les forces de sécurité. Plus tard, en 2016, une autre tentative de mettre sur pied une organisation plus forte, a été avortée par les forces de sécurité, à Constantine cette fois-ci. De ce fait, Tiaret représente la dernière tentative d’un groupe qui n’entend pas imposer un agenda, ni encore moins un rythme, mais une présence par des coups médiatiques d’envergure. Moins imposant qu’Al Qaida au Maghreb, Daesh dans sa version Algérie est un groupe réduit, mais turbulent et actif. Lors de la vidéo consacrant la naissance de Deash, en Kabylie, en 2014, les éléments visibles sur les séances choisis ne dépassaient pas la trentaine. Ce ne sont pas ces éléments qui vont bouleverser l’ordre des choses, et il est loin, très loin derrière nous, le temps où le terrorisme imposait son tempo, mais le fait est là : il s’agit d’une menace. Et c’est toute la stratégie de surenchère que l’EI Algérie cherche à inscrire dans la durée.
O.F.