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Les imams sous haute surveillance durant le Ramadhan : Les mosquées sous la loupe de Mohamed Aissa

Cette année, un peu plus que l’année précédente, les mosquées seront soumises à des mesures de rigueur strictes durant le Ramadhan. Cela commence déjà à agacer quelques imams réfractaires, mais la mesure est donnée pour plus de visibilité, et dans les prêches, et dans les formes mises à mener les prières des «tarawih» durant les soirées du Ramadhan.
Le ministre des Affaires religieuses et Wakfs et des Moudjahidine par intérim, Mohamed Aissa a donné des directives claires aux imams relevant de son ministère. Ainsi, les heures de l’appel à la prière seront synchronisées, pour éviter un éparpillement des fidèles. Le squattage des espaces limitrophes aux mosquées n’est désormais plus admis. Les espaces inclus dans les mosquées et sur les pourtours seront rentabilisés et largement suffisants pour les «tarawih», sans déborder à l’extérieur ni mettre les riverains dans la gêne. Les moments de commencer les «tarawih» aussi, seront uniformisés. Concernant, les «dourouss» (cours religieux), les discours haineux, belliqueux et agressifs seront combattus avec toute la rigueur de la loi. C’est un mois de piété, de sagesse et de ressources spirituelles, et pour Aissa, il devient hors de propos de laisser champ libre aux vendeurs d’aventures de prendre en otage l’esprit des fidèles. Pour ce faire, il devient impérieux de revenir aux références doctrinales, qui ont fait l’Algérie religieuse durant des siècles, et qui ont pu souder l’Unité nationale au plan juridique et théologique, à savoir le «fiqh» malékite, c’est-à-dire cette école de jurisprudence qui a émaillé la pratique religieuse en Algérie depuis plus de douze siècles, depuis que le docte imam érudit maghrébin, Sahnoun l’a transcrite de l’exégèse de l’imam Malek Ibn Anas par l’intermédiaire de Ibn Al Qassim au second siècle de l’hégire (9e siècle chrétien). Même pendant la domination ottomane en Algérie, qui a duré plusieurs siècles, le rite malékite avait été respecté, bien que les Turcs ottomans, comme tout le monde sait, sont adeptes de l’école hanéfite. Concernant les autres rites et obédiences, Aissa a donné des directives pour contrecarrer tout propos hors des références doctrinales que l’Algérie connait. Ainsi, les Ahmadites seront traqués au moindre mot lancé en public ; tout comme les chiites et les autres dogmes étrangers à la référence religieuse algérienne. Mohamed Aissa atténue le choc de ses mots par cette rectification : «L’état algérien n’a pas l’intention de combattre les adeptes de la secte Al Ahmadiya», et ses adeptes, poursuivit-il, «ne le sont pas pour la pratique de leur culte religieux mais pour leur adhésion à une association non agréée et leur collecte de dons sans autorisation».
Comprendre, que si les Ahmadis sont libres d’être Ahmadis, ils ne le sont pas pour se réunir et s’exprimer publiquement, faire du prosélytisme et collecter des fonds dans les mosquées. Les propos des imams «temporaires» (qui sont actifs juste durant le mois de Ramadan) seront, eux aussi, balisés ; car il n’est plus toléré de laisser des aventuriers faire du prosélytisme de guerre dans un contexte marqué par une crise d’identité au plan planétaire.
F. O.