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Les cours du pétrole ont stagné à Londres et avancé à New York : Le marché pétrolier permet à l’Algérie de souffler

Les prix du pétrole ont démarré l’année 2018 en trombe, pour se maintenir à 70-75 en juin, après avoir flirté un moment avec des prix à 80 dollars. Le graphique poursuit encore sa tendance haussière, où les cours du pétrole Brent avoisinent les 75 dollars le baril, pour le bonheur des pays exportateurs.

Les cours du pétrole ont stagné à Londres et avancé à New York dans un marché focalisé sur la production venue de l’Opep et de ses partenaires, dont la Russie, à l’approche d’une réunion du cartel. Moscou, qui mène avec l’Arabie saoudite un groupe de pays qui limitent volontairement leur production depuis début 2017, aurait modéré ses efforts en produisant 11,09 millions de barils par jour sur la première semaine de juin, a rapporté l’agence russe Interfax. C’est au-dessus de l’objectif de production quotidienne pour la Russie, établi à 10,95 millions de barils par jour selon l’accord passé entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, alors qu’une réunion sur le sujet aura lieu le 22 juin à Vienne. Dans une déclaration au « Courrier d’Algérie », Noureddine Legheliel, analyste financier spécialiste des marchés pétroliers, confirme que plusieurs critères et enjeux ont joué des rôles importants pour que le pétrole atteigne ce niveau.
Noureddine Legheliel nous a indiqué que « le monopole est entre les mains des Saoudiens », précisant qu’ils veulent introduire la plus grande compagnie pétrolière au monde (Aramco Oil) dans les bourses de New York et Londres. « Il y a eu un petit litige auparavant pour les Saoudiens, car les britanniques ont exigé 25% pour l’ouverture du capital d’Aramco Oil dans la ICE, alors que les Américains ont demandé seulement 5% pour l’ouverture du capital de cette compagnie pétrolière dans la Nymex, donc les Saoudiens veulent que le prix de baril soit élevé pour l’évaluation financière de leur compagnie. Si le prix de baril est à 80 dollars, les prix des actions qui vont émettre dans la bourse de New York vont être élevés, et cela est pour l’intérêt des Saoudiens, figurez vous que cela est un enjeu très important pour la hausse des prix de l’or noir », nous a-t-il fait savoir.
Ensuite, notre interlocuteur enchaîne avec d’autres enjeux qui ont contribué à cette hausse remarquable « la bonne entente entre les pays membres de l’OPEP et la Russie existe depuis toujours, avec l’affaire de la Syrie, les Russes maintiennent le cap, ils veulent renouveler et consolider encore plus leurs relations avec les pays producteurs. » En plus des intérêts des Saoudiens et la bonne relation de la Russie avec les pays membres de l’OPEP, Legheliel souligne que les acteurs de marché, eux aussi, fixent les prix du pétrole, c’est-à-dire à travers l’offre et la demande : « quand la tendance est à la hausse, ces acteurs achètent des contrats avec des positions long, parce que le marché pétrolier est un marché à terme. Ces acteurs de marché sont, en effet, de différentes identités qui génèrent deux blocs. Il y a les raffineurs, les grandes compagnies pétrolières, et les financiers qui représentent les banques d’affaires, les fonds des matières premières, les fonds mutuels, donc avec leur capital, ils influencent le prix que ce soit dans la hausse ou dans la baisse », a-t-il dit. Concernant les raisons politiques, Legheliel dira qu’ils n’ont rien à voir avec la hausse des prix du pétrole et chacun a ses opinions : « ce qui est écrit à Bloomberg doit être traité et vérifié sur le marché pétrolier puisque il s’agit de différents outils et paramètre qui entrent dans le jeu, et c’est très compliqué pour tirer les analyses. Pour moi, l’affaire d’Aramco Oil, les bons rapports de la Russie avec l’OPEP, les acteurs de marché pétroliers et les stocks américains ont largement contribué à la hausse des prix du pétrole.» Dans ce même contexte, cet expert souligne qu’: « en 2018 le prix du baril peut atteindre les 80 dollars, vu que la tendance est toujours stable tant qu’il y a des facteurs qui soutiennent ce raisonnement.» En outre, il a affirmé que « la hausse des prix de l’or noir peut aider l’économie algérienne qui dépend à 97% des hydrocarbures », ajoutant : « Sonatrach était la deuxième compagnie de pétrole au monde dans l’époque de Chakib Khelil. Pour connaître une bonne compagnie, c’est à travers les performances financières, les bilans, les résultats. »
Mohamed Wali