LES CANDIDATS AU BEM SERONT EXAMINÉS DANS 4 MATIÈRES PAR JOUR : Les syndicats dénoncent un calendrier chargé

Une fois fixé, le calendrier des examens de fin d’année ne fait pas l’unanimité parmi les syndicats qui dénoncent le fait qu’il soit «chargé», notamment pour le Brevet d’enseignement moyen (BEM) dont les élèves devront être examinés dans quatre matières au premier jour des épreuves. Ce calendrier a, par conséquent, relancé la polémique autour de la nécessité de supprimer certaines matières jugées «secondaires». Ceci étant, dans l’objectif d’atteindre une école de qualité tant promise par la ministre de l’Éducation Nouria Benghebrit.

C’est le cas du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef) qui juge ce calendrier «inacceptable», le qualifiant même de «criminel». «Je pense que c’est inacceptable de faire subir aux élèves 4 matières en une journée», nous a déclaré Boualem Amoura, secrétaire général du Satef, à cet effet.Tout en affirmant que les matières en question «font appel à la mémorisation», le syndicaliste a considéré ce calendrier comme étant «criminel vis-à-vis de ces enfants». «On ne peut pas parler d’une école de qualité avec de telles pratiques», a-t-il martelé, avant d’appeler à une refonte du système éducatif et de donner plus de valeurs aux matières scientifiques. En ce sens, le secrétaire général du Satef, a indiqué qu’«il est impératif de revoir les rythmes scolaires, tout en œuvrant à valoriser les matières scientifiques». «Les coefficients sont à revoir. Idem, pour les volumes horaires des sciences et de physique », a-t-il indiqué, tout en notant que ces deux matières ne sont pas valorisées. Accusant le ministère d’«encourager les matières littéraires», le SG du Satef a précisé que cette approche vise à «permettre aux élèves de décrocher de bonnes notes et pour dire que l’école algérienne a connu une évolution». Par conséquent, il a plaidé pour une «refonte radicale du système éducatif», en œuvrant à «réduire le nombre de matières à examiner». Mais pour ce faire, il faut «extraire l’idéologie de l’école», a précisé encore Amoura. C’est le même constat révélé par Meziane Meriane, coordinateur du Snapest (Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) qui a appelé à spécialiser les élèves avant d’arriver au lycée. Selon lui, en arrivant au lycée, les élèves ont des difficultés dans les matières scientifiques et les langues étrangères ce qui les confronte à des difficultés d’apprentissage. Autrement, «l’élève doit s’orienter davantage vers les matières essentielles». Abordant le calendrier des examens, Meriane a noté que le «problème réside dans le nombre de matières à examiner». Ainsi, le syndicaliste a précisé que «l’examen doit porter uniquement sur ces matières essentielles, telles que l’arabe, les langues, sciences et physique».
Autrement, le coordinateur du Snapest a appelé à la suppression des matières secondaires dans les examens de fin de cycle. «Plus de 70% des élèves réussissent au bac grâce aux matières secondaires et non pas aux matières essentielles», a-t-il argumenté en appelant à une «réforme globale», qui valoriserait les matières essentielles. Pour rappel, les épreuves du BEM se dérouleront en trois jours du 9 au 11 juin 2019. Les épreuves inscrites au premier jour du BEM sont la langue arabe (8h30-10h30), les sciences physiques et technologie (11h-12h30), l’éducation islamique (14h30-15h30) et l’éducation civique (16h-17h). Le deuxième jour du BEM sera consacré aux mathématiques (8h30-10h30), la langue anglaise (11h-12h30) et l’histoire-géographie (14h30-16h).
Concernant le troisième jour, les épreuves porteront sur la langue française (8h30-10h30), les sciences naturelles et de la vie (11h-12h30) ainsi que la langue amazigh (14h30-16h).
Lamia Boufassa