Moutons

LES ALGÉRIENS SERONT SOUMIS À DES MESURES SANITAIRES STRICTES DURANT L’AID EL ADHA : L’abattage rituel maintenu

Beaucoup a été dit et redit sur le sort qu’il conviendrait de réserver à la fête de l’Aïd EL-Adha de cette année dans un contexte de pandémie qui sévit en notre pays. Désormais, le doute est levé sur cette question lancinante qui a suscité une vive polémique parmi les Algériens qui, à juste titre, s’interrogeaient s’ils devraient, en ces temps de crise sanitaire, surseoir à l’abattage rituel du mouton, comme tradition d’Essence musulmane.

Ainsi, la Commission nationale de la fatwa, qui s’est réunie hier, a déclaré le maintien de la pratique du sacrifice. Toutefois, les Algériens devront, au cours de l’opération, suivre des règles sanitaires strictes pour éviter une flambée des contaminations au Covid-19. Dans son communiqué sanctionnant les travaux de cette rencontre, la Commission s’est dite avoir pris acte des questionnements soulevés par les Algériens autour de la fête de l’Aïd El -Adha, à l’instar d’ailleurs de toute la communauté musulmane à travers le monde entier.
Auparavant, le conseil religieux et avant d’en décider, a entendu les recommandations du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la situation de la pandémie. Ce dernier, par voix de l’un de ses membres, Bekkat Berkani, a attiré l’attention de la Commission de la fatwa sur les « conséquences périlleuses » qui pourrait découler de la multiplication des contacts humains si jamais les citoyens baissent la garde comme phénomène observé à tous les coins de rues. C’est ce qui a poussé justement ladite commission à établir une batterie de mesures susceptibles d’éviter le risque de propagation du virus Covid-19. En tant qu’autorité religieuse en effet, elle ne pourrait que recommander, car pour ce qui est des décisions à suivre, celles-ci reviendront aux autorités publiques. Il s’agit, somme toute, des mesures décrétées pour la fête de l’Aïd El-Fitr. Autrement dit, éviter les visites familiales, les rassemblements publics, les cimetières ainsi que le respect strict des mesures barrières en cours. Concernant l’opération d’abattage rituel du mouton en elle-même, le conseil religieux appelle à la nécessité de s’astreindre aux mesures d’hygiène sanitaires. C’est-à-dire, et en clair, restreindre au maximum le nombre de personnes autour de la bête du sacrifice, la stérilisation des outils d’abattage…Reste à s’interroger maintenant si les Algériens pourraient se permettre et à quel prix, encore le mouton de l’Aïd El-Adha, en cette conjoncture d’amenuisement du pouvoir d’achat couplée à une conjoncture sanitaire qui recommande vigilance et maintien de la garde.
Farid Guellil