Vote élections

Les Algériens appelés, aujourd’hui, à choisir les élus de l’APN : L’heure de vérité a sonné !

C’est aujourd’hui que tout va se jouer dans l’isoloir, puis dans l’urne, pour élire les nouveaux députés qui siègeront, durant les cinq prochaines années, à l’Assemblée populaire nationale (APN).

Après une campagne électorale, durant laquelle l’ensemble des candidats et les poids lourds de la scène politique ont, tous, fait preuve d’optimisme, quant à l’issue des urnes, chacun en sa faveur, c’est ce soir qu’ils seront fixés sur les résultats, outre sur la hantise de l’abstention qui n’a cessé de susciter l’appréhension de tout le monde. Si, tout au long de la campagne électorale, les candidats indépendants et des partis politiques n’ont pas été à la hauteur dans leur discours relatif à leur programme électoral respectif, axé essentiellement sur des slogans, l’impact de leur appel à l’adresse des électeurs leur demandant d’aller voter massivement, se mesurera, tout au long du déroulement, aujourd’hui, de l’opération de vote.
L’abstention qui caractérise particulièrement le scrutin législatif, à l’inverse des scrutins, présidentiel et local, pour lesquels l’électeur manifeste un intérêt particulier, ayant été la hantise de la majorité, se maintiendra-t-elle à son niveau enregistré au scrutin législatif précédent, lequel a connu, pour rappel, un taux de participation de 43,14%, en mai 2012, ou en sera-t-il autrement, en réponse aux appels incessants de part et d’autre à se rendre massivement aux urnes ? C’est au fil du déroulement, aujourd’hui, de l’opération de vote et à travers, notamment, les annonces des résultats partiels, tout au long de cette journée, par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, que la tendance sur le taux de participation se dégagera pour que, en soirée, tout le monde sera fixé sur la hantise de l’abstention. Ayant été la question centrale dans la mobilisation électorale, car étant l’enjeu principal de ce scrutin, les QG des formations politiques seront tout au long de cette journée sur le qui-vive, sur le résultat des gagnants et aussi sur le taux de participation, pour être fixés sur la crédibilité de la future Assemblée des parlementaires, qui se dessine présentement. Appelant les électeurs à se rendre massivement aux urnes, le président de la République a, dans son message à la Nation, samedi dernier, appelé les Algériens à voter en masse, tout en assurant que leur choix sera respecté, qualifiant d’«important rendez-vous politique» le scrutin qui se déroule aujourd’hui. Pour le chef de l’État, la participation des électeurs, à ce scrutin, sera la contribution personnelle de tout électeur «à la stabilité du pays, à la progression de la démocratie, dont chacun est la source, et au développement de notre Patrie, l’Algérie, a-t-il déclaré, à laquelle, poursuit le premier magistrat du pays, «nul parmi nous n’a de Patrie de rechange».
De son côté, le Conseil de la Nation a estimé, mardi dernier, que ce scrutin est «une opportunité» pour le peuple algérien d’avancer sur la voie démocratique, avec «sérénité et confiance», a-t-il souligné. Pendant trois semaines, les responsables des différentes formations et les candidats indépendants ont sillonné les différentes régions du pays, à la recherche de voix nécessaires, outre de convaincre les électeurs de se rendre aux urnes, pour dépasser le taux d’abstention enregistré au scrutin législatif précédent. «Allez voter» pour le changement, pour la stabilité, pour un futur meilleur était, en substance, le point central des discours des candidats à l’adresse de plus de 23 millions d’électeurs.
En somme, pour les partis politiques, l’heure de vérité a enfin sonné et chacun saura, ce soir à l’issue de ce scrutin, son véritable poids sur l’échiquier politique national, comme le seront, tous, sur ce qui les a le plus préoccupés, la question de l’abstention. Rappelons que, lors des dernières législatives, il a été question de 21 645 84 d’électeurs inscrits, d’un taux de participation de 43,14%, de 7 634 979 de suffrages exprimés, de 1 704 047 de bulletins nuls et de 9 339 026 d’électeurs votants.
Karima Bennour

Appels au vote pour contrer l’abstention

Le SG du RND, Ahmed Ouyahia, à partir de Tissemssilt, plaide en faveur du vote, en expliquant les raisons qui «obligent» les électeurs à s’exprimer le jour du scrutin, aujourd’hui, en appelant les électeurs et électrices à «se rendre en masse aux urnes» pour servir le pays, préserver sa sécurité, sa stabilité et renforcer l’unité nationale.
Le PS du FFS, Abdelmalek Bouchafa, s’exprimant à partir de Constantine sur le scrutin législatif, a déclaré que «l’abstention nous mènera vers l’inconnu», a-t-il averti dans une conférence de presse qu’il a animée à la wilaya du l’Est du pays.
Le président du RCD, Mohcine Belabbas, a appelé les électeurs, à partir d’Alger, à aller voter, déclarant que, «plus que jamais, les jeunes doivent s’impliquer dans la vie politique» et contribuer, a-t-il poursuivi, «au changement dans le pays», avant de conclure que «cela commence par la participation au scrutin du 4 mai prochain (aujourd’hui, ndlr).
Le patron du FLN, Djamel Ouled-Abbès, de son côté, a appelé les électeurs, à partir d’Alger, à se rendre massivement aux urnes, considérant que «le destin de l’Algérie est lié aux élections législatives du 4 mai», a déclaré le secrétaire général de l’ex-parti unique.
Abdelmadjid Menasra, leader en candidat de l’Alliance MSP, a, dans une de ses sorties dans la Capitale, dans le cadre de la campagne électorale,  appelé les électeurs à aller voter, en s’interrogeant «est-ce que la solution est dans le fait de rester chez-soi et de refuser de voter ? Assister en spectateur et garder le silence constituent-ils des solutions ? L’abstention peut elle changer les choses? Comment faire pour transformer ce refus, cette colère et cette protestation en acte électoral, mais pas en anarchie ou en violence porteuse de destruction ?», s’est-il interrogé.
Le président du MPA, Amara Benyounès, lui, a été jusqu’à déclarer «le vote devrait être obligatoire» pour en finir avec la hantise de l’abstention, déclarant qu’«une forte participation au scrutin du 4 mai signifiera la réussite du rendez-vous électoral». Et, au responsable politique, d’ajouter que ce succès «donnera forcément davantage de légitimité et de crédibilité aux Institutions élues et au Gouvernement». À partir de Bouira, il a lancé son appel pour un vote massif en déclarant : «Allez en masse aux urnes, le 4 mai prochain, pour participer à la prise de décision», car, a-t-il poursuivi, «le boycott, ou un très faible taux de participation, conduira le pays à une impasse», a prévenu le chef du MPA.

K. B.