Legislatives

Législatives-2017 : Ambiance morose à J-7 du lancement de la campagne électorale

À J-7 du début de la campagne électorale pour les législatives du 4 mai prochain, l’opération d’installation des panneaux d’affichage des listes des candidatures pour ce scrutin bat son plein. Ces supports ont fait leur apparition, il y a quelques jours, changeant du coup le décor de nos villes. Les communes ont mobilisé leurs travailleurs pour les implanter sur les sites qui leur sont réservés. Si les préparatifs pour la campagne électorale vont bon train, le citoyen, quant à lui, semble avoir la tête ailleurs. Il y a une espèce d’indifférence des électeurs vis-à-vis de ce rendez-vous électoral. D’où le sentiment d’un fort taux d’abstention appréhendé par l’ensemble des partis politiques, ainsi que l’administration. À Alger, les panneaux sur lesquels devront être placardées les listes des partis politiques, ainsi que celles des indépendants en lice pour les législatives prochaines, pullulent et changent le décor de la Capitale. En attendant le lancement officiel de la campagne du scrutin du 4 mai prochain, ces panneaux constituent une tribune idéale pour le citoyen, qui n’hésite pas à porter ses propres messages en lieu et place des listes électorales. Des graffitis et autres inscriptions, d’une certaine teneur politique, ont été largement commentés sur les réseaux sociaux.
Certains sont allés plus loin, en accrochant des sacs poubelles sur ces supports. Une manière, pour eux, de tourner le dos à ces élections. Face à ce climat de morosité, la classe politique et l’administration peinent à trouver un discours accrocheur. Dans leurs sorties sur le terrain, le discours des partis d’opposition et celui des partis de la majorité tourne autour de deux principales questions. Changement de régime pour les uns et préservation de la stabilité du pays pour les autres. Les premiers tentent de justifier leur participation à ces élections par le souci de faire barrage aux partis de la majorité et imposer un changement pacifique du régime, alors que les partis politiques qui gravitent autour du pouvoir brandissent la menace d’une instabilité qui guette le pays.
Les uns appellent les électeurs à voter massivement le 4 mai prochain pour imposer une transition pacifique et démocratique, les autres les appellent pour s’acquitter de leur devoir électoral afin de déjouer les plans de ceux qu’ils appellent les «ennemis» de l’Algérie. Un discours que les électeurs ne semblent ne pas pour autant capter. À Alger où ailleurs, l’atmosphère perceptible est la même. Les citoyens vaquent à leurs occupations, évitant de se mettre au «mode élections législatives». D’aucuns estiment que les prochaines élections pour le renouvellement de la chambre basse du Parlement n’apporteront aucun changement au quotidien du citoyen. Pour Mohamed, un jeune habitant le quartier de Bab El-Oued à Alger, la nouvelle composante de l’Assemblée ressemblera à sa précédente.
Le même avis est partagé par plusieurs habitants de la Capitale, à l’instar de Ami Saïd, détenteur d’une librairie à la rue Khelifa-Boukhalfa, à Alger-Centre, qui voit dans le futur Parlement une copie conforme de l’ancienne Assemblée populaire nationale. Si certains n’ont pas caché leur pessimisme, quant à l’issue de ce scrutin législatif, d’autres, en revanche, voient une occasion pour en finir avec un système «à bout de souffle». En attendant le 4 mai prochain, les partis politiques sont appelés à faire la gymnastique pour convaincre un électorat lassé par des promesses sans lendemain. Il convient d’observer que l’abstention demeure le véritable adversaire de la classe politique et de l’administration. Les pouvoirs publics ont, d’ores est déjà, mobilisé de grands moyens humains et matériels pour renverser la tendance et convaincre l’électeur de la nécessité de l’accomplissement du devoir électoral.
Hacène Nait Amara