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Le sort a mis sur sa route le champion en titre, le Maroc : EN des «locaux» et CHAN 2020, être ou ne pas être

Quel statut pour nos «locaux» ? A eux de rendre la meilleure copie possible. Rendre tout simplement la bonne réponse et de convaincre l’opinion. Une opportunité leur est offerte, entre le mois d’août et septembre, de nous fixer sur leur niveau en allant défier le champion marocain dans un duel fratricide, un derby maghrébin à passions, où ils jouent gros. Leur réputation. D’abord et avant tout.

Le temps de…
Retour aux veillées d’armes. Avec, pour sujet, ces joutes oratoires n’en finissant pas et remettant sans cesse, dans l’impossibilité (souvent pour des motifs sans relation avec le sport, suivez notre regard) sur le tapis un vieux «contentieux» à chaque fois qu’un entraîneur national établit ou rend public sa liste à l’approche d’une sortie internationale. Sérieux (ou curieux, c’est selon) dilemme et l’impression que les saisons passent et se ressemblent. Quoi donc de mieux que le CHAN qui s’impose au détour d’un tirage au sort peu clément et à la limite du défavorable, pour raviver les «tensions» entre deux thèses toujours aussi difficiles de convaincre. Le temps de s’affirmer et de répondre à leurs détracteurs ou donner raison à leurs défenseurs. C’est la lourde mission dont héritent nos «locaux» en allant défier le champion d’Afrique en titre (CHAN bien sûr), le Maroc, dans un derby maghrébin n’offrant qu’une seule chance sur deux manches décisives s’ils veulent inverser la tendance intra-muros et mettre un terme à des préjugés tenaces que le niveau affligeant de notre championnat soutient au fil de joutes non moins peu agréables à voir. Une réhabilitation qui passe par une qualification à la prochaine édition dans sa version éthiopienne. Autant dire que ce ne sera pas du gâteau ou du pain béni face à un voisin appelé à sortir le grand jeu pour défendre son récent acquis. Le temps de dire. Ne pas se rater. Sous la forme (ce que nous souhaitons vivement) d’une réponse ferme (une qualification, et seule la qualification, avec l’art et la manière si possible, pour lever les doutes et les équivoques, et recentrer le débat sur d’autres priorités, les vraies) est attendue (ce ne sera pas si simple) dès ces retrouvailles problématiques (on aurait souhaité un autre client pour une entrée en matière de tous les risques) algéro-marocaines pour le compte des éliminatoires de la zone nord africaine de cette compétition (de bon niveau tout de même) appelée à gagner en galons. Où il ne s’agira, sous les yeux du sélectionneur national Djamel Belmadi qui ne veut pas entendre parler de cette dichotomie qui ne fait pas avancer les choses, de ne pas se rater sous peine d’une autre, longue période d’hibernation. Le match (on attend de connaître les dates de déroulement de la double confrontation avec la précision que le match retour aura lieu au Maroc, ce qui complique un peu plus les choses) de la dernière chance à quelques encablures de la CAN 2019 en Egypte ? On peut le croire.

Le match référence
Sûr même que les postulants à la sélection «A» devront se surpasser, sortir le grand jeu et ne pas se rater afin de convaincre et suivre l’exemple des Bounedjah, Atal et autres Belaili, Chita, Meziane qui se sont ouvert (en attendant de confirmer tout le bien que l’on pense d’eux cela va de soi), les éloges en prime, des portes restées jusque-là hermétiquement closes. Un match référence. Qui pèsera tellement lourd dans les choix du staff technique national qui se veut pragmatique en faisant appel aux meilleurs sans trop regarder sur la «provenance» même si, et logiquement, la balance penche plutôt du côté des joueurs évoluant sous d’autres cieux. Une concurrence qui se veut saine (Belmadi le crie haut et fort et ne cesse de rassurer sur ce point des plus délicats et se veut loin des polémiques en cours, alors que les sélectionnés estiment, en chœur depuis sa prise en mains des affaires, que les choses ont changé et que tout le monde a des chances réelles de bénéficier de ses faveurs en s’imposant par le seul travail et le talent) et qui met, momentanément et jusqu’à nouvel ordre (on en saura un peu plus à l’approche de la CAN égyptienne de juin prochain, à tout le moins les derniers jours précédant l’établissement de la fameuse liste finale des «23» appelés à faire un déplacement avec l’ambition affichée par le «Club Algérie» de jouer les premiers rôles et, pourquoi pas, se mêler aux favoris pour le sacre et ramener dans ses valises le trophée si précieux qui le fuit depuis près de trois décennies) entre parenthèses une grosse, stérile polémique dont on sait le grand perdant. Depuis le temps (on ne sait plus depuis quand, depuis peut-être la fameuse loi dite des Bahamas que le président de la Fifa, Infantino, se propose, et on doit drôlement se croiser les doigts du côté de la Faf, de remettre d’ailleurs aux placards, qui a permis à nombre de détenteurs de la double nationalité d’opter pour la sélection de leur pays d’origine) que le débat, jamais tranché et ce n’est pas demain la veille, perdure depuis des lustres et, naturellement, des «pour» et des «contre». Il s’agit, on l’aura deviné des veillées d’armes (rarement dénuées d’arrière-pensées et sentant pour beaucoup l’esprit de revanche, au goût amer de jalousie) interminables opposant les «défenseurs» (quel crédit faut-il encore leur accorder dès lors que leurs auteurs manquent, à tort ou à raison, trop souvent que de raison, de discernement en cédant carrément à la diatribe) du produit local dont il n’est pas ici question de contester la qualité intrinsèque ni de remettre en question la valeur d’un réservoir en talents (et encore, car on demande désormais à voir ou confirmation) qu’on dit tellement «riche», et les tenants du «tout professionnel».

Le CHAN après … la CAN ou le temps de rêver
Pour rappeler un peu tout le monde à la dure réalité que rares sont les noms animant nos si ennuyeuses journées de championnat «pro» (sic et re-sic !) dans ses deux niveaux méritant vraiment un statut galvaudé un peu n’importe comment, peinés, comme toujours, de devoir compter sur les doigts d’une seule main les joueurs évoluant intra-muros capables de relever le défi à l’international (combien sont-ils au juste à franchir les frontières à l’abord de chaque saison et aller monnayer leur talent ailleurs ?) et, dans la foulée, donner raison à leurs mentors (disons défenseurs pour ne pas glisser sémantiquement et s’attirer les foudres de pseudo- consultants passés maîtres dans l’art inégalé de la vindicte et des procès en sorcellerie) qui mettent en doute l’apport (plus que certain, très déterminant même) de ceux qu’ils appellent les binationaux, certains allant jusqu’à même leur dénier la nationalité d’Algériens. On fait long (on sait et on assume) certes mais le problème est là, les pourfendeurs du produit venu d’ailleurs (dans tous les sens du mot et il a servi, du moins depuis 2008 et l’arrivée de la précieuse génération des Ziani, Yahia, Bougherra et autres, dont les services rendus sont ne se comptent plus et restent difficilement quantifiables, à redorer le blason d’un football algérien surpris plus souvent que de raison en flagrant délit de bricolage, en sacrifiant, sur l’autel de la bêtise et de la mauvaise gestion, ses talents les plus prometteurs passant, faute de suivi, finalement à la trappe avant de céder à la logique d’une régression inévitable) sortant, avant chaque étape importante (bientôt la CAN 2019 en Egypte qui n’échappera pas à la règle) leur attirail et fonçant dans les brancards sous prétexte de dénoncer l’«injustice» faite au joueur du cru. En septembre prochain, beaucoup d’eau et de salive auront déjà coulé et la messe biennale prévue en juin sur les bords du Nil aura rendu (et si les «Verts» s’en revenaient avec le si précieux et tellement désiré trophée ?) Son verdict, des débats (qu’on imagine houleux en cas de mauvais résultats et on sait à l’avance les noms des coupables destinés à la potence, nos si très avisés analystes et autres très «brillants» consultants sonnant comme à l’habitude la charge sans prendre de gants et n’épargnant personne) auront constitué le plus gros des temps d’antenne. On aura avancé pour autant ? Cela, et on y arrive, dépendra de notre produit typiquement «national» (avec la précision que, pour le CHAN, les pros évoluant ailleurs que dans les championnats locaux n’y sont pas admis) qui n’a pas droit à l’erreur et qui veut sortir la tête de l’eau dès la prochaine rentrée sportive.

Double …rappel
Doublement. D’abord en négociant favorablement la double confrontation (le match retour est prévu dans le royaume chérifien et ça devrait peser lourd en cas de petit résultat à Alger) face à un onze marocain dans ses meilleurs dispositions et sur-motivé par un challenge qui est celui de garder son bien arraché brillamment sur ses terres à l’occasion d’une phase finale où les nôtres ont brillé (sèchement rappelés à leur incapacité à s’inviter à de telles fêtes par des homologues souffrant libyens pourtant des pires maux sur le plan sécuritaire, le pays faisant face à une meurtrière et désastreuse guerre civile mais qui leur barrera la route pour la seconde fois de suite, les Algériens, préférant, devant le même adversaire, pour des raisons de sécurité, se retirer, une édition auparavant, des qualifications et perdant ainsi leur ticket sur tapis vert) par leur absence. Ensuite, et sûrement pas enfin (on pourra trouver d’autres raisons de disserter sur le sujet) et en cas de qualification (la mission s’avère d’ores et déjà difficile, l’écueil qui s’offre à eux est considéré comme un poids lourd) nous rappeler aux bons souvenirs de Soudan 2011(2), là où justement les «Fennecs», menés par une armada de «pros» au sommet de leur art, s’en iront deux ans plus tôt, dans un stade d’Oum Dourmane totalement acquis à leur cause, renverser des «pharaons» un peu trop suffisants, à la limite de la fanfaronnade, dans un match barrage qualificatif pour le Mondial 2010 en Afrique du Sud, entré dans l’histoire. Est-on en droit de leur demander carrément le titre en Ethiopie? Si le billet pour Addis-Abeba est loin d’être acquis à l’avance (l’adversaire marocain n’est pas tombé de la dernière pluie et a pour avantage d’être, ni plus ni moins, que le champion sortant), s’attendre à un tel exploit (à l’impossible seront-ils tenus nos «Verts» ?) pour déplaire à l’opinion qui sait que l’ascension pour ce genre de montagne (le continent, avec son immense réservoir en talents, reste intarissable et la concurrence plus qu’impitoyable) sera des plus dures. Que seuls les mieux préparés et les plus performants auront droit de cité. Deux fois donc plutôt qu’une, le produit dit local sera, en septembre prochain, à un tournant décisif pour remonter la pente et montrer qu’il mérite la confiance d’un Belmadi définitivement fâché (on adhère) avec ceux qui, pour bien des raisons (rarement objectives, pour certaines sentant même les règlements de comptes) nourrissent la dichotomie joueurs du cru- joueurs évoluant à l’étranger (surtout les binationaux, régulièrement, malheureusement, peu acceptés par des revanchards criant au loup et se trompant de débats) et assénant qu’il n’y a qu’une seule Equipe Nationale comptant les joueurs (çà a le mérite d’être clairs comme propos) les plus performants. Sans casquette aucune sinon (l’exemple tellement frais du Qatar qui vient d’écraser la récente Coupe d’Asie en s’imposant au final avec brio et avec une majorité de joueurs naturalisés) que la nationalité algérienne (et les qualités bien évidemment) comptera, seule, à l’heure des grands choix engageant le prestige d’un football algérien qui a besoin de tous ses enfants. Grand besoin de sérénité. En attendant, on espère de tout cœur qu’il ne s’agira pas d’un retour à la case départ…

Azzouaou Aghilas