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LE SECTEUR DE L’ÉDUCATION EN ÉBULLITION : Quel plan pour sauver le reste de l’année scolaire?

Alors que le troisième trimestre de l’année scolaire 2021/2022 vient d’être fraichement entamé, l’atmosphère qui règne dans le secteur laisse présager une situation de perturbation imminente. En effet, plusieurs syndicats de l’éducation ont exprimé leur mécontentement de ne pas voir la situation socioprofessionnelle des travailleurs s’améliorer, mais surtout de leur déception des augmentations de salaires impliquées par la baisse de l’IRG et de la révision du point indiciaire, qui sont considérées loin d’être à la hauteur des attentes. Face, en effet, à l’érosion du pouvoir d’achat des fonctionnaires que les autorités n’arrivent pas à résoudre, ainsi que le non règlement du dossier des statuts particuliers qui traîne depuis des mois, la colère est en train de monter chez les syndicats qui semblent perdre patience en appelant à la mobilisation de l’ensemble des travailleurs à d’éventuelles actions de contestations. C’est le cas du Conseil des lycées d’Algérie d’appeler les autres formations syndicales de faire front commun et de se préparer à des mouvements communs pour réclamer une prise en charge sérieuse des doléances des travailleurs. Le syndicat qui a rendu public un communiqué au lendemain de l’annonce de la nouvelle grille indiciaire des salaires, s’est dit déçu de constater que les augmentations impliquées pas cette démarche soient insignifiantes et ne répondent pas aux aspirations des fonctionnaires notamment ceux du secteur de l’Éducation. Selon le Cla, ces hausses de salaire ne préservent pas la dignité des fonctionnaires et ne pourront pas contribuer à l’amélioration de leur pouvoir d’achat tel que voulu. De ce qui est de la révision des statuts particuliers, le syndicat a qualifié de contradictoire la démarche du MEN d’ouvrir ce dossier au moment ou il a été décidé de la révision du statut général de la Fonction publique qui représente une référence pour toute modification des statuts des différents secteurs. Dans ce sens, le CLA a mis en garde le MEN de la politique de fuite en avant et de vouloir gagner du temps au détriment de la situation des travailleurs qui se dégrade d’avantage. Dans une déclaration faite hier, l’intersyndicale de l’éducation qui compte pas moins de 10 syndicats a interpellé le président de la République à intervenir et donner des instructions pour la révision de la grille des salaires des travailleurs de l’éducation. La coordination a appelé les autorités à assumer leur responsabilité face à une imminente explosion du front social en raison de la chute libre du pouvoir d’achat. D’autre part, l’intersyndicale de l’éducation a tenu à alerter sur l’avenir incertain de la ressource humaine dans le secteur, soulignant que la continuité des prestations dans les écoles est aujourd’hui menacée en raison de la baisse des salaires d’une part et l’incapacité des responsables du secteur à trouver les solutions aux nombreux problèmes auxquels font face les travailleurs. Il faut souligner que si pour le moment l’appel à une grève générale n’est officiellement pas encore lancé, mais il est sur en tout cas que le département d’Abdelhakim Belabed doit anticiper et agir vite afin de désamorcer la crise dans le secteur qui risque de prendre une autre dimension. Seuls la concertation et le dialogue sérieux qui aboutissent à des engagements des deux parties, sont en mesure de permettre aux élèves de poursuivre leur année scolaire dans le calme et loin des perturbations. D’autant que le bilan des deux premiers trimestres n’est pas reluisant, que ce soit pour les résultats obtenu par les élèves que pour l’avancement des programmes déjà chamboulés par la pandémie du Covid-19.
Tout cela pour dire que les tensions et les bras de fer dans le secteur ne feront qu’aggraver la situation, et pénaliseront d’avantage les élèves notamment ceux en classes d’examens de fin de cycle. La tutelle est appelée plus que jamais à intervenir et à assumer ses responsabilités que ce soit envers les fonctionnaires du secteur que pour les élèves pour sauver ce qui reste de l’année scolaire.
Ania Nch