Hanoune

Le revers électoral et les graves accusations de Hanoune : Feu sur le quartier général

Dépitée et rendue furieuse par le score médiocre de sa formation politique, qui a perdu la moitié de ses sièges, par rapport au scrutin législatif de 2012, Louisa Hanoune, secrétaire général du Parti des travailleurs, est montée au créneau pour porter de très graves accusations sur, non seulement le déroulement du scrutin, les buts cachés de ceux qui, selon elle, tirent les ficelles au sein même du Gouvernement et en dehors. Elle accuse ces éminences grises, dans l’ombre qu’elle refuse d’identifier, de préparer, ni plus ni moins, avec la complicité des partis politiques, grands vainqueurs de l’élection législative -le FLN et le RND- d’un putsch contre le président Bouteflika, pour conforter «la prédation et le contrôle du pays par une minorité». Louisa Hanoune, qui a fait ces déclarations sur le site électronique TSA, affirme péremptoire qu’un scénario à la brésilienne et à la vénézué- lienne risque d’avoir lieu pour la mise à l’écart du pré- sident Bouteflika. En réponse à la question de la journaliste qui lui suggère si l’on va aller jusqu’à l’application des dispositions constitutionnelles pour déposer le chef de l’État, la pasionaria du PT s’emballe et parle tour-à- tour, tout au long de l’entretien, de putsch, de coup d’État et de coup de force. Elle s’en prend, particulièrement, au FLN, et à ceux qui, d’après elle, auraient «préparé une carte politique sur la base de l’allégeance ou d’accords politiques. C’est une vengeance qui traduit une haine extraordinaire à l’égard du PT», a notamment déclaré Hanoune. Ainsi, elle ne craint pas d’affirmer que son Parti a été spolié de sa victoire, et serait arrivé en tête à travers nombre de wilayas. Elle a en outre appelé à l’annulation des élections législatives, en raison de la fraude massive et du bourrage des urnes, citant «plusieurs cas de fraude en faveur du FLN», notamment à Oran, El-Oued et Tipasa. Tout en dédouanant le ministre de l’Intérieur Noureddine Bedoui, elle accuse, pour justifier son revers électoral, nommément des chefs de daïra et des walis qui auraient intimé l’ordre de voter FLN, pour avoir constaté que le PT dépassait ses concurrents à travers le pays. Elle insiste à plusieurs reprises sur le grave danger qui menacerait l’Algérie et estime que «pour la sauvegarde de ce pays, cette Assemblée ne doit pas sié- ger», a-t-elle affirmé. «Il y a des relents putschistes dans cette Assemblée. J’ai l’impression qu’on est en train de préparer un véritable putsch qui, comme au Brésil, passerait par l’Assemblée». «Je pense que, si l’on ne stoppe pas ce processus, il va avaler ce pays», a-t-elle ajouté, estimant que c’est «une guerre de la minorité prédatrice contre la majorité du peuple». Louisa Hanoune qui estime, par ailleurs, que le «système n’a plus de souffle, qu’il est fini et mort» ne craint pas de parler de «haute trahison et d’atteinte à la sécurité nationale», et dit craindre, par contre, un risque d’explosion. «Tous les ingrédients de l’émeute et de l’explosion sont réunis». Elle n’écarte pas la possibilité de manifester dans les rues à la suite de ces élections législatives. «Il y a d’autres moyens de lutte, beaucoup plus efficaces. Il y a les manifestations, les marches. Tenez, cela fait longtemps que je n’ai pas manifesté, moi, ça me manque», a-t-elle dit, retrouvant ses accents de grande exaltée. «Je suis déjà sortie en étant députée, et l’on m’a tabassée en 2000 et 2003 pour la Palestine et l’Irak. L’Algérie vaut bien quelques coups, non ? Même un passage à tabac, ce n’est pas un problè- me», a affirmé la secrétaire générale du PT, ajoutant que, «quand il s’agit de l’existence de notre pays, on n’a peur de rien». Au-delà de sa vive réaction et des preuves qu’elle dit détenir pour ce qui est de la fraude, l’on se perd en conjecture sur les messages qu’elle veut faire passer. D’autant qu’elle implique le chef de l’État qui serait menacé dans sa fonction par une «camarilla de l’ombre», et qu’elle n’épargne ni l’administration, ni les corps constitués ni même le chef de la délégation des observateurs de la Ligue arabe.

M. Bendib