SNATEGS grève

Le pourrissement couve au sein du groupe : Les grévistes de Sonelgaz sanctionnés

La réaction de la direction de Sonelgaz, quant aux grèves des travailleurs, ne s’est pas faite attendre. En effet, des poursuites judicaires, des ponctions sur salaires, des suspensions et des avertissements…l’administration de l’entreprise publique semble recourir à ces moyens de pression pour dissuader les contestataires dans leur détermination. Alors que le Syndicat national des travailleurs d’électricité et de gaz (SNATEGS), devra entamer, dés le 21 Mai prochain, son quatrième débrayage, qui s’étalera cette fois-ci sur cinq jours, le torchon semble brûler entre les travailleurs et les directions régionales du groupe. Ainsi, les grévistes ont été sanctionnés à travers 18 wilayas du pays, croit-on savoir auprès des responsables de ce syndicat autonome. Selon les informations fournies par le secrétaire général du SNATEGS, Abdelkader Kouafi, «les directions régionales de Sonelgaz ont procédé à la notification de décisions de mise à pied à pas moins de 92 délégués syndicaux, ainsi que des poursuites judicaires à l’encontre de plus de 700 travailleurs, entre délégués et grévistes, à travers le territoire national, sans oublier les ponctions sur les salaires des grévistes». Face à ces pratiques, le syndicaliste a affirmé que «la politique de fuite en avant engagée par la direction mène au pourrissement», même si, signale-il, «le Syndicat reste ouvert au dialogue». Ainsi, il expliquera que ces «intimidations» ne vont guère dissuader les travailleurs à lutter pour leurs droits, surtout que les trois grèves baptisées «Grèves de la dignité», ont été largement suivies. Pour ce qui est du débrayage annoncé pour le 21 jusqu’au 25 mai prochains, Abdelkader Kouafi a précisé que «c’est une décision qui a été adoptée à l’unanimité par le Bureau national du SNATEGS et entérinée, samedi dernier, par le Conseil national». La grève nommée «Dignité 4» sera accompagnée par des sit-in devant toutes les directions régionales du groupe. «Le mouvement de protestation ira plus loin», prévient le SG du SNATEGS, qui annonce en sus, un rassemblement national, dont la date et le lieu seront communiqués dans les jours à venir. Il dira, au sujet de ces multiples actions de protestation, que «c’est une réponse à la campagne de répression menée par les directeurs (Sonelgaz, ndlr)». Cependant, le syndicaliste déplore «la tournure qu’ait pris le mouvement de protestation au sein du groupe». En effet, il fait part de son inquiétude de voir que ce qui semble à un statuquo mène au «pourrissement». Il convient de rappeler que les travailleurs de SONELGAZ ont organisé 9 jours de grèves, à savoir du 21 au 23 Mars, du 11 au 13 Avril et du 9 au 11 mai 2017. Ces débrayages étaient accompagnés par des rassemblements régionaux dans les wilayas de Béjaïa, Tizi-Ouzou, Alger et Oran. D’autres sit-in régionaux ont été organisés à Tébessa, Oum-El-Bouagui, Mila, et Sétif pour exiger la levée, sans conditions, «des sanctions et l’arrêt immédiat des intimidations et pressions exercées sur les travailleurs visant leur asservissement et leur humiliation». Outre le respect des libertés syndicales, les protestataires indiquent que le SNTAGS, affilié à la Confédération générale des travailleurs en Algérie, revendique, notamment, l’augmentation des salaires à 50%, la promotion automatique après 3 ans de travail, la fixation des primes de risques pour les travailleurs exécutifs et les agents de sécurité et des primes d’encouragement pour tous les travailleurs sans distinction. La plateforme contient au total 36 points. Le syndicat, créé en décembre 2013, réclame, aujourd’hui, une représentation ouvrière de 35 000 adhérents sur un nombre total de 68 000 salariés de la Sonelgaz.
Lamia Boufassa