Abdelaziz Benali Chérif

LE PORTE-PAROLE DU MAE, BENALI CHÉRIF : «L’Algérie ne peut, en aucun cas, accepter que la Libye continue de vivre dans l’instabilité»

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Chérif a réaffirmé, jeudi, que la solution à la crise libyenne ne peut être que politique. S’exprimant à la presse en marge des entretiens bilatéraux ayant réuni le ministre des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum et son homologue libyen, Mohamed Tahar Siala, en visite à Alger, jeudi dernier, avec le chef du gouvernement d’union nationale, Fayez Al-Serraj, le porte-parole du MAE, Benali Chérif a déclaré , en effet, que «l’Algérie ne peut, en aucun cas, accepter que la Libye continue de vivre dans l’instabilité qui a des retombées très dangereuses» non seulement, a-t-il poursuivi «sur la sécurité et la paix de la Libye, mais sur l’ensemble des pays voisins » a précisé, Benali Chérif.

Indiquant que la visite de M. Al-Serradj et de la délégation qui l’avait l’accompagné, à Alger, jeudi dernier, s’inscrivait dans le cadre des « consultations permanentes avec les frères libyens et avec l’ensemble des acteurs, au double plan international et régional» le porte-parole dira que celles-ci s’inscrivent «dans une tentative de dépasser la situation actuelle en Libye». Assurant, plus loin, que les efforts en cours : concertations et rencontres sur la crise libyenne, se poursuivent en vue d’aider les libyens à sortir de la crise et de la situation chaotique auxquelles le peuple libyen est confronté depuis plus de huit ans. Le porte-parole du MAE a affirmé que notre pays «est présent sur la scène libyenne et poursuivra les efforts en vue de parvenir à une solution» à même de garantir, a-t-il précisé « l’unité et la souveraineté du peuple libyen et assurer la sécurité et la stabilité dans ce pays et dans toute la région» a souligné, Benali Chérif. Le chef de l’État, AbdelkaderBensalah, a exprimé, jeudi à Alger, au  président du Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale (GNA) libyen, Faïz Al-Serradj, «la profonde inquiétude de l’Algérie quant aux développements de la situation en Libye», lors de d’une audience accordée à M. Al-Serradj. À cette occasion, Bensalah a fait état de «la profonde préoccupation  et inquiétude de l’Algérie concernant les développements de la situation en Libye, pays frère et voisin», en raison, précise un communiqué de la présidence, «des affrontements qui ont lieu et de leurs répercussions en termes de pertes humaines et matérielles, en plus du nombre conséquent de déplacés » indique-t-on. Alors que les appels à la cessation des hostilités et à la reprise du dialogue entre les acteurs libyens ont été lancés, dont ceux par Alger, dès l’éclatement des opérations de guerre entre les libyens, jeudi dernier, l’Algérie a déploré «la poursuite des affrontements malgré les différents appels pressants à l’arrêt des hostilités et à la reprise du dialogue en tant que solution politique incontournable à la crise libyenne». Encore une fois, Alger, a fait savoir, jeudi, que ses efforts, «sur le plan international, n’ont de cesse de viser à parvenir rapidement à l’arrêt des hostilités et à la reprise du processus politique avec la participation de l’ensemble des forces nationales libyennes». Le président de l’État a affirmé, à ce propos, que «la persistance de la situation actuelle serait susceptible d’approfondir davantage les divisions, d’aggraver les tensions politiques internes et d’alimenter, voire accroître les ingérences étrangères». il est à rappeler que le communiqué précité a fait savoir que la visite d’une journée d’Al- Sarradj, à Alger, jeudi dernier, s’inscrivait dans le cadre des relations de travail et de concertations ainsi que des relations d’amitié liant les deux pays frères et voisins, en l’occurrence, l’Algérie et la Libye.
Karima B.

KHALIFA HAFTAR LOUE LES SERVICES D’UNE FIRME DE LOBBYING US :
Signature d’un contrat de 2 millions de dollars

L’armée dirigée par Khalifa Haftar en Libye, vient de parapher un contrat de deux millions de dollars avec une firme de lobbying américaine, Linden Government Solutions, pour renforcer sa position auprès de l’administration américaine. Le contrat passé avec cette firme, basée à Houston (Texas), s’étend sur treize mois jusqu’au 16 juin 2020, selon le document consulté par l’APS sur le site du département américain de la Justice. Aux termes de ce contrat, Linden Government Solutions s’engage à assister cette armée, dirigée par Haftar, dans la planification des réunions avec les représentants de la communauté d’affaires aux États-Unis, ainsi qu’avec le gouvernement américain et les ONG en lui assurant également des services en conseil stratégique. Depuis l’assaut de Khalifa Haftar sur Tripoli, son armée et le gouvernement d’union nationale (GNA) se sont engagés dans une guerre de lobbying à Washington.
Début mai le GNA à signé un contrat annuel de deux millions de dollars avec une autre firme américaine, Mercury Public Affairs, pour faire pression sur le Congrès et l’administration Trump après l’appui manifesté par la Maison Blanche à Khalifa Haftar.
Le GNA trouvera certainement une oreille attentive auprès du Congrès où des élus démocrates et républicains ont fait part de leur préoccupation face à l’offensive lancée par khalifa Haftar contre Tripoli.Courtisé par les firmes de lobbying à Washington, le GNA n’a opté pour aucune d’entre elles depuis qu’il a mis fin, en 2016 au contrat le liant à Alexandria Group. Faiïz Al-Serraj envisageait, alors, de nommer un envoyé spécial pour les États-Unis. Selon des analystes à Washington, ce contrat coûteux est le signe que le GNA est profondément préoccupé par le rapprochement entre Haftar et la Maison Blanche. Le président Trump aurait donné son feu vert à Haftar pour prendre Tripoli, marquant un tournant décisif dans la position des États-Unis à l’égard de la crise en Libye.
R.I/APS