Abderrezak Makri
Abderrezak Makri

Le MSP se prépare au 7e congrès : Makri de plus en plus distant de l’opposition

Plus qu’une simple idée ou un changement de position, Abderrezak Makri, président du parti islamiste le MSP, y est allé même loin en renonçant jusqu’aux principes de base qui faisaient sa doctrine depuis son accession à la direction du Mouvement. Alors que le Mouvement de la société pour la paix (MSP) est en pleine préparation pour son septième congrès extraordinaire, prévu les 10, 11, 12 mai prochains, Makri se précipite et juge utile de revoir les cartes du parti sur l’échiquier politique. La formation fondée par feu Mahfoud Nahnah avait entamé déjà des consultations et des réunions régionales avec sa base en vue de préparer les résolutions et le programme politique à adopter. Mais, une vision claire semble encore plus loin au sein d’un parti qui fait face à une crise interne sans précédent. Un congrès qui portera également sur les grandes lignes de la vision du MSP pour les présidentielles de 2019. «En vue des prochaines élections 2019, notre premier rôle est de pousser encore vers le consensus. Le prochain gouvernement sortant même avec une bonne gouvernance et une maîtrise des affaires ne pourra pas faire face à la grogne sociale qui s’annonce en pleine ébullition. Nous sommes face à des mécontentements venant de plus de 14 syndicats», a déclaré Makri dans une conférence de presse, tenue hier. Pour le leader du MSP «Nous avons besoin au moins de cinq ans pour pouvoir sortir de la crise et réaliser un consensus national ». «Nous appelons à un consensus incluant tout le monde. Un gouvernement consensuel où tous les partis peuvent s’exprimer en une seule voix. Nous devrons y aller main dans la main pour préserver l’intérêt national. Nous estimons que les priorités d’alternance et de la démocratie peuvent attendre. Cela veut mieux qu’une catastrophe», a ajouté Makri. À relever dès lors des déclarations qui se contredisent avec la ligne politique qu’il s’est forgée lui-même depuis qu’il a été élu à la tête du MSP lors du cinquième congrès en 2014. Une volte-face qu’il admet d’ailleurs à demi-mot : « Nous sommes toujours dans le même esprit et la même entreprise. Nous sommes toujours fidèles à notre ligne depuis le cinquième congrès, où il était question d’exercer des pressions sur le pouvoir afin d’accepter la charte de réformes politiques et un dialogue entre toutes les composantes de la société», se défend Makri, qui souligne que son engagement dans l’opposition n’a pas réalisé les objectifs escomptés. Autrement, les différentes démarches de l’opposition n’ont pas abouti et se sont soldées par un échec. Sur ses ambitions de rester ou pas à la tête du parti, Makri souligne qu’«aucun candidat pour la présidence du MSP n’est connu pour le moment », rejetant également la lecture faite à ses récentes déclarations et sorties publiques et selon lesquelles, elles seraient une précampagne de promotion autour de lui. « Mes activités au sein du parti se font en sorte que président je suis chargé de continuer à gérer le parti », explique Makri, qui n’exclut pas de clarifier sa position, dés demain, ou plutôt dans les semaines à venir. Sur la volonté du parti islamiste El-Bina de rejoindre le MSP et une éventuelle contradiction dans sa stratégie politique, Makri a salué les pourparlers qui s’opèrent depuis des mois avec El-Bina, mais « il restera un long et profond dialogue à mener ». Makri a été contraint face aux insistantes interrogations des journalistes d’organiser un point de presse improvisé en marge de la conférence de la Commission du parti pour préparer le septième congrès. Ses différents avec l’ex-président Soltani ont accaparé la majeure partie des questions. Le président de la commission pour la préparation du septième congrès du MSP, AbouBakr Bengueduda, a affirmé que le climat interne au MSP est vif et non pas aigu comme certains le voient. Le prochain congrès se veut, selon lui, comme «une réelle alternative pour l’Algérie», en se basant sur deux principes : la sérénité et la démocratie et aussi le développement de parti pour être plus en avant-garde. Sur le prochain rendez- vous présidentiel il a affirmé que «le MSP ne rentrera pas comme un lapin». Il a annoncé dans ce fait une session extraordinaire du conseil consultatif ce vendredi pour préparer les résolutions des prochains congrès duquel le parti aspire sortir «plus fort et plus démocratique» à travers un programme politique qui dessinera les futurs objectifs de MSP. Il a nié toute intervention ou influence de Makri sur le travail de lacommission. «Nous voulons être un exemple dans la démocratie, mais on n’est pas des anges» et « les candidatures ne seront pas acceptées uniquement pour se porter candidat mais il faut un programme », souligne Bengueduda.

Hamid Mecheri