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LE MEURTRE RACISTE DE TROP ATTISE LA RÉVOLTE AUX ÉTATS-UNIS : Trump brandit le bâton !

Après la mort de George Floyd, mis à plat ventre par l’officier Derek Chauvin et qui l’a asphyxié avec son genou mis sur sa tête, à Minneapolis, la révolte contre le racisme persistant aux États-Unis par des milliers de citoyens américains, depuis lundi dernier, jour de la mort de Floyd, à travers les États-Unis, se propage, au-delà des frontières américaines, notamment à Londres et au Canada.

Depuis lors, les Américains occupent les rues de la majorité des États américains pour imposer la fin du racisme. Une mobilisation pacifique émaillée de scènes d’affrontements avec l’intervention musclée de la police, qui n’a pas épargné des journalistes dépêchés sur les lieux pour couvrir des évènements, que le pays n’a pas connu depuis la fin des années 60. Aux manifestations de milliers de citoyens et citoyennes américains, noirs et blancs, à travers les États-Unis, qui n’ont cessé de s’intensifier pour que plus jamais un Floyd ou d’autres avant lui comme le jeune Brown …, ni après lui ne soient la cible privilégiée, à cause de la couleur de leur peau, du système policier américain. Donald Trump, prononçant son discours dans la soirée de lundi à mardi derniers, s’est focalisé sur les scènes de pillage, de destruction de magasins et des feux déclenchés par des jeunes qui ont recours à la violence. Si dans de nombreux quartiers des villes américaines enflammées par la protestation citoyenne anti-raciste, ses résidents se sont organisés pour protéger leurs quartiers, ils affichent leur adhésion à ce mouvement qui s’est propagé à travers les États-Unis, et au-delà des frontières, depuis lundi dernier. Menaçant, dans son message aux Américains, de châtier « les fauteurs de troubles », le locataire de la Maison Blanche a été jusqu’à sommer les gouverneurs de faire appel à l’armée « pour occuper les rues », faisant abstraction des exigences de milliers d’Américains à travers le pays, à ce que le racisme soit banni de leur vie quotidienne. Lançant que « ce ne sont pas des manifestations pacifiques, ce sont des actes de terreur intérieure », le président américain menace en précisant que des mesures entrent en vigueur au moment où il tenait son discours, indiquant qu’il « avait fortement recommandé  aux gouverneurs  de déployer la Garde nationale en nombre suffisant » et ce, a-t-il poursuivi, «  pour que nous dominions les rues » a-t-il précisé. N’apportant aucune réponse aux attentes de millions d’Américains sur les raisons à l’origine de la persistance d’actes racistes dans ce pays, il s’est contenté de discourir sur les évènements en cours dans la majorité des villes américaines, que le pays n’a pas connus depuis 1968, par des réponses exclusivement sécuritaires, lesquelles ne peuvent régler les raisons qui ont poussé des milliers d’Américains à occuper les rues depuis lundi dernier.

Quand le Président US occulte délibérément le « racisme systématique »
Et c’est à moins de quatre mois de la tenue de l’élection présidentielle, le 3 novembre prochain, que le système politique américain est confronté à une situation inédite, depuis la fin des années 60, période marquée par la lutte des Noirs américains contre la ségrégation raciale, combat menée par Martin Luther King, Angelas Davis, Malcom X, Rosa Park, les Black Panthers et d’autres dont évidemment des Américains blancs, chacun selon la démarche adoptée, pour briser les chaînes de l’esclavagisme moderne. Confrontée déjà au recul de son rôle premier et exclusif sur la scène internationale, avec notamment la montée en puissance de l’économie de son principal rival, la Chine, son impact sur l’économie américaine a été moindre ces dernières années, et la pandémie du Covid-19 a précipité plus de 35 millions d’Américains dans le monde du chômage, en plus d’un système de santé public-privé incapable de mener ses missions, en raison d’un environnement où la finance et le mouvement des capitaux imposent leurs règles et sont exclusivement prioritaires dans la vie politico-économique Étatsunienne. Ainsi, aux États-Unis, perdre son emploi c’est perdre la possibilité d’avoir des soins de santé. Donald Trump, qui semble miser sur les scènes de pillages, dont les images ont fait le tour du monde, pour cacher ce qui anime, dans le fond, des milliers de citoyens et l’opinion américaine, dont des artistes dénonçant et pointant du doigt le « racisme systémique », car convaincus, que le respect de la propriété privée ne vaut pas plus que le respect de la vie humaine, notamment celles des Noirs. Et c’est sur ces questions qu’il sera sans nul doute attendu, lui et son rival d’ailleurs, Joe Biden, au rendez-vous de la présidentielle du 3 novembre prochain. Pour Joe Biden, l’ex- vice président de Barak Obama, le prédécesseur de Trump à la Maison Blanche, sera autant acculé par l’opinion américaine, au regard de l’absence d’avancées contre le racisme aux États-Unis.
Karima Bennour