Mokhtar Hasbellaoui

Le dialogue résidents-Hasbellaoui reprend aujourd’hui : Les prémices d’un dénouement

Mieux vaut tard que jamais ! Plus d’un mois après la rupture du dialogue, entre les médecins résidents, ayant entamé une grève illimitée depuis plus de quatre mois, et le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, voilà que les négociations reprennent de plus belles.

En effet, une rencontre a été programmée pour aujourd’hui avec le Camra (Collectif autonome des médecins résidents algériens). Bien qu’il est prématuré à présent de parler d’un quelconque déblocage de la situation, cette rencontre reste « décisive » au regard du retard accusé dans la formation et le boycott de la session de rattrapage du DEMS. Surtout que le spectre de l’année blanche se confirme de jour en jour. Les deux parties auront à discuter des dossiers qui fâchent, en l’occurrence, le service civil et le service militaire, en passant par l’amélioration des conditions de travail et de formation. Bien que les précédents rounds de pourparlers aient été voués à l’échec, il n’en demeure pas moins que les prémices d’un dénouement sont bel et bien visibles. En effet, il semblerait que le Camra qui a longtemps revendiqué la suppression du caractère obligatoire du service civil, veut lâcher du lest. Ainsi, dans une missive adressée, le 23 mars dernier, au ministre de la Santé, le Professeur Mokhtar Hasbellaoui, le Collectif a appelé celui-ci au dialogue tout en rappelant les principales revendications de ce corps médical. Contre toute attente, l’abrogation du caractère obligatoire du service civil n’a pas été évoqué par les résidents et n’est pas cité en tête des revendications. En ce sens, dans sa lettre, le Camra évoque en premier lieu la révision du statut du résident en sciences médicales, pour aborder ensuite la doléance des pharmaciens-biologistes qui réclament le droit d’ouverture des laboratoires polyvalents. La troisième revendication, citée dans la dite missive concerne l’ouverture des postes budgétaires pour les spécialistes concernés par le service civil. Pour ce qui est du fameux service civil, le Camra exige la révision du dispositif régissant «l’obligation du service civil par l’abrogation de la loi 84-10 à court, voire à moyen terme», et a décidé de rejeter la proposition du ministère de la Santé portant la suppression du service civil pour certaines spécialités, et ce, « par soucis d’assurer une couverture sanitaire équitable dans les zones enclavées ».
Néanmoins, le Camra qui aborde, pour la première fois, un délai (court et moyen terme) pour l’abrogation de la loi 84-10, réclame la prise en charge de certains points pour rendre le service civil plus « efficace ». Il s’agit d’assurer, premièrement, les plateaux techniques pour chaque spécialité. En second lieu, le Camra exige de revoir la durée du service civil qui doit être comprise entre 1 et 2 ans selon les zones, alors qu’il est actuellement de 4 ans au Nord, 2 ans aux Hauts-Plateaux et 1 an au Sud. Aussi, le Collectif préconise des mesures incitatives et financières et d’instaurer des primes de location pour palier à tout manque de logement de fonction décents, sans oublier le regroupement familial obligatoire. En ce qui concerne la commission d’affectation, de suivi, d’évaluation et des recours du service civil, le Camra note que « l’ensemble des résidents demandent la modification du décret régissant l’élargissement de la représentativité des résidents».
De surcroît, à travers le même document le Camra demande l’intervention du ministre pour débloquer la situation en ce qui concerne le droit aux œuvres sociales, tel qu’il a été décidé dans une note ministérielle datant du 15 janvier dernier. Pour rappel, la rencontre d’aujourd’hui a été programmée initialement pour mercredi dernier, mais a été décalée pour aujourd’hui, en raison du décès de trois femmes, dont deux résidentes, au CHU de Douéra, intoxiquées au monoxyde de carbone.
Lamia Boufassa