ACCIDENT DE CIRCULATION 704

Le DG du Centre de prévention routière est formel : «Le permis à points permettra de réduire l’hécatombe»

Intervenant hier sur les ondes de la Radio algérienne, dans l’émission l’Invité de la Rédaction de la Chaîne III, le directeur général du Centre national de prévention et de sécurité routière (CNPSR), Ahmed Naït El Hocine, est revenu sur l’entrée en vigueur du permis à points.

Affirmant que celui-ci «est un outil qui vient se greffer à la politique globale du gouvernement en matière de sécurité routière », le DG n’a pas caché son optimisme d’observer une baisse du nombre d’accidents de la route cette année, à la faveur de la promulgation du nouveau Code de la route, et par conséquent, l’entrée en vigueur prochaine du permis à points. En effet, selon lui, « le permis va contribuer à limiter toute intervention humaine dans la constatation de l’infraction, ce qui va permettre à réduire l’hécatombe». Selon le directeur du CNPSR, « l’Algérie va migrer vers un nouveau système de sanctions ». Plus explicite à ce sujet, il dira que « le système actuel, qui repose sur le retrait et la suspension du permis de conduire, a montré ses limites ». « Même si le système actuel a réussi à freiner l’hécatombe, et ce, en dépit de la croissance du parc automobile, il n’en demeure pas moins qu’il est temps de passer à un dispositif plus pédagogique et plus répressif à la fois », a-t-il fait savoir, tout en précisant que « le permis de conduire à points va nous permettre d’allier ces deux aspects ».
« Désormais, chacun gérera son capital points », a-t-il encore rajouté tout en précisant que « le permis à points permettra d’identifier les chauffeurs récidivistes ». Au sujet de ces derniers, il a précisé que « il y aura invalidation du permis avec l’interdiction de le repasser pendant 6 mois. Cette période pourrait être prolongée à 1 année dans la mesure où la perte des points intervient dans une durée de moins de 5 ans ». D’autre part, l’hôte de la Radio algérienne est encore revenu sur la question de la mise en place de la Délégation nationale à la sécurité routière qui sera, selon lui, « chargée de gérer l’ensemble des aspects liés, de près ou de loin, à la prévention et à la lutte contre les sinistres routiers ». À cet effet, il a indiqué que la dite délégation « aura à piloter le système du permis à points, à gérer le fichier national des permis de conduire, celui des infractions tout comme des immatriculations automobiles». Pour ce qui est de la « sinistralité » routière, l’intervenant a révélé l’implication de 184 jeunes conducteurs âgés de 18 à 29 ans qui sont décédés lors de 1 352 accidents routiers impliquant les mêmes catégories d’âge, durant les deux premiers mois de l’année 2017. Il a noté que parmi ces derniers, 49% sont détenteurs d’un permis de conduire de moins de cinq années et que 25,84% d’automobilistes impliqués dans des accidents routiers, durant la même période, possèdent un permis de moins de 2 ans. Compte tenu de cette dramatique situation, Ahmed Naït El Hocine annonce que la loi sur la circulation routière prévoit de revoir le dispositif de formation des conducteurs tout comme celui des examens du permis de conduire, dont il précise qu’ils relèveront, désormais, des prérogatives de la Délégation nationale de sécurité routière. Là aussi, il plaidera à limiter l’intervention humaine dans les examens en introduisant les nouvelles technologies. Pour lui, il est temps de mettre un terme aux « permis de complaisance ». Concernant les bilans relatifs aux accidents de la route et aux personnes qui en sont victimes, l’invité annonce qu’ils seront, désormais, centralisés au niveau d’un seul outil de collecte de données et non plus, comme il se fait jusqu’ici, par le biais des services de police, de la Gendarmerie nationale et de la Protection civile. C’est en raison de cette multitude de sources et faute d’un système de centralisation des données, explique-t-il que l’Organisation mondiale de la Santé a été amenée à comptabiliser 9 200 tués dans des accidents routiers, en 2015, alors qu’il n’en a été relevé que 4 500. Ainsi, il est question désormais, de mettre en place une base de données pour unifier les statistiques.
Lamia Boufassa