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Le conseil constitutionnel valide la nouvelle APN : Les chantiers de la 8e législature

C’est fini, la nouvelle composante de la chambre basse de l’Assemblée populaire nationale est connue du grand public, suite à la délibération finale des résultats des élections législatives par le Conseil constitutionnel.
Pas de grand changement donc dans la nouvelle liste des députés, qui siégeront à l’hémicycle Zighout Youcef, telle qu’elle a été élaborée par l’institution présidée par Mourad Medelci. Ceci, expception faite à quelques rectificatifs. Sans surprise, le Front de libération nationale (FLN) qui a perdu 3 sièges, demeure toujours en tête de liste avec 161 sièges suivi par le Rassemblement national démocratique avec 100 sièges, alors que l’alliance du Mouvement de la société pour la paix (MSP) a bénéficié d’un nouveau siège pour atteindre 34 au total. Le parti TAJ de Amar Ghoul peut aussi s’adjuger d’un siège en plus pour en avoir un total de 20, à la faveur de l’ultime verdict de l’institution constitutionnelle. Selon le communiqué du Conseil constitutionnel, la rectification et l’annulation des résultats enregistrés dans certains bureaux de vote dans les circonscriptions électorales d’Illizi, de M’Sila, de Sétif et d’Oran n’ont pas eu une incidence sur la répartition des sièges. Par contre, dans les wilayas de Blida et Médéa, l’annulation des résultats enregistrés dans certains bureaux de vote des circonscriptions électorales ont eu des conséquences sur la répartition des sièges ce qui a permis a certains partis de bénéficier d’un nombre supplémentaire de sièges.
Sur les 295 recours étudiés par l’institution dirigée par Medelci, 275 ont été rejetés pour défaut ou insuffisance de preuves, ou pour moyens infondés et 20 autres seulement ont été reçus. «Toutefois les résultats annulés dans certaines circonscriptions, n’ont pas d’incidence sur la répartition des sièges», annonce le Conseil constitutionnel. Les nouveaux députés procèderont donc dès mardi prochain, lors de la première séance plénière du nouveau parlement issu des élections législatives du 4 mai, à l’élection du président de l’Assemblée populaire nationale, qui remplacera Larbi Ould Khelifa, ainsi que la mise en place d’un règlement intérieur propre à l’Assemblée.
Pour une première lecture, force est de relever que la composition de la nouvelle équipe parlementaire sera mise devant le fait accompli. Lors de la campagne électorale, le commun des candidats a promis un avenir prospère aux citoyens, en assurant de tenir leurs engagements pour les porter en faveur de la classe des personnes défavorisées. Ajouter à cela, la promesse qui ne sera pas une tâche de tout repos, celle notamment de défendre droits et acquits socioprofessionnels.
Pour preuve, et d’ores et déjà, cette huitième législature annonce un agenda chargé, lorsqu’encore les dossiers lancinants qui demeurent en suspens risquent de soulever encore une fois un tollé général au sein de l’Assemblée. Du moins, telle que le fait croire l’expérience de la dernière législature.
En effet, plusieurs projets de lois seront au menu des débats à l’APN dont le nouveau texte portant Code du travail, le projet de loi sanitaire. Pas uniquement, puisque le dossier lourd, autrement le plus important, reste le prochain projet de Loi de finances 2018, dont le ministre des Finances a décliné la première ébauche récemment. En effet, il a annoncé l’introduction de nouvelles décisions portant suppression des subventions publiques sur certains produits, et sur les soins médicaux, en plus des difficultés de financement des grands projets de réalisation notamment dans le secteur de l’Habitat. Des nouvelles dispositions de lois, une fois adoptées par le Parlement, auront un impact pas peu difficile sur la vie des citoyens, dont le pouvoir d’achat serait encore une fois mis à rude épreuve. L’heure de vérité a donc sonné ! Les néo députés seront appelés à être plus pragmatiques à l’effet de répondre avec les actes à leurs promesses et de les traduire sur le terrain. Une occasion propice se présentera devant eux pour honorer leurs serments à travers l’adoption d’une position allant dans le sens de défendre les aspirations des citoyens, notamment lors de séances d’adoption portant différents projets de lois en attente. Enfin, et c’est le cas de le dire, le citoyen semble ne pas constituer le centre de préoccupation des élus, à tel point qu’il est, d’apparence, réduit à une machine à voter. Sinon, comment expliquer le fait qu’une fois le sésame arraché, des élus ne daignent même pas exprimer leur opinion devant l’Assemblée, lorsqu’encore l’intérêt étroit l’emporte sur le reste. Un état de fait, tel qu’il est constaté de par le passé, que l’Assemblée a assez souvent manqué à sa vocation initiale. Que pourrait bien donc attendre le citoyen lambda de la nouvelle composante de la Chambre basse du Parlement ? wet and see !
Abdellah Bourim