Ligue 1 ESS-MCO

Le club vit une crise financière aigüe : L’ES Sétif a besoin de 20 milliards pour éviter la saignée

Revenant de loin cette saison, après un départ catastrophique, l’ES Sétif qui a réussi à grimper les échelons en se hissant à la deuxième place en championnat, tout en mettant un pied en demi-finales de la coupe d’Algérie, se retrouve face à un avenir incertain.
Et pour cause, l’Aigle Noir, qui a tant honoré les couleurs nationales sur les scènes arabe, continentale et même mondiale, vit une situation financière des plus compliquées et la pandémie du coronavirus l’a tout simplement achevé. En effet, les joueurs attendent une régularisation de leurs salaires depuis plus de six mois. Devant cette situation, le club aura besoin d’au moins 20 milliards de centimes pour régler les mensualités des joueurs, des différents staffs techniques et des employés du club. L’absence des rapports financiers des précédents exercices a rendu également les choses plus difficiles pour la direction du club, comme l’a avoué le président du conseil d’administration, Azeddine Arab.
Cet aléa a bloqué les subventions allouées par les autorités locales. En parlant du précédent exercice, qui s’étend du 1er janvier 2019 au 31 décembre de la même année, l’ES Sétif a connu quatre périodes de gestion. La première sous le règne de l’ancien président, Hassan Hamar, puis après la démission de ce dernier, un comité intérimaire a été nommé par certains membres de l’assemblée générale et des autorités locales, dirigé par un expert à l’époque. La troisième période a vu l’intronisation de Fahd Halfaïa, élu à la tête du club amateur CSA/ESS, avant la dernière période dirigée par Djaber Zeghlache. Durant les quatre périodes, aucun rapport financier n’a été remis aux concernés pour voir la situation dans laquelle se trouve la SSPA/Aigle Noir. Le rapport financier doit être approuvé par l’Assemblée générale et le commissaire aux comptes. C’est à partir de cet audit que le rapport sera accepté par le contrôleur financier qui parraine le transfert de fonds. Du moment que la tenue de l’assemblée générale ordinaire n’est pas possible actuellement, en raison du coronavirus, le club sétifien vit son plus gros problème financier, sachant que les clignotants sont au rouge. Le club est privé des subventions de l’État qui auraient pu résoudre quelques soucis financiers et pouvoir assurer quelques salaires aux différents employés du club.
Devant cette situation, le président de la SSPA, Azeddine Arab, a réitéré son appel pour que le club bénéficie d’une entreprise nationale. «Je ne comprends pas pourquoi l’Entente est ignorée. D’autres formations ont bénéficié du soutien de l’État, alors que l’ESS reste une marque déposée et un club qui a fait honneur à l’Algérie. Nous aussi nous avons besoin d’une entreprise nationale pour prendre en charge l’équipe. D’ailleurs, c’est notre demande numéro un. C’est la revendication de tous les Sétifiens pour que leur club soit à l’abri des dépenses.
Nous demandons également un grand stade pour accueillir nos hôtes. Nos supporters ont besoin d’une grande équipe pour jouer les premiers rôles que ce soit au niveau local ou continental», s’est insurgé Arab.
H. S.