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Le Camra revient à la charge en raison du silence de la tutelle : Sit-in régional ce samedi au CHU Mustapha Pacha

Après une «brève accalmie», les médecins résidents, qui ont décidé de geler leur mouvement de grève le 24 juin dernier, reviennent à la charge, en appelant à un sit-in régional au CHU Mustapha Pacha pour ce samedi.

Cette action a pour but de dénoncer l’ «ignorance» et le «peu de considération» que porte la tutelle aux futurs praticiens spécialistes, mais également «afin que tout le monde sache que les médecins résidents sont toujours debouts et prêts à faire valoir leurs droits ».
À travers un communiqué de presse, diffusé hier, le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), a lancé « un appel à un sit-in régional de l’ensemble des médecins résidents au niveau du CHU Mustapha Pacha le samedi 14 juillet 2017 à 10h00, afin non seulement de dénoncer l’ignorance et le peu de considération que porte la tutelle aux enfants du pays, mais également afin que tout le monde sache que les médecins résidents sont toujours debouts et prêts à faire valoir leurs droits».
Affirmant que «le gel de la grève comme ultime preuve de bonne foi et de bonne volonté à solutionner un conflit qui n’a que trop duré», le Camra a précisé que «ce gel est venu en réponse directe aux promesses de monsieur le ministre de la Santé en personne, formulées sur les ondes de la Télévision nationale, garantissant la reprise du dialogue au lendemain de la reprise du travail». Malgré cela, le Camra signale que «les médecins résidents n’ont absolument aucune nouvelle ni n’ont reçu de contact de la part de la tutelle, malgré les nombreuses demandes d’audiences formulées et réceptionnées par le ministère». Ainsi, le Collectif considère qu’il «est impossible de trouver une explication satisfaisante et logique à cet état de fait, car il nous paraît que la parole d’un ministre devrait normalement faire foi ».
De surcroît, le Collectif a, à travers le même document, tenu à dénoncer les conditions dans lesquelles se déroulela session exceptionnelle du DEMS (Diplôme d’études médicales spécialisées). Ainsi, il précisera que «depuis une semaine, les médecins résidents candidats à l’examen de fin de spécialisation sont contraint de passer un examen dans des conditions ne répondant à aucune norme». Et pour cause, il rappelle que le délai accordé entre l’annonce de la date des examens et leur début n’a pas été respecté, tout en signalant que les candidats ne bénéficieront d’aucune session de rattrapage ».
D’autre part, le Collectif regrette que la reprise « ne s’est pas faite sans douleur dans certains services, où les résidents subissent quotidiennement menaces et intimidations en tout genre, allant parfois jusqu’à de véritables représailles éhontées et mesquines ». Pour rappel, les médecins résidents ont gelé le 24 juin dernier, leur mouvement de contestation qui avait duré près de huit mois. Une période assez longue qui n’a pas abouti à des résultats probants. Depuis ce gel, aucune invitation au dialogue n’a été formulée par le ministre de la Santé, le Pr Mokhtar Hasbellaoui. Néanmoins, il avait assuré que le gouvernement s’attelait à l’examen des revendications formulées par ce corps médical. Dans une déclaration en marge de la clôture de la session parlementaire, le ministre avait indiqué «les portes du dialogue demeurent ouvertes pour se concerter avec tous les partenaires sociaux de tous les secteurs, conformément aux orientations données, à maintes occasions, par le président de la République».
Pour sa part, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Tahar Hadjar, s’est contenté de saluer la décision, affirmant que «les portes du dialogue avec eux sur les questions pédagogiques demeurent ouvertes». Depuis cette déclaration, aucune invitation officielle au dialogue n’a été formulée à l’adresse du Camra.
Lamia Boufassa