Abdelmalek Bouchafa et Mohcine Belabbas

L’alliance peut-elle supplanter le déifict électoral : Il est «prématuré»d’en parler chez le FFS et le RCD

Au lendemain de l’annonce des résultats des législatives, le débat sur les alliances politiques entre partis socialistes et démocrates ressurgit. Même si le Conseil constitutionnel aura quelques jours pour proclamer les résultats définitifs, il n’est pas peu aisé de constater le revers électoral essuyé par les sociaux-démocrates. Un coup dur encaissé lors de ces élections, ce qui les pousserait «sans doute» à revoir leur stratégie, même si les rapports entre les formations politiques de ce camp ne sont pas des plus reluisants. Au-delà des questions de l’abstention et de la fraude qui étaient au centre de la polémique, tout au long du processus électoral, maintenant que les résultats sont connus, les partis politiques doivent se repositionner. En effet, le FFS est sorti avec seulement 14 sièges, alors que le RCD en a obtenu 9 dans la nouvelle composante de l’Assemblée populaire nationale. Ce qui dénote une réelle régression de ces deux formations, entre autres partis. Ces résultats pousseront-ils les «frères ennemis», pour ne citer que ces deux partis de l’opposition, à bâtir une nouvelle coalition dans la future législature? C’est la question qui taraude l’esprit des observateurs de la scène politique nationale, surtout que les islamistes, version MSP, qui ont décroché la troisième place, se sont regroupés en coalition. Les observateurs et même les militants ne peuvent pas imaginer une alliance entre, par exemple, le FFS et le RCD qui, même dans leurs fiefs en Kabylie, préfèrent s’allier avec les autres partis au sein des Assemblées locales élues. Il reste à s’interroger dès lors s’il n’est pas temps de changer de position sur cette question? Même si ce n’est pas spécialement le cas pour ces deux formations. Car, de par la nouvelle architecture parlementaire qui se dessine, les partis n’ayant pas obtenu des résultats conséquents, en termes de sièges, s’obligeraient à envisager une quelconque forme à donner à un projet commun. Ceci permettait de faire face aux deux poids lourds constitués par la paire RND-FLN d’un côté, et le trio MSP-FC ainsi, que le triumvirat autour d’En-Nahda de l’autre. Afin de répondre à ces questions, nous avons joint certaines sources au sein de ces partis. Ces dernières sont catégoriques, «il est encore prématuré de s’exprimer sur d’éventuelles alliances». De ce fait, les partis démocrates, à leur tête le Front des forces scoliastes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ont affirmé que, «pour l’heure, l’idée n’a pas été abordée par les leaders de deux partis». Il va falloir temporiser un petit peu, c’est du moins ce que les deux formations politiques tiennent comme réponse, à l’heure où les comptes définitifs inhérents aux législatives n’ont pas encore été soldés. Pour rappel, le président du RCD, Mohcine Belabbas, avait déclaré à la presse, il y quelques mois, que, «partout dans le monde, les alliances se font après les élections au niveau des institutions». «Une fois arrivés à l’Assemblée nationale, on peut envisager des alliances qui peuvent, d’ailleurs, être de conjoncture», avait-il préludé. Ainsi, un tel scénario ne serait pas à écarter pour le RCD.
Du côté du vieux parti de l’opposition, le premier secrétaire national du parti, Abdelmalek Bouchafa, avait, par le passé, écarté la question. Mais aujourd’hui, la donne a changé ! Les jours à venir dévoileront sans doute des nouveautés, quant à la nouvelle cartographie politique du pays, mais pour l’heure le «wait and see» semble être privilégié par l’ensemble des partis. Cela étant, même si ces deux pôles ont préféré prendre du recul, il est à s’interroger sur la force d’un courant politique qui demeure en proie à des divergences internes. Rappelons que, du côté des islamistes, le MSP (Mouvement pour la société et la paix) d’Abderrezak Makri s’est fusionné avec le FC (Front du changement) d’Abdelmadjid Menasra, à la veille des élections. Adoptée le 5 janvier dernier, cette alliance a constitué un retour à l’ancienne formation-mère, telle que créée par le défunt Mahfoud Nahnah dans les années 90, plus connue sous le nom de Hamas.
Quant au deuxième conglomérat, il est incarné par le FJD (Front pour la justice et le développement), En-Nahda (Mouvement de la renaissance islamique) et Al-Binaa (Mouvement de l’édification nationale). Les partis sociaux-démocrates emboÎteront-ils le pas? Ou braqueront-ils le regard vers des alliances à constituer avec les islamistes, compte tenu des divergences dans leurs camps? En tout cas, même si les deux partis cités en haut, pour ne pas en nommer d’autres, tels que le PT, à titre d’exemple, n’ont pas explicitement, ou implicitement, parlé de la question, l’avenir finira par l’éclore. Du moins, une fois la prochaine composante de l’APN aura été mise sur pied.
Lamia Boufassa