L’Algérie connait une démographie en progression galopante : Un baby-boom inquiétant ?

L’Algérie a atteint le cap des 42,6 millions d’habitants en 2018. Faut-il s’en réjouir, ou au contraire s’inquiéter de cette croissance exponentielle de la population ? Selon, l’Office national des statistiques (ONS), 1,04 millions de naissances vivantes ont été enregistrées auprès des services de l’état civil en 2017, alors sommes-nous face à un baby boom qui ne dit pas son nom ? En tous les cas , cela est inquiétant dans la mesure où cette croissance annuelle de la population algérienne a la dimension des habitants d’une wilaya , car avec ce top dans les natalités, conjugué avec une certaine récession économique l’Algérie aura-t-elle les moyens nécessaires pour répondre à tous les besoins de la population en éducation , logement , santé, emploi et autres loisirs et que le gouvernement saura t-il maintenir cet effort de développement pour le bien de tous ? Il va sans dire que les problèmes qui se posent et se poseront encore plus à l’avenir, vont concerner tous les secteurs , d’où l’offre restera aléatoire par rapport à la forte demande en matière de logement, de santé, d’éducation et d’emploi, d’ailleurs rien que pour l’emploi, il existe actuellement une très forte pression sur le marché du travail qui s’accentue d’année en année où environ 380 000 demandes d’emploi sont exprimées et qu’il n’est pas facile de satisfaire , et le chômage touche aussi de plein fouet les universitaires diplômés en quête d’un emploi . Cela dit, il faut admettre que les années à venir seront tres difficile selon les prévisions des experts de l’ONS, puisque les Algériens atteindront environ 55 millions à l’horizon 2050, en plus si la croissance économique tarderait à venir, on peut avancer que cette démographie galopante et excessive peut-être un frein au développement, et qu’il faut d’ores et déjà s’engager dans une politique de planning familial pour ramener la natalité à un taux raisonnable. En tout état de cause, l’explosion démographique va bouleverser la donne dans les années à venir avec de nouveaux besoins à satisfaire, à moins d’une bonne gouvernance et une véritable relance économique diversifiée, le pays connaitra de sérieux problèmes de dépendance, à commencer par la sécurité alimentaire qui n’est pas encore acquise et qui reste un objectif à atteindre coûte que coûte. À défaut, cette «croissance» économique sera absorbée par cette forte démographie, et l’équilibre déjà trop fragile entre l’offre et la demande sera rompu et difficile à combler.
Mâalem Abdelyakine