Tunisie

La Tunisie choisit de nouveaux engagements économiques et sécuritaires : Fissure dans l’alliance stratégique algéro-tunisienne

Pour avoir longtemps résisté aux épreuves politiques, sociales et sécuritaires, la Tunisie n’a pas résisté à l’épreuve économique. Depuis l’attentat de Sousse, qui a plongé le pays dans une récession insidieuse la Tunisie s’agite et frémit. Une des conséquences de ces frémissements se vérifie sur les nouveaux choix faits par le Gouvernement Essebsi.

Si l’épisode du choix tunisien d’intégrer, comme le Maroc, le Cédéao avant la fin de l’année, fait grincer Alger des dents, mais ne semble pas avoir été consommé, celui d’avoir donné un site pour l’implantation d’une base militaire sur son sol n’a pas livré tous ses secrets et Alger observe l’évolution sécuritaire tuniso-américaine avec attention. Quand, il y a quelques mois, ce furent des quotidiens tunisiens eux-mêmes qui avaient venté la chose en révélant l’existence d’une base militaire américaine en Tunisie, le Gouvernement a vite fait de démentir. Mais aujourd’hui, les choses paraissent plus claires, après qu’une enquête de l’US Air Force ait révélé l’existence d’une base américaine en Tunisie depuis plus d’une année déjà.
Le Washington Post avait, le premier, parlé de l’existence de cette base l’année dernière, et avait cité une source du Gouvernement américain. Selon le célèbre journal américain, « des drones non armés auraient commencé à survoler la Libye à partir de la fin du mois de juin 2016 et feraient partie de l’aide accordée par le ministère de la Défense américaine aux forces pro-gouvernementales libyennes dans leur combat pour déloger l’État islamique de la ville de Syrte». Mais, plus tard, dans une déclaration accordée à l’agence TAP, en octobre 2016, le porte-parole du ministère de la Défense nationale avait également nié les informations relayées par plusieurs médias sur des bases militaires américaines implantées en Tunisie en prévision de frappes contre des sites en Libye. Si les choses continuent à se clarifier de la sorte, l’alliance entre Alger et Tunis, pourtant très soudée et forte sur tous les plans, aurait subi des transformations majeures, en se déplaçant vers d’autres centres d’intérêt économiques et sécuritaires, et l’homogénéité des pays du Maghreb auraient connu aussi des métamorphoses importantes.
O. F.