Santé

La schizophrénie touche 1% de la population algérienne : Le défi de la réinsertion sociale

La schizophrénie est une maladie psychique grave qui touche environ 1 % de la population en Algérie.

Selon la définition médicale, cette maladie s’accompagne d’une perte du contact avec la réalité, de délires ainsi que de modifications de la pensée, du langage et du comportement. Les patients sont souvent incapables de faire la distinction entre la réalité et leur propre perception des événements.
En effet, le laboratoire Abdi Ibrahim remède pharma a organisé, hier, la 3e session de la formation de remédiation cognitive de la flexibilité mentale. Le P-dg Ait Said Malik, nous a indiqué que « ce séminaire est une première en Algérie, et l’objectif et de former les médecins psychiatres, les psychologues, les infirmiers, les spécialistes de la prise en charge ainsi que des personnes qui souffrent de la schizophrénie, un nouveau traitement non-médicamenteux de la schizophrénie qu’on appelle la remédiation cognitive», dira-t-il. Avant d’ajouter « cette formation permettra de mieux réinsérer le patient au sein de la société, en plus d’un traitement que le malade devra prendre, on rajoute ce genre de formation qui va aider les patients à se développer sur le plan cognitif, et ce, pour les réadapter au fur et à mesure pour qu’ils se réinsèrent dans la société.» Pour sa part, Laurent lecardeur, professeur psychologue au centre hospitalier universitaire de Caen en France, nous a minutieusement expliqué les objectifs assignés de cette session «la remédiation cognitive consiste à tenter par des exercices d’améliorer les difficultés qui seprésentent à ces personnes concernant la mémorisation, la concentration et la flexibilité mentale, et donc de faire en sorte qu’ils fonctionnent mieux dans la vie quotidienne.»
Tout en soulignant que «par la remédiation cognitive on fera des exercices qui vont permettre d’améliorer le niveau de concentration, de mémorisation qui permettra au malade de retrouver une vie meilleure par la suite. Pour ce qui est de ce type de stratégie thérapeutique, le professeur nous a avoué qu’ : «elle est n’est pas développée partout en Algérie, mais comme dans tous les pays par exemple en France elle n’est pas encore généralisée dans toutes les villes. Notre but ici en Algérie, c’est de diffuser ce type de programme, au plus grand nombre des spécialistes de la santé mentale. Nous avons des spécialistes qui sont venus d’Annaba, d’Oran, d’Alger, de Constantine.
L’objectif c’est de pouvoir mettre à disposition des patients partout dans le pays ce type de programme, et effectivement, non de rattraper le retard mais plutôt d’uniformiser la pratique de soins pour que celle-ci corresponde aux standards internationaux», nous a-t-il expliqué. «Actuellement les traitements médicamenteux ne sont pas suffisants pour aider les personnes souffrant de la schizophrénie, ils sont indispensables, parce que c’est ce qui permet à nos patients de vivre à l’extérieur, notamment sans être perturbés par d’autres symptômes qu’il peuvent avoir, en revanche, ils ne sont pas suffisants pour traiter l’ensemble des difficulté de ces patients, c’est pour cette raison qu’il est utile d’avoir des stratégies non-médicamenteuses pour pouvoir les aider à aller mieux dans la vie quotidienne », précisera le médecin.
L’objectif est véritablement aussi de faire en sorte que ces programmes soient utilisés à l’avenir par les médecins qui sont ici, aujourd’hui. « Nous allons faire une étude scientifique qui aura pour objectif de tester la mise en place de ce type de programme en Algérie, et pouvoir communiquer dans le monde entier les résultats de l’utilisation de la remédiation cognitive.»
De son côté, Nedjari Mohamed, professeur psychiatre au CHU Drid Hocine à Alger nous a fait savoir que « la schizophrénie est une maladie chronique assez grave, mais aujourd’hui, la prise en charge des personnes schizophrènes a fait d’énormes progrès. Des traitements médicamenteux, associés aux psychothérapies, permettent un retour à une vie quasiment normale», dira notre interlocuteur.
Mohamed Wali