Palais du gouvernement

La participation au prochain gouvernement attise les appétits : Ambitions divergentes dans les rangs islamistes

Les islamistes voient loin. Après les scores passables réalisés lors de la dernière législative, la question de participer ou non au prochain gouvernement fait tâche d’huile. Un des meneurs du forcing pour une participation au gouvernement n’est autre que l’ancien ministre et ancien président du MSP, Boujerra Soltani. Son idée est simple : pour lui, une participation ouvrirait les portes au parti pour préparer ses bases et procéder à une restructuration qui mettrait le MSP sur orbite d’ici à 2019. Comprendre par là, que le MSP, ou les islamistes de manière générale, ont une personnalité politique à présenter lors de la présidentielle de 2019. Mais l’homme fort du MSP pour le moment s’appelle Mokri, et celui-ci n’est pas prêt à intégrer les rangs d’une éventuelle coalition présidentielle, d’autant plus que son «frère-ennemi», Amar Ghoul, président de Taj et sénateur du tiers présidentiel, est preneur d’une coalition FLN-RND-TAJMPA, qui se dessine déjà. Pour les autres chefs de partis, les islamistes n’ont pas obtenu un score important qui leur permet de jouer en force face au FLN et au RND, et cherchent plutôt à conforter leurs positions politiques sans se soucier du jeu d’alliances. Il était question le lendemain des élections législatives d’une possible coalition stratégique avec le FLN, mais pas avec le RND et le TAJ. Le MSP s’est toujours exprimé en faveur d’une alliance stratégique ou tactique avec le FLN, qu’il qualifie de «famille des nationalistes ». Par contre les relations avec le RND ont été toujours teintées d’hostilités et d’animosités, les deux partis s’échangeant inimitiés et diatribes acérées. Pour TAJ, Mokri n’est pas prêt de s’asseoir aux côtés de Ghoul, mais il est vrai que la politique demeure l’art du possible, et il est fort attendu de voir les ambitions des uns et des autres menant à toutes les alliances imaginables.

F. O.