Accidents

La nouvelle loi effective dès cette semaine : Tout pour arrêter le drame routier !

L’entrée en vigueur de la nouvelle loi relative à l’organisation et à la sécurité de la circulation routière après sa publication dans le Journal officiel, la semaine dernière, ne semble pas suivie d’effet sur le terrain. Et pour preuve, les drames qui ne cessent de se produire sur les routes du pays, causés en partie par des chauffards irresponsables. Lesquels, ni les augmentations des amendes, ni les peines d’emprisonnement n’ont pu dissuader, semble-t-il. Pourtant, la nouvelle loi prévoit, à l’effet de son adoption par le Parlement en début de cette année, l’instauration du système de permis à points, et le durcissement des sanctions contre les contrevenants. Mais le retard enregistré dans la publication des textes d’application de cette loi, censés définir les mécanismes et moyens pour conjuguer les novelles dispositions de cette loi sur le terrain, est souvent considéré comme un obstacle devant une application rigoureuse. Dans la semaine allant du 19 au 25 de ce mois, les services de la Protection civile ont fait état, dans un communiqué, de 1 209 accidents de la circulation, causant 60 morts et 1 444 blessés sur tout le territoire national. Une situation qui pousse des experts à appeler les pouvoirs publics à accélérer la mise en œuvre des textes d’application de la nouvelle loi. Jeudi dernier encore, dans l’hémicycle du Conseil de la nation, le sénateur Noureddine Latrache a soulevé cette question, en interpellant le ministre des Travaux publics et des Transports, Boudjemâa Talai, sur l’ampleur de l’hécatombe qui continue à sévir sur nos routes. Talai a souligné, lors de la séance plénière consacrée aux questions orales, que la répression des délits de conduite dangereuse, et le renforcement des mesures coercitives demeurent l’approche prônée par le Gouvernement pour endiguer le phénomène de terrorisme routier. Talai a révélé que son département s’attelle, actuellement, sur l’examen de mesures complémentaires qui seront appliquées progressivement, à travers les textes d’application qui devraient intervenir pour la mise en place de la nouvelle loi. Justement, trois textes de loi, selon Talai, seront promulgués pour cette semaine, en rapport avec la loi relative à l’organisation de la prévention et de la sécurité routière. Pour cela, le ministre a souligné que le Gouvernement examine actuellement un document sur la révision du système de l’examen théorique pour l’obtention du permis de conduire. Selon le nouveau texte de loi, les moniteurs devront avoir un niveau bien déterminé d’instruction, en plus d’une expérience professionnelle en le domaine. Pour rappel, les experts n’ont pas cessé de mettre en cause la facilité avec laquelle les divers centres de formation en conduite traitent les demandes pour octroyer un permis de conduire, et l’augmentation des accidents sur les routes. Pour Ahmed Naït el-Hocine, directeur du Centre national de la prévention et de la sécurité routière, le système pour l’obtention du permis de conduire devrait être revu, car une large proportion de jeunes détenteurs d’un permis de conduire de moins de deux ans sont les plus impliqués dans les accidents de la circulation. Cette catégorie de jeunes, entre 18 et 29 ans, représentent aujourd’hui 35,32% des conducteurs impliqués dans des accidents de la circulation, selon Naït el-Hocine, qui considère que la délivrance d’un permis de conduire est «beaucoup plus question de capacités et d’aptitudes». L’autre axe auquel devrait s’attaquer les nouveaux textes de loi, relative à la sécurité routière, est les chauffeurs professionnels, ou les chauffeurs de transports de voyageurs et de marchandises. Le ministre des Travaux publics et des Transports a fait savoir que les chauffeurs d’autobus et de camion seront soumis à des critères plus sévères, en termes de formation et de qualification de cette catégorie. La catégorie des chauffeurs professionnels est le premier facteur de l’augmentation de la tragédie des routes, vu les lourds bilans qu’ils en causent derrière chaque accident de la circulation. La semaine dernière, l’entrée en collision d’un bus avec un camion et un véhicule utilitaire dans la wilaya de Tiaret a engendré 8 morts et 25 blessés, selon un bilan initial de la Protection civile. Pour lutter contre ces drames, le ministre a réitéré la détermination du département des Transports à créer un système de contrôle du surcharge des camions, de la vitesse et de la distance parcourue par les véhicules de transport de marchandises, et les véhicules de transport de personnes, à travers l’installation d’un chrono tachygraphe, ainsi que l’activation du centre d’organisation du trafic routier à Alger, avant de le généraliser, ultérieurement, à toutes les wilayas. Par ailleurs, les anciennes voitures continuent encore à tuer dans notre pays. Des véhicules qui échappent étonnamment au contrôle technique exigé pour la validation de sa mise en circulation. Des disfonctionnements au niveau des centres de contrôle technique automobile que le ministre des Transports a reconnu, tout en affirmant que ses services œuvrent actuellement au développement et à la modernisation de ce service, à travers la connexion de ces centres à un système informatique performant, et par conséquent consacrer la crédibilité de ces centres. Un projet, dont l’état d’avancement est estimé par le ministre à 75%.
Hamid Mecheri