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LA DéPERDITION SCOLAIRE AURAIT FAIT 10 MILLIONS DE VICTIMES EN 20 ANS : Le Pr Khiati dément les chiffres de la tutelle

Qualifiant la déperdition scolaire de phénomène « très grave », le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM), Mustapha Khiati, a affirmé que ce problème qui touche l’école algérienne a été banalisé car les chiffres avancés par le ministère de l’éducation, dans ce sens, qui ne reflètent absolument pas la réalité du terrain.
S’exprimant, hier, sur les ondes de la Radio nationale chaîne III, Khiati a relevé l’existence de contradictions dans les chiffres officiels qui font état de 9% d’élèves touchés par ce phénomène, alors que l’ancienne ministre du secteur, Nouria Benghabrit avait avancé un taux de 4% seulement. Selon l’invité de la radio, les statistiques du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) restent le plus proches de la réalité. D’après le CLA ce phénomène de déperdition scolaire toucherait 500 000 enfants chaque année soit 10 millions sur une période de 20 ans.
Estimant, d’autre part, que «ce fléau accentuerait les vices qui contribuent à détruire la jeunesse algérienne », le président de la FOREM a déploré, à la même occasion, l’absence d’études sérieuses sur le sujet, permettant, selon lui, d’en cerner les causes. D’après lui, l’absence d’une stratégie efficace pour l’organisation de l’enseignement et la surcharge des classes sont deux causes pointées du doigt. Pour mettre fin au problème de surcharge des classes, il est important de souligner que les promesses des responsables du secteur sont faites chaque année mais sans que celles-ci ne soient réellement traduites sur le terrain, ou du moins donner les résultats escomptés.
Il faudra également relever que le retard occasionné dans la réception de projets de réalisation d’établissements scolaires ainsi que les grandes opérations de relogements qu’ont connu les grandes villes du pays dont la capitale, sont pour beaucoup dans cette situation. Le facteur du redoublement y est également pour quelque chose, car ce phénomène mène à l’entassement des élèves dans les classes, arrivant parfois au nombre de 50 dans certaines régions du pays.
Ania Nait Chalal