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La capitale à J-1 du scrutin : Les Algérois ont la tête ailleurs

Après 21 jours de campagne électorale marathonienne pour les responsables de partis et les candidats en lice pour les législatives de demain, l’heure est au bilan. D’aucuns estiment que les électeurs et les électrices ont le moral ailleurs. Si les responsables de partis politiques ainsi que les candidats ayant pris part à ces joutes électorales ont le sentiment du devoir accompli, il n’en est pas de même pour le citoyen qui demeure déconnecté de ce rendez-vous. à Alger, au deuxième jour de la clôture de la campagne électoral et à un jour de la tenue du scrutin, les Algérois ne semblent pas brancher sur l’évènement électoral. Ils vaquaient à leurs occupations quotidiennes, tournant le dos aux discours politiques des candidats qui devront se disputer les 37 sièges que compte la wilaya d’Alger. Aucun signe ne fait croire à une campagne électorale de passage durant 21 jours, si ce n’est les panneaux implantés partout pour accueillir les listes électorales des candidats. Contrairement aux joutes électorales précédentes ayant suscité plus ou moins l’intérêt, voire la curiosité du citoyen en général et des électeurs en particulier, les législatives de 2017 n’ont pas connu d’engouement populaire. Les Algérois ne les évoquent dans leurs discussions que pour les tourner en dérision. Interrogés pour savoir ce qu’ils pensent de l’évènement électoral qui se déroulera ce jeudi 4 mai, les habitants de la capitale approchés à ce sujet, quelques soient leurs âges ou leurs appartenances politiques, ils ne semblent pas accorder de l’importance au rendez-vous de demain.
Madjid, un quinquagénaire habitant la Rue Larbi Ben M’hidi, ne voit aucune utilité en ces élections. Il a regretté le désintéressement des citoyens vis-à-vis de cet évènement électoral. Idem pour Djamila, étudiante à la Fac centrale, qui préfère consacrer son temps à d’autres préoccupations qu’à celles d’écouter le discours des candidats.
Un discours dans lequel elle ne se reconnait pas en tant que citoyenne appelée à accomplir l’acte de voter. Un tel constat est reconnu même par les partis politiques et les candidats ayant pris part à ces législatives. D’où la crainte d’un fort taux d’abstention exprimé par l’ensemble des partis politiques, ainsi que l’administration. Face à ce climat de morosité, formations politiques et autorités publiques peinent à trouver un discours captivant. Une raison pour laquelle il est observé, à travers leurs sorties sur le terrain, que le discours des partis d’opposition et celui des partis du pouvoir, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, vont dans la même direction. Les premiers tentent de justifier leur participation à ces élections par le souci de faire barrage aux partis au pouvoir et imposer un changement pacifique du régime, alors que ceux qui gravitent autour du pouvoir brandissent la menace d’une instabilité qui guetterait le pays. Les uns appellent les électeurs à aller voter le 4 mai prochain pour imposer une transition pacifique et démocratique, les autres les appellent pour s’acquitter de leur devoir électoral afin de déjouer les plans de ceux qu’ils appellent les «ennemis» de l’Algérie. Un discours que les électeurs ne semblent pas capter.
à Alger, ou ailleurs, l’atmosphère semble la même selon les échos qui parviennent par-ci, par-là. Les citoyens s’occupent de leur train de vie quotidien, évitant de se mettre au mode «élections législatives». D’aucuns estiment que les prochaines élections pour le renouvellement de la composante de la chambre basse du parlement n’apporteront aucun changement à la vie du citoyen.
Si certains n’ont pas caché leur pessimisme quant à l’issue du scrutin législatif de demain, d’autres, en revanche, voient une occasion d’en finir avec un système «à bout de souffle». Les permanences de la quasi-totalité des partis politiques en lice n’ont pas enregistré un déferlement qu’elles ont, jadis, connu en pareils circonstances. Devant le spectre de l’abstention qui y plane, les pouvoirs publics ont, dores et déjà, mobilisés de grands moyens humains et matériels pour assurer un bon déroulement à ce scrutin.
Hacène Nait Amara