Algerie-Zambie-6 Ghoulam

La campagne tourne à une véritable chasse aux sorcières : Des Verts désormais bons pour la … potence !

L’E.N fera, pour longtemps encore, jusqu’à au moins la fin du Mondial 2018, débat. Déchaîne carrément les commentaires. Pour dire la tristesse et la déception pour une élimination ressentie comme un fort séisme au sein d’une opinion qui ne comprend également pas que les divers clans qui pourrissent encore et toujours le milieu et à qui incombe le marasme, en sont venus à prendre en otage la discipline en l’envoyant droit dans le mur. La récente campagne qualificative pour la Russie, qui vient de tourner à la «catastrophe», fait ressortir les divisions, les mauvais génies sortant pour l’instant vainqueurs d’un drôle de match duquel la discipline, déjà au fond du trou, aura énormément du mal à se relever. On imagine dès lors les dégâts sur un édifice déjà sérieusement ébranlé et allant en s’écroulant.
Grandir, comment ?
La page Mondial 2018 est bel bien tournée deux étapes avant terme. Fermée avant même d’être ouverte. Un autre échec pour mieux grandir ? La question méritait d’être posée. Comme à l’arrivée de chaque «loupage». Et quel loupage cette fois ! Un vrai naufrage. Avec corps et biens. La fin du monde? Heureusement que non. Peut-être, c’est sûr, une autre leçon qu’il faudra bien retenir pour une sélection nationale algérienne contestée de toutes parts. Désormais au creux de la vague. On tourne la page alors sans s’arrêter sur cette nouvelle «gifle» pour un amalgame de vedettes parti pourtant, même si on savait la tâche difficile (elle tournera dans ce qui se révélera vraiment, c’est peu dire maintenant que l’on compte les dégâts sur un groupe descendu en flammes, une vraie «poule» de la «mort», à la maison impossible) pour écraser tout sur son passage. Du moins, et malgré la grande qualité de l’adversité (le Nigeria, parti pour rafler la mise et décrocher le précieux sésame, le Cameroun qui n’est autre que le nouveau champion d’Afrique en titre mais à la peine et digérant mal sa couronne, et la Zambie, qui se montrera plus qu’à la hauteur en assumant, comme un grand, son rôle de trouble-fête, ne sont pas tombés de la dernière pluie) sortir par la grande porte. En défendant ce super statut de favori qui lui colle désespérément à la peau et tellement difficile à porter. Et un échec de plus. Comme lors de la CAN 2013 qui verra la bande à Halilhodzic (elle se réhabilitera toutefois, et de quelle façon et avec quel talent, aux yeux de ses fans en accouchant d’un Mondial brésilien qui fera date et mettra d’accord tous les observateurs et analystes du monde entier sur son énorme bagage) dire très tôt adieu à ses prétentions de se poser sur le toit du continent. Des «Verts» toujours pas encore mûrs pour s’imposer en vrais N°1 d’Afrique et qui remettent sans cesse cette quête à des délais indéterminés. Comme depuis 1990 et ce seul et unique trophée trônant dans la très fantomatique galerie à trophée de la Faf. Comme aussi en 2015 et 2017 (pour ne retenir que les deux dernières éditions en date données pour celles de l’Algérie par les pronostiqueurs, mais qui ne suffiront pas à démentir les vérités du terrain et cette guigne qui poursuit le football algérien à l’heure des grandes compétitions majeures) qui verra les camarades de Mahrez revenir au pays les mains vides, les bagages aussi légers qu’au départ d’Alger. À l’immense déception, tristesse d’un public rêvant debout de nouvelles conquêtes avant chaque vol de cette génération dorée qui n’arrive pas à vraiment décoller. Quitte la scène, et ça tourne à la malédiction, sur la pointe des pieds. Rejoignent le bercail par des portes dérobées, mais dans le tumulte (la dernière campagne de presse, que ne saurait excuser la déception bien légitime qui suivra la leçon zambienne, aura battu de tristes records dans l’insulte et la diffamation) des lendemains si difficiles de défaites.

Appels au meurtre
Un Algérie- Zambie (une tragi-comédie qui apportera de l’eau au moulin des anti- pros, et on pèse nos mots) qui nous rappellera combien était révolu le temps des liesses populaires (qui se souvient de l’après-Oum Dourmane et des nuits de folie qui suivront l’éclatant succès face au frère-ennemi égyptien ?) et qu’il fallait maintenant, loin des règlements de comptes (on est plein dedans, beaucoup n’hésitant pas envoyer carrément les «responsables du désastre» au peloton d’exécution, la potence ayant été montée depuis belle lurette, à lire et écouter nos champions des plateau-TV, spécialistes de l’insulte gratuite pour la plupart) et des décisions (n’est-ce pas le ministre de tutelle et le président de l’instance en charge d’un football national malade d’abord de ses dirigeants, qui préconisent le recours aux purges, notamment parmi les binationaux coupables de tous les maux, peut-être même, allez savoir pourquoi, de trahison tout court) hâtives. Les «Verts», pour avoir manqué (pour des raisons qu’il faudra un jour élucider, sans toucher surtout à l’honneur des joueurs) de cette envie de gagner, suivront dans déception que l’on imagine, et ce n’est pas un drame national (il y a d’autres priorités en ces temps difficiles pour le simple citoyen de plus en plus écrasé par un quotidien tellement lourd et qui fait face, en ces mêmes moments, à une rentrée sociale rarement aussi problématique pour le porte-monnaie de la pauvre ménagère), le prochain évènement quadriennal du sport-roi universel à partir de leur salon. Merci pour l’ambiance. Point. Pas besoin de bûcher même si le groupe a failli quelque part. Ne s’est pas, loin s’en faut, montré à la hauteur des attentes. «Coupable» (c’est le seul chef d’accusation) ou victime d’«objectifs surdimensionnés» pour reprendre l’opinion avisée du grand portier camerounais, Antoine Bell qui appelait, au retour d’Afrique du Sud (tournoi 2013 où le «Club Algérie», alors sous les ordres de Halilhodzic, tombait de nouveau de haut avec une élimination dès le 1er tour) qu’il fallait laisser de côté les sentiments (plutôt ses émotions) en se montrant indulgent avec «une équipe faisant rêver» et qu’«il fallait laisser travailler dans la sérénité.» Nous ajoutions, pour notre part, qu’«il fallait la mettre à l’abri des luttes intestines et de la capacité de nuisance de revanchards revenant à chaque fois à la charge pour toujours mieux casser.» Que se passe-t-il à nouveau ? Mêmes décors, mêmes acteurs, mêmes opportunités que celles qu’offrent les grosses défaites : On propose de brûler, de pendre haut et court tout ce beau monde. Lectures faciles de réactions exagérées. Ce n’est pas (on ne dira pas appel au meurtre) du lynchage ? La réponse, cinglante (ça fait peur, donne froid dans le dos) est assénée par ces cercles dont beaucoup ont pu se recycler en consultants, tirant sur tout ce qui bouge et réglant des comptes vieux des nombreux flops, dont beaucoup sont à l’origine pour cause d’incompétence avérée et confirmée à l’épreuve d’un terrain les ayant condamnés sans rémission.

Loin des passions chauvines ?
C’est ce qu’on soulignait, dans ces mêmes colonnes au lendemain D’«AfSud 2013» qui aura fait couler tant d’encre et de salive, «les tenants du statu quo permanent, d’un bricolage expliquant pour beaucoup la situation actuelle d’un football national à la recherche d’une issue de secours. Qui peine à retrouver le chemin de la raison restant en embuscade. «L’heure des comptes a sonné.» Le titre qui revient et s’impose à chaque échec. Qui en dit long sur un débat à faire peur. Un autre dénouement cruel pour les «Fennecs» et l’horreur à nouveau revisitée. La page Mondial 2018, si elle sera difficile à tourner, laissera, plus que sûrement, des traces indélébiles. Et que préconise le premier responsable du football algérien, sous les conseils «avisés» du MJS dont l’urgence absolue est de couper des têtes. De préférence celles parmi les éléments venus d’Europe pour laisser de la place et bien solder ces fameux comptes restés en suspens. Rectifier le tir et trouver les solutions idoines pour résoudre les insuffisances constatées durant cette dernière campagne mondialiste et en tirer du bon? Ça peut attendre nous fait-on bien comprendre, la solution étant suggérée par les pourfendeurs du produit «importé», défenseurs toutefois acharnés du label «local», qui appellent à une «révolution», où les «pros», jouant le mauvais rôle et à l’origine de tous les maux, sont appelés, mis en demeure même, à tirer leur révérence, rester invisible. Est bien là où il est. Une Faf qui n’a pas jugé utile de couper court aux spéculations et cède à la pression et à toutes ces voix qui, à tort ou à raison (à tort chez beaucoup qui en profitent pour solder des comptes personnels) appellent au «changement.» A repartir de zéro. Qui assumera l’échec après que l’Algérie ait consommé, à Constantine, ses ultimes espoirs de faire le voyage de Russie ? A Zetchi et son bureau d’assumer leurs responsabilités au moment où des voix, pas toujours innocentes, s’élèvent ici et là pour exiger des têtes. Un Zetchi sous le choc et tenté de tout effacer. Faire table rase en «tuant» cette belle équipe en construction qui leur donne finalement «raison» en passant à côté de son sujet. En faisant «honte» à l’Algérie. Commentaires acides de la part de nombre de «consultants» tirant sur tout ce qui bouge. Mais tirant lamentablement à côté. Ramant en tout cas à contre courant des analystes neutres qui voient dans cette belle équipe (elle a tellement de talent) de la bonne graine. A laquelle il manque ce quelque chose pour réellement devenir grande, mais qui a besoin de murir. Il y a quatre ans, l’ancien président Raouraoua appelait, malgré une déception toute naturelle, à «bien analyser le parcours. Sans passion pour comprendre pourquoi nous n’avons pas atteint nos objectifs.» Ne pas se précipiter, garder la tête froide et éviter les procès. Revenir sur ce qui ne va jamais dans notre football. Cette amère réalité du football algérien qui «ne produit plus de grands joueurs». Et dire tout sur ce mal récurrent d’une discipline sans cesse à la recherche d’une voie de secours ou de salut. Pas dans le sens de ces «spécialistes» si aptes à diagnostiquer le mal, dénigrer, mais dont la responsabilité pèse lourd dans la trajectoire prise par un ballon plus aussi rond qu’ils veulent nous le faire croire.

Droit dans le … mur
L’EN est tombée bien bas. Atteint le fond. Fin d’un rêve et peut-être d’un cycle. D’une belle équipe qui aura, et c’est ce qu’on lui reproche le plus, laissé ses fans sur leur faim (sur le plan comptable) et rarement trouvé sa voie. Qu’il sera si difficile de remobiliser suite aux critiques acerbes qu’elle a dû essuyer en compagnie de son patron du banc de touche, l’espagnol Alcaraz, maintenant fixé sur l’énormité de la mission et l’intenable pression psychologique que ne manqueront pas d’exercer, entre débats stériles (tous les coups, comme toujours, étant permis, aucune règle, déontologique notamment, respectée) nos «consultants-entraîneurs». Ça sent à nouveau mauvais, la manipulation grossière, et on le fait pas dire. Et que font la Faf et le MJS ? Mettre à l’abri de tous ces spécialistes ruant dans les brancards, tirant sur l’ambulance et exigeant des comptes des responsables d’un «fiasco» qui, on l’espère encore une fois, servira à nos capés pour se remettre en cause et repartir du bon pied ? Si tout le monde s’accorde à dire que les résultats des Verts ne reflètent pas leurs qualités intrinsèques, la tutelle comme les instances dirigeantes du côté de Dely-Brahim semblent un peu trop dépassés par les évènements, en donnant au débat une tournure des plus condamnables avec cette promesse de mettre tout le monde dehors au lieu de calmer le jeu et apaiser des esprits qui se chauffent, à voir cette veillée d’armes à distance entre une des icônes de notre jeu à onze, Rabah Madjer, et le très percutant et populaire confrère de «Bein Sports», Hafidh Derradji qui ne se font aucun cadeau dans un échange d’amabilités démontrant, si besoin est, le fossé qui se creuse entre les tenants du tout-professionnel pour lesquels la situation de crise perpétuelle de nos championnats reste un argument massue avec une formation frisant le néant, et les défenseurs d’un produit local incapable de sortir du tunnel dans lequel l’enferme, bon an mal an, une gestion des ressources (pour ne pas dire autre chose) humaines aussi catastrophiques que les résultats dont nos sélections accouchent à longueur de saison à l’internationale, en plus d’un niveau affligeant (l’un allant fatalement avec l’autre) de compétitions portées constamment sur les scandales et le bricolage. Qui a tort, qui a raison ? Sûrement pas ceux, et Derradji a bien raison de le souligner, et toutes les raisons de ne pas se taire devant de telles dérives, qui dénient à nos binationaux le privilège de la nationalité algérienne. Et donc le droit d‘en défendre ses couleurs. Chauds, chauds, chauds sont et le resteront, pour longtemps encore, les débats. Que cessent, en attendant, les amalgames.
Azouaou Aghilas