Abdelouahab Derbal

La campagne électroale tourne au ralenti : L’aveu du président de la HIISE

Alors que la campagne électorale a, d’ores et déjà, bouclé sa dixième journée, il n’est de secret pour personne que celle-ci peine à attirer l’engouement des citoyens.

Une campagne « timide », c’est en gros le bilan dressé par de nombreux observateurs. Lieux d’affichages non-exploités, espaces consacrés aux rencontres désertés, médias lourds boycottés…etc, c’est hélas le scénario qui s’est dessiné à travers le territoire. Et la dernière déclaration du président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections législatives (HIISE), Abdelouahab Derbal confirme ce constat. En effet, celui-ci a tenu à déplorer le faible taux d’exploitation des espaces consacrés à la campagne électorale de la part des partis et des candidats, et ce, en dépit des efforts considérables consentis par l’Etat pour l’aménagement de ces lieux, et la répartition des horaires équitablement entre les partis. « Les espaces consacrés aux rencontres n’ont été globalement exploités qu’à 40% à l’échelle nationale, en dépit des efforts consentis pour aménager ces espaces », a déclaré Derbal dans une déclaration à la presse, depuis la wilaya de Sétif.
Soulignant que ces espaces ont été mis à la disposition des partis et des listes indépendantes pour présenter leurs programmes et leurs candidats pour plus de clarté afin que les électeurs puissent élire leurs représentants, Derbal a soutenu que « c’est pour cela que des efforts considérables ont été déployés pour une juste et correcte répartition des espaces temporels et géographiques ». Dans ce contexte, il a fait remarquer qu’un tirage au sort a été préalablement réalisé pour procéder à une répartition juste et équitable, déplorant le fait que l’exploitation des espaces durant la première semaine de la campagne électorale, selon des chiffres officiels, est « faible », variant dans plusieurs wilayas entre 10, 20 et 30%. Dans le domaine de l’audiovisuel, au niveau central, notamment concernant la Radio algérienne à travers ses trois chaînes, Derbal a relevé que le « taux d’exploitation n’a pas atteint 50% jusqu’à présent », faisant état également à de nombreuses absences de représentants de partis ainsi que des candidats pour des raisons, selon lui, « inconnues ». Le président de la HIISE a, toutefois, exprimé son « optimisme » qu’au fil des jours, la campagne électorale connaitra un regain d’activité avec la tenue d’un grand nombre de meetings. Cet « aveu » de Derbal, quant à l’inutilisation des espaces destinés à convaincre le plus grand nombre d’électeurs, témoigne que la campagne tourne au ralenti. Ce qui pousse les observateurs à s’interroger sur plusieurs questions. Pourquoi les formations politiques n’ont pas jugé utile d’utiliser les lourds moyens mobilisés ? Faute de moyens ou utilisent-ils des méthodes plus modernes tels que les réseaux sociaux ? S’agit-il d’une nouvelle méthode de communication politique ? Nombreux sont ceux qui estiment que le désintérêt populaire est la principale raison. Une chose est sûre, les formations politiques trouvent du mal à faire connaitre leurs programmes. Pour le moment, les moyens mis à leur disposition sont mis en « quarantaine », jusqu’à nouvel ordre. En effet, même si l’espoir reste minime, les choses peuvent basculer à tout moment, et les partis ont encore une dizaine de jours pour convaincre, ce qui les poussera « peut-être » à utiliser toutes les formes de la communication.
Lamia Boufassa