Handicapé

Journée nationale des handicapés : Plaidoyer pour plus de considération

Cela paraît invraisemblable et pourtant c’est la triste réalité, nos handicapés «vivotent» avec une maigre «pension» qui leur est allouée par l’État qui oscille entre 3 000 et 4 000 DA. En effet, ils sont plus de 17 000 handicapés moteurs recensés dans la wilaya de Constantine, dont plus de 8 000 handicapés à 100%. Compte tenu de la précarité de leurs conditions de vie quotidienne, certains d’entre eux que nous avons rencontrés ne cachent pas leur désarroi, et espèrent de leur tutelle plus de considération à leur égard, en vue d’améliorer leur condition sociale, qu’ils qualifient de pitoyable. Des situations difficiles endurées à longueur d’année avec un état de santé qui se détériore de jour en jour, et surtout un handicap éprouvant. En effet, il est indéniablement admis que la situation de cette catégorie de la population n’est pas aussi reluisante qu’on veut le faire accroire, et ils continuent à mener une vie en marge de la société sans aucune politique d’intégration. Cependant, et même si les handicapés sont actuellement «chiffrés» auprès de la DAS et pris en charge en ce qui concerne le traitement de leurs maladies (carte chifa), il en existe malheureusement d’autres qui ne sont encore pas affiliés à cette Caisse. D’autre part, il nous a été indiqué que tous les handicapés à 100% reçoivent une compensation de 4 000 dinars par mois, et à 3 000 dinars mensuellement pour tous ceux dont le handicap est inférieur à ce taux. C’est ainsi que ces indemnités demeurent insuffisantes, selon l’avis de ces handicapés qui souhaitent que la tutelle en charge accepte de les revaloriser substantiellement. Et dire que beaucoup d’entre eux ont des familles à charge, alors qu’ils survivent avec moins de 4 000 DA, en attendant des jours meilleurs. En tout état de cause, ces handicapés veulent plus de considération à leur égard, et aspirent à une protection appropriée avec la promulgation de lois spécifiques à leur situation, puisqu’ils s’estiment méprisés et délaissés et surtout privés de certains droits, au même titre que les autres citoyens. Et à chaque occasion, les responsables des associations des handicapés énumèrent un certain nombre de revendications ayant trait à leurs conditions sociales, de leur quotidien assez tumultueux et misérable. Il est vrai aussi que la non application de certaines décisions concernant les priorités dans l’emploi (1%) réservé pour les handicapés, le droit au logement avec une réduction de 40%, ainsi que l’aménagement des structures publiques pour faciliter l’accès. Toutes ces lois promulguées (2-9) du 8 mai 2002 concernant les personnes handicapées sont empreintes des recommandations du président de la République lesquelles restent encore non appliquées sur le terrain. Toujours utile de noter que cette catégorie de citoyens veulent être considérés comme des personnes à part entière, et avoir les mêmes chances d’insertion sociale. Cette frange de la population doit être accompagnée dans son parcours de vie. Les pouvoirs publics ne doivent pas lésiner sur les moyens qui permettront à nos handicapés de s’intégrer dans la vie professionnelle et de se prendre en charge. Reste que la Journée mondiale des handicapés, célébrée le 3 décembre de chaque année, ne doit pas être une simple journée de cérémonie et d’ostentation pour filmer des handicapés recevant des fauteuils roulants, ou autre, par les officiels, car les concernés ne veulent pas être «handicapés » d’un jour et oubliés durant le reste de l’année, ils souhaitent que les choses changent, réellement, pour eux.

Mâalem Abdelyakine