Mokhtar Hasbellaoui

Indisponibilité de certains traitements anticancéreux : Hasbellaoui s’explique et rassure

Les quantités des médicaments indispensables pour les patients souffrants d’un cancer arrivent-elles en fin de stock ? Cette «pénurie» fait parler d’elle en Algérie et suscite l’appréhension des malades.

Conscient de l’impact de cette situation, le ministère de la Santé tente de dissiper la peur et rassure de la disponibilité des traitements en question. Néanmoins, il évoque des problèmes d’ordre «techniques.»
En effet, en réponse aux rumeurs faisant état de la rupture des traitements contre le cancer, tels l’acide Ibandronique, le Crisantaspase, le Cytarabine ainsi que le Dacarbazine, dont l’on a reconnu l’indisponibilité au moins, le ministre Mokhtar Hasbellaoui a tenu à rassurer, dimanche dans un communiqué repris par la Radio nationale, de leur disponibilité «actuelle ou prochaine». Mais avant, le département de la Santé avoue implicitement qu’il y a rupture des stocks ou, tout au moins, une dérégulation dans l’approvisionnement en ces produits indispensables au traitement des malades qui ont contracté cette méchante pathologie. Ainsi, pour ce qui est de l’acide Ibandronique, utilisé sous une forme injectable, il s’est avéré que l’avis d’appel d’offres lancé «depuis quelques années» était «infructueux», explique le ministère. Néanmoins, et à défaut, ce produit a été remplacé par «l’acide zoledronique qui est actuellement disponible», a-t-on rassuré. Concernant le Crisantaspase, utilisé dans le traitement de la leucémie, le ministère explique que l’indisponibilité ne dépend pas de facteurs internes, mais bien d’une «tension mondiale » due aux mesures de rationnement imposées par le fabricant de ce médicament. Mais, pas d’inquiétudes, à en croire le ministère, qui compte approvisionner le marché national de ce produit dès à présent. Quant au médicament appelé Cytarabine, la même source explique qu’une quantité, devant assurer une couverture en soins de deux mois, est déjà importées et qu’elle attend d’être livrée sur le marché aussitôt les procédures douanières achevées. Enfin, s’agissant du produit Dacarbazine, le ministère rassure de sa disponibilité dès lors qu’un approvisionnement «est effectué auprès de deux laboratoires internationaux», a-t-on précisé. Autre chose, le département ministériel avoue que le Melphalan «est actuellement en rupture » en raison «du changement du fabricant» de ce produit. Et pour cause, le ministère explique que suite à une réclamation sur une augmentation «faramineuse» de son prix à l’international qui a donné lieu à un scandale de dimension internationale. Par ailleurs, le département de Hasbellaoui tient à informer les malades que le Vincristine se trouve tout aussi «en rupture», en raison de problèmes d’ordre technique au niveau des laboratoires du fabricant. Une raison pour laquelle le ministère décide de décaler l’approvisionnement à février 2018.
En attendant sa disponibilité sur le marché, la Mesna, étant disponible, pourrait être un remplacement, voire une «alternative thérapeutique ». Sur le Lapatinib, son importation a dûe être «retardée» à cause «de contraintes administratives exogènes», explique-t-on, en rassurant qu’une quantité en stock est disponible à raison de deux mois d’utilisation, en attendant l’arrivée au cours de ce mois, d’un lot de ce médicament. Les mêmes retards ont touché l’importation du Pazopanib, en cause à des «contraintes» qui ne dépendent pas de facteurs internes, à en croire les explications du ministère de la Santé. Enfin, concernant ce même médicament, la même source fait état d’une commande «en instance de libération » par le Laboratoire national de Contrôle des Produits pharmaceutiques.
Mohamed Amrouni