Importation

Importations des véhicules et CKD : La facture salée de 2017

Les importations des véhicules de tourisme et ceux de transport de personnes et de marchandises ainsi que des collections CKD destinées à l’industrie de montage de ces véhicules coutent cher à l’État.

Alors que l’Algérie a instauré une série de mesures visant à freiner les importations, à travers la mise en place d’un tissu industriel, il semblerait que la culture du montage en CKD pèse toujours lourd sur la facture des importations. En effet, à en croire les chiffres du Centre national de l’information et des statistiques des Douanes (Cnis), la facture d’importation des collections CKD et des véhicules de tourisme et ceux de transport de personnes et de marchandises s’est établie à plus de 1,8 milliard de dollars sur les onze (11) premiers mois de l’année 2017. Par catégorie, la facture d’importation des collections CKD servant au montage des véhicules de tourisme s’est établie à 1,34 milliard de dollars entre janvier et fin novembre 2017, contre 645 millions de dollars à la même période de 2016. Une facture salée qui démontre les limites du régime CKD. Bien qu’il soit destiné à se substituer aux importations, ce qui démontre que l’objectif n’a pas encore été atteint en matière d’instauration d’une industrie automobile. Quant aux véhicules de tourisme importés, la facture s’est chiffrée à 92,37 millions de dollars contre 585,02 millions de dollars. À noter que ces véhicules de tourisme importés sont ceux qui avaient été commandés dans le cadre des licences de 2016, sachant qu’aucune licence d’importation n’a été octroyée en 2017. De ce fait, la facture d’importation globale des véhicules de tourisme et des collections CKD destinées à l’industrie de montage de ce type de véhicule a grimpé à près de 1,43 milliard de dollars sur les onze premiers mois de 2017 contre 1,23 milliard de dollars à la même période de 2016, en hausse de 200 millions de dollars (+16,23%). Quant aux importations des véhicules de transport de personnes et de marchandises et des collections CKD de cette catégorie de véhicules, elles se sont chiffrées à 390,7 millions de dollars sur les 11 premiers mois contre 722,21 millions de dollars à la même période de 2016, soit une baisse de plus de 331 millions de dollars (-46%).
La facture d’importation des collections CKD des véhicules de transport de personnes et de marchandises a été de 168,44 millions de dollars (contre 159,83 millions de dollars). Quant aux véhicules de transport de personnes et de marchandises importés, leur facture d’importation a été de 222,26 millions de dollars (contre 562,38 millions de dollars). Les véhicules de transport de personnes ont été importés pour un montant de 18,04 millions de dollars contre 46,08 millions de dollars. Pour les véhicules de transport de marchandises, ils ont été importés pour 204,22 millions de dollars (10 127 véhicules) contre 516,3 millions de dollars. La facture d’importation globale des véhicules de tourisme et ceux de transport de personnes et de marchandises et des collections CKD s’est ainsi située à 1,82 milliard de dollars contre 1,95 milliard de dollars à la même période de 2016. Face à ces chiffres alarmants, il devient «urgent de revoir en profondeur la politique des avantages fiscaux accordés dans le cadre du dispositif CKD, qui a, non seulement diminué les recettes budgétaires de l’État, mais aussi les réserves de change, sans atteindre les objectifs prévus. Cette volonté a d’ailleurs été exprimée par le Premier ministre Ahmed Ouyahia qui a annoncé une série de mesures radicale pour assainir l’industrie du montage de véhicule.

Les licences d’importation de véhicules par voie d’adjudication
Par ailleurs, si le Gouvernement a décidé de mettre fin aux licences d’importation, il a néanmoins maintenu le contingent quantitatif pour l’importation de véhicules neufs. À peine l’année commence, le ministère du Commerce a tenu à apporter certaines précisions quant aux mécanismes d’encadrement des opérations d’importation de marchandises dont celui du contingent quantitatif du secteur automobile, et ce, afin de mettre un terme à l’ire des concessionnaires.
Ainsi, dans un communiqué de presse, repris hier, par l’APS, le ministère du Commerce a défini les modalités en précisant qu’un contingent quantitatif pour les véhicules automobiles à l’exclusion des collections CKD/SKD destinées au montage de véhicules sera mis en place. Le contingent portera sur les positions tarifaires 87-01, 87-02, 87-03, 87-04 et 87-05 (notamment les véhicules de tourisme, les véhicules de transport de marchandises et les véhicules de transport de personnes).
«L’accès aux licences d’importation et plus particulièrement celles devant régir les contingents tarifaires fixées dans le cadre de l’Accord d’Association avec l’Union européenne, s’effectuera par voie d’adjudication, sur la base d’une mise à prix, par référence au modèle de cahier des charges approuvé par l’arrêté interministériel fixant les conditions et les modalités d’accès par voie d’enchères au contingent ou à ses tranches», a fait savoir le ministère du Commerce. L’avis public d’ouverture du contingent précisera la nature et la consistance des marchandises dont l’importation est soumise à l’obtention d’une licence. Seuls les opérateurs économiques, dont l’activité de production ou de distribution est liée directement aux produits soumis au contingent ouvert, peuvent soumissionner pour l’accès au contingent ou à ses tranches. La désignation des produits et leurs positions tarifaires sont précisées dans les avis d’ouverture du contingent.
Lamia Boufassa