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Ils souhaitent une place dans le prochain gouvernement : Les partis islamistes rêvent d’une coalition avec le FLN

Un projet en gestation chez les partis islamistes consiste à faire alliance avec le FLN en cas de victoire, et constituer une majorité à l’Assemblée nationale. L’idée a été lancée du temps de Aboujerra Soltani ; elle est reprise aujourd’hui non seulement par Mokri, mais aussi par la majorité des chefs islamistes, Menasra, Benabdeslam, Douibi, et consorts. Pour les chefs islamistes, une coalition présidentielle- bis n’est pas à écarter, avec comme allié le FLN, représenté comme un parti nationaliste proche des thèses de l’islamisme modéré, type MSP. Est-ce là un plan pour aussi faire barrage au RND ? Possible. D’autant que les divergences entre islamistes et Ahmed Ouyahia se sont élevées au rang d’hostilités naturelles depuis de très longues années. Donc, si le FLN version Ould Abbès cherchera à damer le pion au RND, dans le cadre d’une lutte pour l’hégémonie politique à l’hémicycle de Zighout Youcef et en prévision de la présidentielle de 2019, il pourrait être tenté par une alliance avec les islamistes. En tout cas, c’est là une option politique qui se pose et qui a ses contours séducteurs, si l’on regarde avec la froideur d’un calculateur politique. De toute évidence, si les résultats des législatives donnent une avance confortable au FLN, les donnes vont changer du tout au tout ; le constat est valable pour le MSP, qui peut changer d’avis pour peu qu’il obtienne un bon score. Au final, l’option alliance est une politique du pire ; celle des plans des heures difficiles et de disette. Dans l’absolu, elle n’a pas de consistance, mais elle peut l’avoir, comme nous le présentons, en cas de fragilité politique, ou d’un manque de force. Étant favorable aux deux partis (FLN et islamistes), elle peut réformer une alliance naturelle qui existait au sein du parti unique, et que représentait jusqu’à une date récente les interfaces du FLN, dont Abdelaziz Belkhadem en représentait le type. Le pouvoir a bien besoin d’islamistes dans son sein pour absorber la contestation au nom de la religion. À ce stade de la conception politique, le MSP, ou peut-être aussi Amar Ghoul, ou d’autres partis islamistes, ou un conglomérat de tous les partis islamistes, sont aptes à devenir le puzzle manquant de demain.
Fayçal Oukaci